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A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]

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Yorek Wolgan
Elève de Serpentard 5ème année
Elève de Serpentard 5ème année



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MessageSujet: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Jeu 26 Oct - 17:09:04

( HJ: en espèrant que cela te plaise! niarkhéhé )

Un peu plus tôt dans la journée, après le repas de midi, Yorek était rémonté au dortoir pour récupérer quelques manuels scolaires et parchemins vierges. Le temps étant plutot clément pour ce début d'automne, le garçon avait retiré le pull qu'il avait enfilé sous sa robe de sorcier. La transpiration quel fléau... Yorek détestait ça et par conséquent il n'était pas rare qu'en une seule journée, le garçon change plusieurs fois de T-Shirt. La transpiration était tolérable seulement pendant l'effort. Enfin bref, le Vert et Argent était en train de se changer quand...

Toc Toc.

Yorek passa la tête par le trou du T-shirt prévu à cet effet, oui c'est toujours mieux ainsi, et balaya la salle des yeux en haussant un sourcil. Il approcha de la porte du dortoir qu'il avait refermé derrière lui en entrant et l'entrebailla. Rien.

Toc Toc.

Le Serpent fit volte face. Le bruit venait de l'intérieur de la pièce. Quel abruti avait bien pu s'enfermer ou se faire enfermer dans une armoire? Cette solution semblait peu plausible et pourtant... le bruit devait bien provenir de quelque part! Ce fut au moment où Yorek allait poser la main sur l'armoire la plus proche qu'il trouva l'origine du...

Toc Toc.

Un hibou. Un Grand-Duc aux plumes noires teintées de reflets gris trônait fièrement sur le rebord de la fenêtre, attendant patiemment que quelqu'un daigne bien lui ouvrir. Sur sa patte, un petit parchemin enroulé sur lui même. Pour qui cela pouvait-il être? Dans la logique des choses, étant seul dans la pièce, ce courrier devait probablement lui être destiné. Le Serpentard ouvrit doucement la fenêtre, croisant au passage le regard perçant de l'animal, approcha délicatement sa main gauche de la patte du Grand-Duc et retira le parchemin. Aussitôt fait, le majestueux oiseau pris son envol, ne s'attardant pas à quémander une quelconque caresse ou autre récompense.
Yorek le regarda un instant s'éloigner en direction de la volière avant de dérouler le parchemin d'une geste nonchalant.

" Mon cher Yorek,

Suite à notre récente entrevue lors de la petite fête de rentrée, je souhaiterais faire plus ample connaissance et discuter avec toi si tu as bien entendu du temps à me consacrer.
Je te laisse en conséquence le choix de l'heure et du lieu de cette rencontre à ceci près qu'il me plairait agréablement que tu me surprennes quelque peu.

Bien à toi et à très bientôt.

Pénombre Craft."

Pénombre Craft... La demoiselle lui avait en effet fait part de son désir de le connaitre davantage, à la plus grande surprise de Yorek, lors de la fête de rentrée des Serpents. D'après ses dires, elle souhaitait vérifier l'exactitude de certains bruits qui courraient sur le compte du garçon au sein de l'école. Malheureusement, elle n'avait pu lui en dire plus à ce moment là. Bien évidemment, cela avait éveillé la grande curiosité du Vert et Argent qui n'avait cessé depuis de se demander ce qui pouvait bien se dire à travers les couloirs cancanneurs de Poudlard qui puisse finalement pousser Pénombre à venir le voir.

Un léger sourire se dessina sur le visage de Yorek. La surprendre... Et ben, elle n'y allait pas par quatre chemins. Il fallait en plus qu'il la surprenne. Cela ne l'étonna guère. Certes, Yorek la connaissait encore peu, mais inutile de connaitre personnellement Pénombre Craft pour cerner les prémisses de sa personnalité. Les rumeurs se chargeait de cette tâche. Même si Yorek ne s'interessait que peu aux rumeurs, celles ci arrivaient toujours à ses oreilles. Toutefois, le défi lancé par la Rusée amusa le Vert et Argent... Yorek aimait les défis.

La surprendre...

Rien que son prénom était enduit de mystère. Pénombre. Entre l'obscurité et la lumière. La nuit et le jour. A un pas de l'un comme de l'autre. Rien que son prénom était un peu désorientant.

Yorek était partagé sur les envies de Pénombre. Cette envie de surprise... Il ne savait qu'en penser. Fallait-il qu'il prenne ça comme de la prétention? Pourtant, ce n'était absolument pas ce que Yorek avait ressenti lors de leur première rencontre. Il l'avait trouvé avenante, aimable, sympathique et interessante. Oui interessante était le bon mot et Yorek était impatient de la découvrir plus amplement, de percer les mystères de sa personnalité comme on part à la recherche d'un trésor, à l'aventure...Il avait envie de cerner ce personnage à plusieurs facettes, de connaitre ses faiblesses, ses points forts, découvrir ce qu'elle avait de plus brut en elle. Ce qui faisait qu'elle était... elle. Quoi qu'il en soit, il était indéniable que la jeune fille, ou jeune femme plutot, avait quelque chose d'envoutant, d'exceptionnellement attrayant, que Yorek avait vraiment envie de mettre à jour.


Le garçon était un peu méfiant, un peu trop même... Peut-être avait-elle juste voulu ajouter un peu de piment à leur rencontre? Et ce n'était pas plus mal! Ils s'en souviendraient au moins! Oui le garçon avait une image un peu trop péjorative de Pénombre. Malgré lui, il avait du, sans s'en rendre compte, se laisser embarquer par les préjugés alors qu'il voulait apprendre à connaitre Pénombre sans le moindre préavis, c'était toujours un peu difficile mais il voulait se créer sa propre idée de la Verte et Argent, sa propre image. Ainsi, il chassa ses idées à la limite de la paranoia, réenroula le parchemin et le fourra dans la poche de sa robe de sorcier. Il finit de se préparer et remonta aux étages supérieurs pour suivre les cours.

La surprendre...

Yorek n'avait été guère assidu pendant ses heures de classe. Son esprit vaganbondant ici et là, entre la leçon et ce défi. La surprendre. Difficile de surprendre quelqu'un possèdant des pouvoirs magiques... Ceux ci entrainaient avec eux déjà bon nombre de surprises. Non Yorek ne voyait pas comment il pouvait surprendre Pénombre. La magie leur procurait grand nombre de possibilités. Son utilisation n'avait presque plus rien de surprenant. C'est pour cela que Yorek opta pour quelque chose n'appartenant pas au monde magique. La simplicité pouvait des fois être tout aussi surprenante... Pourquoi se tracasser à utiliser ses pouvoirs magiques? La quatrième année avait bien plus de talents que lui dans ce domaine... Il espèrait surprendre Pénombre avec quelque chose qui l'avait lui même surpris l'année précédente. Oui, lui faire partager sa surprise, voilà ce qu'il allait faire...

En toute discrétion, il rédigea alors le parchemin destiné à Pénombre:

"Ma chère Pénombre,

Je te propose de me rejoindre ce soir même, aux alentours de 20h, au sommet de la Tour d'Astronomie, à mi chemin entre la Terre et la Voie Lactée. Par ailleurs, il me plairait agréablement que tu fasses preuve de ponctualité.

Retourne moi ce parchemin si cela ne te convient pas. Dans le cas contraire, à ce soir.
Yorek Wolgan."

Yorek relut le texte une fois, enroula le parchemin et l'enfouit dans sa poche. Le professeur annonça la fin du dernier cours de l'après midi et Yorek se dirigea alors d'un pas pressé vers la volière. Il était 17h. Pas de temps à perdre. Yorek avait fixé le rendez vous à ce soir même, et pour cause, le temps était parfaitement adéquat pour le spectacle qu'il allait proposé à Pénombre. Le ciel était presque sans nuage, l'automne tardait à s'installer un peu, laissant aux élèves de Poudlard le temps de jouir des dernières clémences de l'été. Il s'était permis de réemprunter la même structure de phrase employée par Pénombre dans son premier courrier, lui demandant ainsi d'être à l'heure, juste pour affirmer son caractère...

Une fois le courrier envoyé, Yorek retourna au dortoir. Il y finit son devoir de métamorphose et un exercice de divination avant de commencer à se préparer. 18h30. Le garçon se fit couler un bon bain relaxant parmi les senteurs exotiques et ennivrantes qui se dégageaient des centaines de bulles glissant à la surface de l'eau. Yorek adorait passer du temps dans son bain. C'était un moment qui n'appartenait qu'à lui, un moment d'évasion privée pendant lequel il détestait qu'on le dérange. Quoi que de manière générale, Yorek n'appréciait guère qu'on le dérange et ne se privait pas de le faire savoir.

Le Vert et Argent avait décidé de se vêtir simplement, de la manière qui lui ressemblait le plus. Il voulait rester lui même. Hors de question d'usurper son identité. Et il espèrait que Pénombre se conduise de la même façon. Ainsi il enfila un jean d'un bleu plutot clair, un polo blanc, son habituel manteau beige et laissa ses cheveux libres. Il rangea sa baguette dans la poche de son manteau et sortit du dortoir pour se diriger vers les cuisines. En effet, Yorek avait fixé l'entrevue à l'heure de dîner, de sorte d'être sûr que personne ne vienne les déranger, quoi qu'il n'avait jamais vu personne au sommet de la Tour d'Astronomie. Le Serpentard n'avait pas l'intention de sauter un repas et son invitée avait également un estomac à nourrir. Ainsi, il avait demandé aux elfes de lui préparer un délicieux panier pique-nique pour deux personnes, chose qu'ils accèptèrent sans hésitation. Le garçon les regarda ainsi s'activer pendant un quart d'heure, se demandant quel plaisir pouvait bien leur procurer la servitude. Ce n'était pas que Yorek n'aimait pas être servi, lui qui trouvait un certain plaisir dans la supériorité, mais il ne comprenait pas pourquoi ses créatures n'aspiraient pas à quelque chose de meilleur.

Le Serpentard arriva un quart d'heure à l'avance devant l'entrée de la Tour. Il grimpa les escaliers d'un pas léger, le panier à la main. Une fois au sommet, il poussa la lourde porte en bois et s'avança au centre de la 'terrasse' que formait le sommet de la Tour. De part et d'autre, des téléscopes et des tabourets qui servaient quelques fois au cours de Collins. Ici soufflait un léger petit air qui venait de temps en temps agiter les cheveux du Vert et Argent mais il faisait bon. Le ciel était dégagé.

Le Spectacle n'allait pas tarder à commencer. Le garçon posa le panier et alla s'accouder sur les remparts de la tour. La vue était imprenable, il en avait rarement vu d'aussi belle. Au loin, au pied des majestueuses montagnes, maitresses des lieux, s'étendait l'immense et impénétrable Forêt Interdite, comme des milliers d'arbres au service des Dames Montagnes. Cela n'enlevait rien au caractère menaçant qui émanait de la masse noire, de ses milliers d'arbres qui semblaient ne faire qu'un, qui s'ébranlaient à l'unissons sous le vent, froissant leur feuilles dans un concert aux sonorités angoissantes. Ces milliers d'arbres qui abritaient des centaines de créatures toutes plus étranges les unes que les autres, des plus dociles aux plus dangereuses, des plus petites aux plus impressionantes. Ce n'était pas pour rien que la Forêt était interdite... Un peu plus près, reposait sereinement le lac et son eau calme, qui venait doucement affronter en vain les rochers de la rive. Pour couronner le tout: le Soleil. L'astre de lumière s'approchait lentement de la ligne d'horizon, projetant ainsi ses derniers rayons sur les versants montagneux, faisant défiler sur la forêt des vagues successives de couleurs feutrées, peignant les quelques nuages de couleurs pastels et diffusant sur le lac ses magnifiques reflets agités par les clapotis de l'eau. L'ensemble n'avait de comparatif. Un vrai travail d'artiste. Une oeuvre unique où la nature imposait à l'Homme son incontestable supériorité. La première fois qu'il était venue là, peu importait aujourd'hui la raison, Yorek était resté médusé. Il était par la suite revenu plusieurs fois s'isoler ici devant ce spectacle sans fin.

Spectacle sans fin, car si on restait là assez longtemps, on pouvait observer l'incessant chassé-croisé entre le Soleil et la Lune. L'un chassait inlassablement l'autre dans un affrontement où aucun vainqueur n'avait été désigné jusque là. Le Soleil, astre par excellence, l'innateignable maitre de toute la Voie Lactée, imposant son rythme, sa lumière à toute la galaxie, ne règnait toutefois pas seul sur Terre. La Lune, bien qu'infiniment plus petite, l'avait obligé à lui cèder une partie de son pouvoir. La Lune, déesse de la Nuit, le féminin, le maternel, veillant sur la Terre comme une veilleuse veille sur son enfant. Associée souvent à l'angoisse de la nuit ressentie par un grand nombre d'humains, elle n'en restait pas moins resplendissante dans son élégante robe blanche. La Tour d'Astronomie était une place de premier choix pour cet étonnant spectacle, au plus près des étoiles. A cette hauteur, on avait l'impression de se faire happer par le décor, d'être acteur à part entière de la représentation, comme si il suffisait juste de lever le bras pour caresser le ciel du bout des doigts.

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Dernière édition par le Ven 27 Oct - 17:16:48, édité 3 fois
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Yorek Wolgan
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Jeu 26 Oct - 17:10:56

(HJ: Désolé ça rentrait pas dans un seul post! :p )

Bien que la transition entre le jour et la nuit soit d'après Yorek le meilleur moment du film, la nuit elle même n'en était pas moins spectaculaire. Des centaines d'étoiles faisaient leur apparition, suscitant l'attention des terriens qui leur donnaient un grand nombre de significations. Certains disaient que les étoiles s'éteignaient au moment même où quelqu'un sur Terre rendait son dernier souffle de vie et que réciproquement un premier souffle de vie faisait naitre une étoile. Certains posaient l'existence d'une étoile bienfaitrice, porteuse de chance. Comme si tout avait une signifcation... L'Homme n'avait de cesse de chercher des significations à quoi que ce soit, se permettant de poser comme une évidence qu'il pouvait avoir une ascendance sur toute chose par sa science infuse, se posant comme centre de l'univers. L'Homme acceptait mal que la nature soit encore au dessus de lui sans qu'il puisse rien y changer et c'est cela que ressentait Yorek en observant le paysage. D'être infiniment petit devant la Nature sans que cela puisse le déranger pour autant. Yorek était quelqu'un d'objectif. Même si il était assurément d'une ambition démesurée, animé d'un désir sans faille de supériorié et de reconnaissance, il connaissait les limites de l'être humain. Même sorcier il y avait des choses qui restaient intouchables. Yorek ne comptait pas chambouler l'univers entier, mais chambouler la communauté magique pourquoi pas...

Quoi que pour lui la nuit elle même avait quelque chose de magique. La Lune se reflétait dans les eaux sombres du lac, brouillant ainsi son image, l'enveloppant d'un attirant mystère. Elle diffusait, sa faible lumière sur le parc et la forêt. Les montagnes n'étaient plus que de grandes masses noires et impressionantes dominant le paysage. Le fait de ne voir en quelque sorte que leur ombre, leurs contours, donnait encore plus d'intensité à la scène, rendant presque palpable la frontière entre le connu et l'inconnu, la réalité et la fiction, l'imaginaire, ... frontière analogue à cette dualité que l'on pouvait retrouver chez Pénombre Craft.

En parlant de la demoiselle, mieux valait pour elle qu'elle ne tarde pas, le Soleil vivait pour aujourd'hui ses dernières minutes et il était toujours dommage de louper le début du film... A ceci près que le film lui plaise agréablement...

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Pénombre Craft
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Sam 28 Oct - 8:16:07

Une fois de plus, Pénombre se retrouvait devant la toute petite lamelle de bois fine qui passait totalement inaperçue dans cette partie là du dortoir des filles de Serpentard. Une fois de plus, ses doigts fins et pâles cherchèrent dans l'obscurité des tissus nobles de sa robe de sorcier le manche solide d'une lame de petite taille à usage basique que la jeune fille libéra d'un mouvement bref de son étui de cuir. Enserrant l'étroite garde de l'arme blanche, la brune aux yeux clairs inséra profondément la pointe de celle-ci dans l'interstice entre la planche qui l'intéressait et sa voisine de bois et , usant de force comme de précision, la Rusée fit basculer la lamelle en avant, dévoilant dans sa chute la présence d'une étroite cache obscure dans laquelle avait été dissimulé avec soin et précautions, trois petites bouteilles transparentes contenant chacune un liquide différent aux agréables et fascinants reflets subtils et colorés. L'une arborait l'ambre fin et superbe des plus belles pierres semi précieuses que l'on pouvait imaginer, portant de délicates nuances brunes et dorées qui dansaient avec douceur dans leur cage de verre au goulot étroit et à la solide base arrondie. Le deuxième réceptacle était emplie à son maximum d'un liquide blanchâtre, presque opale dont la consistance paraissait plus épaisse et visqueuse que celle dormant au creux de la première bouteille. Son bouchon de liège était proprement scellé par le fondu d'un métal argenté qui s'harmonisait parfaitement avec la pâleur et l'opacité légère qu'exposait l'alliage de verre constituant le long et fin flacon certainement ouvragé à la main. Enfin, le dernier portait déjà les signes distinctifs qui ne laissaient absolument pas douter qu'il ait pu être entamé auparavant, le liquide en son sein était d'une teinte sombre, charbonneuse, qui paraissait littéralement avaler, dévorer les moindres éclats des faibles lumières environnantes. Et c'est celui-ci que la poursuiveuse choisit pour cette soirée particulière.

D'un geste franc, elle attrapa par le goulot son petit trésor ainsi que deux verres de cristal qu'elle plaça avec douceur dans sa besace de cuir noir avant de recouvrir l'ensemble par un tissu quelconque d'une couleur foncée qui éviterait les regards de s'accrocher dessus. Puis, Pénombre se leva pour fouiller dans sa poche de pantalon et retrouver le parchemin plié qu'elle avait reçu un peu plus tôt dans l'après-midi. Son regard d'un vert vif et agressif parcouru une nouvelle fois rapidement les quelques lignes que son camarade de maison lui avait adressé avec la même impression et les mêmes pensées que celles que la Serpentarde avait eu à l'initiale lecture :



Citation:
"Ma chère Pénombre,

Je te propose de me rejoindre ce soir même, aux alentours de 20h, au sommet de la Tour d'Astronomie, à mi chemin entre la Terre et la Voie Lactée. Par ailleurs, il me plairait agréablement que tu fasses preuve de ponctualité.

Retourne moi ce parchemin si cela ne te convient pas. Dans le cas contraire, à ce soir.

Yorek Wolgan."



Ce qui se dégageait presque instinctivement des mots alignés sur la feuille jaunie et cornée de la lettre ressemblait beaucoup à la prise d'une position défensive, thèse argumentée par l'absence totale et littérale de formule de politesse pour conclure la courte missive et la reprise d'une tournure dont il n'était pas l'auteur et qui témoignait aisément de son désir à ne pas s'investir personnellement dans ce qui allait suivre... Bref, pas très encourageant et étonnamment en opposition avec la complicité et la chaleur subtile et amicale qui teintait la missive de la quatrième année. Il était flagrant, au lu de sa manière de s'exprimer, que Yorek ne pouvait que se méprendre sur ce qu'était, sur qui était Pénombre Craft. Sans compter que le jeune garçon à la chevelure châtain clair proposait à la demoiselle de le rejoindre au sommet de la Tour d'Astronomie aux environs de 20 heures tout en lui demandant d'être ponctuelle, ce qui était tout à fait altérable. Car sans donner d'heure précise, comment le voulait il ? Les environs de telle ou telle heure, c'était plutôt vagues comme repères temporels et cela incita la quatrième année à esquisser un sourire amusé. De cette manière, il pourrait toujours prétendre qu'elle était bel et bien au retard ou le contraire puisqu'il n'y avait, en fait, pas de rendez-vous clairement fixé et tout dépendait du coup de son bon vouloir à lui accorder le bénéfice du temps ou non. Il fallait dire que c'était assez malin de sa part et laissait ainsi à Pénombre un battement temporel lui autorisant d'achever ce qu'elle était en train de faire auparavant. En un sens, Yorek ressemblait beaucoup, par cela, à ce que l'héritière des Craft avait entendu à son sujet et propos, aux rumeurs qui emportaient dans les couloirs son prénom. Mais dans tout cela, il fallait bien reconnaître que la sang froid était agréablement surprise que le garçon ait pu choisir un endroit si isolé et romantique tel que l'était la Tour d'Astronomie à ses moments normalement désertés par les élèves autant que par les enseignants. Et quelque chose de logique soufflait à la brune aux yeux clairs que Yorek devait probablement déjà avoir quelques à priori au sujet de la poursuiveuse, conceptions forgées dans le feu ardent des bruits, des racontars et autres inventions dont elle-même avait fait usage avec délice. Ce qui n'était guère étonnant au final car Pénombre, malgré elle, avait beaucoup fait parler d'elle, de ses aventures amoureuses ou dangereuses au cours de ses jeunes années et bien que célibataire depuis trois mois, il continuait de lui coller à la peau cette étiquette dont les gens ne semblait plus pourvoir se passer de lui attribuer. Une croqueuse-d'homme. Voilà à quoi sa complexe personnalité en était réduite, à un seul et unique trait qui se propageait vitesse de la lumière et qui l'anamorphosait totalement. Elle n'était plus la Championne de Serpentard, ni une poursuiveuse aile gauche, ni même une Craft, juste une croqueuse d'homme... Elle était victime tout comme la population féminine des blondes de la limite d'évolution de son très large entourage, leurs démentielles capacités à conserver les vieilleries les plus obscures dans la fainéantise d'accepter que les choses, autres que celles les concernant, puissent changer. Mais Pénombre ne s'en souciait guère et les langues pouvaient bien s'agiter et condamner chacun de ses gestes, elle canaliserait certainement autrement qu'à apprendre à ce qui ne le voulaient à évoluer, elle avait bien d'autres projets en tête et un destin à accomplir. Toutes ces futilités n'étaient justement que des futilités superficielles et creuses, propagées et surtout crues par ceux qui n'avaient en fait rien de mieux à faire de leur triste vie.

Mais de là à savoir de quelle nature, même si..., les préjugés du Serpentard étaient, à en connaître, ne serait ce qu'une once, qu'une partie, était encore hors de portée de la Rusée, même si réellement plus pour longtemps. Et puis, si le brun en question avait accepté cette entrevue qu'il avait, en plus choisie nocturne, c'est qu'il devait sûrement y avoir certaines raisons plus fortes et entraînantes que la curiosité d'un adolescent vis à vis d'une demoiselle de sa maison ou sa lutte cruelle contre l'ennui et la solitude qui peuvent parfois ronger les êtres humains les soirs maussades. Et bien que la jeune fille n'ait pas cours en matinée le lendemain, elle ne put s'empêcher de s'interroger sur les horaires qui pourraient conclure cette fin de rencontre...

Pénombre se saisit en passant devant sa couche d'une longue veste chaude aux couleurs des ténèbres avant de quitter le dortoir des filles d'un pas modéré et calme. Descendant ensuite les dernières marches qui conduisaient à la salle commune des siens, la championne des serpents jeta un rapide coup d'oeil à la très ancienne pendule murale qui ornait l'un des murs porteur et principal de la large pièce décorée aux teintes des élus de Salazar Serpentard. Deux longues aiguilles d'une jolie finesse indiquaient le quart d'heure qui manquait au temps pour embrasser les vingts heures et la jeune fille s'engouffrait d'ors et déjà dans les couloirs sombres et frais qui quittaient le territoire des sangs froids pour conduire en extérieur.

Dehors, le ciel s'embrasait de ses dernières lueurs sanguines et dorées qui lacéraient le bleuté à peine esquissé d'une immensité sans nom, fascinante, éphémère et pourtant quotidienne sans que ce divin spectacle n'en perde pour autant toute sa superbe et sa beauté. C'était réellement ce genre d'instant somptueux qui rendait grâce à la toute puissance et la magnificence de Dame Nature, qui distillait ce bien être dans l'âme à ceux dont le regard se posait, contemplait la merveille de la chute d'un astre sur un horizon dégagé. Le soleil, dans son agonie avait d'ailleurs revêtu la franchise d'éclats flamboyants aux couleurs passionnées tandis que sa soeur contraire, Nuit, commençait d'ors et déjà à investir de sa cape d'encre ses premiers lieux de prédilection, les orées de la forêt interdite, allongeant ses ombres jusqu'au pied de l'immense Château de Poudlard, rampant avidement vers ce qui deviendrait son unique empire l'espace d'une douzaine d'heure, sans doute même davantage grâce à la venue immaculée de l'hiver. Un instant, la Serpentarde en resta immobile et silencieuse, juste à s'imprégner de cette force particulière et démentielle qui émanait de chaque coucher de cette boule de feu incandescente qui brûlait, brûlait sans cesse dans une fervente volonté de vivre... Pénombre aurait aimé et s'employait à soutenir cette comparaison, porter en elle ce besoin de vivre passionné, puissant et fou. Se consumer pour exister. Une brise fraîche aux odeurs délicates d'une fin d'automne vint glisser doucement ses doigts invisibles tout juste tièdes dans la longue chevelure de jais de la quatrième année. Celle ci n'avait, en effet, pas daigné se les attacher et ils dansaient, comme le soir de leur première rencontre, dans son dos au gré de ses mouvements. La jeune fille portait au corps un pantalon noir réglementaire d'uniforme assorti au bordeaux foncé d'une chemise cache coeur dont l'emplacement de la poche de torse avait été frappé du blason familial de sa famille. La fine taille de Pénombre était exceptionnellement soulignée par un lien de cuir noir sans boucles, ni attaches métalliques. A son épaule, une besace solide de cette même matière qu'à ses hanches, à son cou une petite et discrète croix argentée de Ankh qu'elle ne quittait plus depuis deux trois jours. Sa baguette d'ébène n'était jamais très loin de ses doigts et elle se trouvait actuellement prise dans l'étreinte des tissus de sa poche de veste, long vêtement de jais qui recouvrait jusque ses chevilles.

Enfin, la brune aux iris d'un vert lumineux passa l'encadrure horizontale qui permettait l'accès au sommet de la grande tour d'Astronomie, poussant la lourde porte de bois qui en barrait le passage dans un léger grincement étouffé. Ses prunelles onyx parcoururent machinalement les lieux. La terrasse dallée s'ouvrait largement et superbement sur la voûte céleste sur laquelle perlaient déjà timidement quelques rares étoiles. Une vingtaine de chaises en chêne ou en pin s'offraient, éparses, à sa vue sur la pierre grise du sol, des tabourets ainsi que divers instruments optiques destinés à observer les constellations et astres d'un ciel aux milles et uns mystères, aux contrées et innombrables horizons vierges à explorer et découvrir. Une masse rectangulaire de petite taille et teintée de beige prenait place aux pieds de Yorek, ce qui semblait être aux yeux de Pénombre, une valise de rangement pour télescopes ou lentilles de grossissement à ceci près qu'elle ne l'avait encore jamais vu ici et qu'il avait plutôt des similitudes avec ces paniers d'osier que l'on apportait lors d'un pic-nic. Et là, à juste quelques mètres devant elle, se tenait fière et penchée, la silhouette élancée et masculine de Yorek Wolgan, se détachant distinctement du ciel embrasé... Le jeune apprenti sorcier se tenait encore de dos et Pénombre put aisément le détailler sans l'offenser du regard. Il avait revêtu un jean moldu d'un bleu passé, la clair des aurores, peut être affadit par le temps ou la magie mais de part leur position respective, la Serpentarde de quatrième année ne pouvait voir ce qu'il portait à même le torse car un manteau aux teinte similaires à celles recouvrant les pays arides et désertiques. La matière fluide enveloppait ses épaules et retombait distraitement sur le reste de son corps sans permettre à l'héritière des Craft de l'étudier plus amplement. Malgré qu'il ce portait pas de marques distinctifs, ce que son camarade de maison avait décidé de porter ce soir là lui laissait penser à des origines non magiques, moldues, peut être un sang mêlés. Car il était plutôt rare de voir un sorcier de sang pur et de grande lignée porter un jean... Ses cheveux châtains clairs reflétaient les derniers rayons de soleil avec douceur et livrait au jeune Yorek un charme étrange, ses filins rendus dorés par cet astre virevoltaient gracieusement dans le vent que l'altitude avaient refroidi et c'est d'un ton convivial qu'elle s'adressa à lui, en le rejoignant sur la balustrade de pierre blanche :

« Bonsoir Yorek. Je suis effectivement surprise que ce lieu ait retenu ta préférence pour cette entrevue mais n'était ce pas le but recherché ? »

Elle lui adressa un petit sourire entendu en croisant brièvement son regard avant que celui ci ne retrouve les abîmes sans fond du ciel, puis elle poursuivit sur la même lancé :

« Comment te portes tu depuis notre dernière rencontre ? »

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Yorek Wolgan
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Dim 29 Oct - 16:00:10

[ HJ: Un peu plus court que les posts précédents Very Happy . Tu m'excuseras aussi pour le duo orange/vert c'est pas super! ^^ ]

Yorek, absorbé par ce paysage sans pareil, n'entendit même pas Pénombre pousser la porte de bois. Un léger sourire se dessinait sur son visage, preuve du plaisir qu'il prenait à se retrouver ainsi face à ce qu'il y avait de plus brut et de plus sauvage sur Terre. Il était dommage que peu de gens prennent le temps de gouter à des plaisirs si simples, négligés souvent au profit de quelconques luxures.

Le Soleil continuait sa descente incandescente derrière les montagnes, rejoignant sa cache et tamisant ainsi peu à peu la lumière au dessus du château. Les couleurs du ciel se faisaient un peu plus sombres à chaque minute et à travers les dernières lanières orangées qui zèbraient le ciel, commençait à se dessiner subrepticement la silouhette fantômatique de la Lune. L'intensité du vent s'accentuait un peu, juste de quoi faire virevolter continuellement les cheveux du jeune Vert et Argent qui se laissait volontiers envelopper par cette atmosphère magique.

Yorek ne remarqua la présence de Pénombre seulement au moment où celle-ci vint s'accouder à ses côtés sur la balustrade de la tour. Il eut un léger sursaut, comme si Pénombre le sortait soudainement d'un sommeil léger mais plaisant par sa présence et sa voix qui vint glisser agréablement jusqu'aux oreilles du Serpentard.

Citation:
« Bonsoir Yorek. Je suis effectivement surprise que ce lieu ait retenu ta préférence pour cette entrevue mais n'était ce pas le but recherché ? »


Le garçon tourna la tête vers la Rusée et leur regard se croisèrent furtivement tandis que Pénombre posait ses yeux clairs sur l'horizon en ajoutant du même ton convivial:

Citation:
« Comment te portes tu depuis notre dernière rencontre ? »


Ce quart de seconde suffit à Yorek pour faire tomber les dernières barrières qui l'obligeaient à rester quelque peu distant avec Pénombre. Barrières nées malgré lui des bruits courant inlassablement dans les couloirs de Poudlard. Le regard toujours aussi intense de sa camarade et le ton avec lequel elle s'était adressé à lui ne faisaient qu'accroitre son désir de la connaitre et ce, sans se soucier des préjugés qui circulaient à son compte, profitant sans réserve du cadre idyllique et de la conversation qu'ils allaient entretenir tous les deux. De plus, il n'était pas dit que les bruits qui courraient sur le propre compte de Yorek -puisque apparement il y en avait- étaient des plus agréables et surtout des plus exactes. Il ne savait pas encore ce que Pénombre en pensait mais il ne souhaitait pas que celle ci ait déjà des a prioris sur ce qu'était le jeune Wolgan. C'est pour cela qu'il décida de laisser cette entrevue se faire dans les meilleures conditions possibles. Il ne voulait pas gacher cette soirée qui se promettait particulière. Particulière par le décor, le lieu... Particulière par la personne qui se trouvait à ses côtés... Ainsi, Yorek laissa à Pénombre le bénéfice du doute, se laissant l'occasion de se faire sa propre opinion de la demoiselle. Il aurait été stupide de faire autrement... Profiter. C'était tout ce que le Vert et Argent avait envie de faire ce soir là. Il laisserait les choses se faire naturellement. Il laisserait les mots s'enfuir sans réserve, se mêler à une conversation qu'il espèrait interessante.

Le garçon reposa à son tour ses yeux verts sur les montagnes assombries et un léger sourire, un peu plus large que tout à l'heure, vint de nouveau égayer délicatement son visage.

" C'est beau non? " lui demanda t-il alors simplement en chuchotant, comme si il ne voulait pas troubler le silence imposant de la scène. Il tourna la tête vers Pénombre, tentant de déceler sur son visage ce que celle-ci pouvait ressentir devant un spectacle pareil, voir si elle appréciait tout autant que lui ce que ses yeux lui permettaient de voir. Ses cheveux sombres suivaient la mélodie du vent dans de gracieux mouvements et le Vert et Argent repensa alors avec amusement à leur première rencontre dans la Salle Commune, lorsque la Rusée avait rejeter ses cheveux à l'arrière avec finesse.

Son regard s'égara alors sur le décolleté siflote le corps de Pénombre. Celle-ci avait revêtu un pantalon noir qui lui collait au corps et parcouru au niveau des hanches par une fine lanière de cuir que Yorek pouvait tout juste distinguer de par la position de la demoiselle. Un long manteau aux teintes similaires à sa chevelure recouvrait son mince corps et un chemisier bordeau frappé d'un blason que Yorek ne reconnu pas au prime abord terminait agréablement l'ensemble, ensemble qui ui allait d'ailleurs à ravir. Yorek y décela un désir de la part de la jeune fille d'avoir une allure soignée et plaisante au regard. Les moindres détails semblaient avoir été réfléchis: de la lanière de cuivre qui courait autour de sa taille au petit médaillon qui reposait tranquillement à l'ouverture de son cache-coeur. Quoi qu'il en soit, le Serpentard ne put que constater la classe presque naturelle qui émanait de la jeune fille, digne descendante d'une longue lignée de sorciers.

Détachant son regard perçant de son interlocutrice, l'héritier Wolgan, reprit la parole.
" Je me porte à merveille. J'espère qu'il en va de même pour toi. Revenir à Poudlard et continuer mon apprentissage me donne entière satisfaction... Tout comme le fait de me trouver ici et de pouvoir assister à ce spectacle en ta compagnie. " ajouta alors le garçon en replaçant distraitement derrière son oreille une de ses mèches dorée qui venait lui chatouiller les paupières.

" J'espère que tu n'as pas mangé?! J'ai demandé aux elfes de nous préparer un petit repas pour prévenir les éventuels gargouillis de nos estomacs insatisfaits... " fit remarquer Yorek en jetant un regard au panier posé un peu plus loin et dont il ignorait encore le contenu.
" Je vois que toi aussi tu n'es pas venu les mains vides. " ajouta alors le Vert et Argent en découvrant la besace portée à l'épaule de la jeune fille. Par cette remarque, Yorek voulait bien évidemment que Pénombre assouvisse sa curiosité, aussi mal placée fut-elle.
"Puis je en connaitre le contenu ou moi aussi ai je droit à une petite surprise? " lui demanda t-il alors en affichant un sourire coquin.

Au fur et à mesure qu'il parlait, Yorek se mettait à l'aise, laissant sa personnalité s'exprimer sans réserves comme il avait l'habitude de le faire. Yorek ne pouvait se résoudre à penser que Pénombre n'était que ce que les gens disaient d'elle. Il était convaincu qu'elles renfermaients en elle bien d'autres choses dont il ne demandait qu'à découvrir, si la Rusée le lui permettait bien évidemment...
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Jeu 2 Nov - 11:08:27

[ Pas de soucis, l'important c'est le contenu ^^]

Il faisait bon, si bon en cet instant éphémère et majestueux où le crépuscule s'installait doucement dans une quiétude de perfection, frontière temporelle qui marquait l'étroit passage vers un monde régit par d'autres lois que celles du jour, baigné dans les abîmes ténébreuses de la nuit. On aurait presque pu croire que le ciel avait soudainement prit feu dans un superbe incendie d'explosions et d'éclats dorés et qu'à présent il s'éteignait lentement dans les cendres obscures et profondes de la nuit. La beauté d'un achèvement, la splendeur d'une naissance. Pénombre contemplait en silence, respectueuse de toute cette grandeur et de cette paisible puissance, la chute de cet astre incandescent au loin, derrière un large horizon de silhouettes de jais, aux côtés de son camarade de classe, Yorek Wolgan. Il n'y avait que lui et elle dans cette intimité, dans ce dialogue muet avec les cieux et cet unique et précieux instant leur appartenait totalement. N'étaient qu'à eux. Ce fut le son de la voix du jeune garçon qui tira doucement la poursuiveuse de ses pensées sereines et calmes alors que son regard clair se perdait encore dans l'immensité de la voûte céleste :

" Très et je suis ravie que tu aies choisi cet endroit en particulier pour cette rencontre... La vue est imprenable d'ici. "

Et en effet, le magnifique et grandiose domaine de Poudlard s'offrait dans sa quasi totalité aux regards des deux apprentis sorciers. Au loin, les orées noires de la forêt interdite s'épaississaient sous les assauts de l'encre et n'avaient jamais paru plus menaçantes ni fascinantes qu'en ce moment même, les ombres des arbres de l'endroit s'allongeant sans répit vers les plaines tranquilles du parc ressemblaient étrangement aux longues griffes aiguisées, avides de lumière des dangereuses créatures qui s'y terraient tandis que le lac, à plusieurs centaines de mètres en aval les graciait encore des subtils reflets aigues marine et topazes de sa surface aqueuse, immense miroir des dernières lueurs du jour, lien d'image étrange de la Terre au Ciel. Puis, plus proche des deux Rusés, la large cabane du garde chasse Hagrid se dressait juste derrière les grandes serres du Professeur Pomona Chourave, fière bâtisse grisâtre parmi l'obscurité naissante, alors que de petites lumières brunes et vacillantes brillaient au travers de ses hautes fenêtres en même temps que s'échappait de sa cheminée de pierre, une épaisse fumée noirâtre. Enfin, pratiquement juste au dessous d'eux, sur terrain dégagé, semblait achever de s'entraîner dans la bonne humeur, une des équipes de Quidditch de l'école, sans doute des Serdaigles à en juger par les couleurs arborées par ses membres.

Les prunelles onyx de la demoiselle se décidèrent afin à quitter la magnificence de ce spectacle pour trouver et croiser le regard d'un vert lumineux de l'héritier des Wolgan, lui adressant un petit sourire sincère de satisfaction. C'est ainsi que sans quitter des yeux le visage du Serpentard, ce qu'il portait sous son épais manteau beige entra dans le champ de vision de la vert et argent, c'était une sorte de t-shirt paraissant, à première vue, cotonneux, aux manches longues d'une blancheur neigeuse qui rendait hommage à la clarté de son regard et au doré s'assombrissant au fil des minutes sous l'effet de la diminution lumineuse, de sa chevelure. Ce n'était que la seconde fois que la jeune fille se retrouvait en compagnie de Yorek et la toute première fois qu'ils étaient réellement en tête à tête tout les deux, seuls mais elle avait pourtant déjà l'impression de s'habituer à lui, à cette étrange fraternité que certains Rusés pouvaient parfois avoir entre eux. Il fallait dire que le Serpentard avait une attitude gestuelle de confiance, ouverte et généreuse comme quelqu'un qui ne s'attend à rien de spécial, sans à priori, ni intolérances et c'est ce fait en particulier qui la laissait un peu surprise car, en effet, à la lecture de son dernier parchemin, Pénombre se serait plutôt attendue à une autre sorte de comportement de sa part. Plus distant, plus suspicieux vis à vis de son interlocutrice et moins enclin à partager une quelconque complicité, à s'avancer dans un échange avec celle qui avait bien souvent constaté que sa réputation, forgée par d'autres, l'avaient devancée et déjà présentée. La jeune fille ne pouvait qu'être heureuse de la tournure que prenaient finalement les évènements et qui promettait une soirée des plus agréables et des plus intéressantes. Le Sang froid reprit de nouveau la parole, entraînant le regard de la quatrième année à retrouver celui de son compagnon de contemplation alors qu'elle lui répondait avec franchise et un rien d'enthousiasme :

" Tu m'en vois ravie et c'est également mon cas. J'aime tellement cet endroit, il y a tant de Magie et d'histoire entre ces murs, c'est bien plus qu'une simple école à mes yeux mais hélas, peu d'entre nous ne s'en rende encore vraiment compte, s'y habituant progressivement au fil des années jusqu'à l'oublier. Pourtant, lorsqu'on reste attentif à ces courants magiques qui traversent sans cesse chaque pièce et couloir de ce Château, on ne peut que s'émerveiller et s'enrichir. Et puis... Il y a tellement de secrets en ces lieux qui ne demandent qu'à être découverts, tant de passages camouflés, sombres et ancestraux qui conduisent au sein des entrailles de cette si belle citadelle, témoins des siècles et oeuvres passées de nos prédécesseurs."

Ajouta l'héritière des Craft alors que se lisait une imperceptible passion sur son visage pâle, puis elle ponctua dans l'esquisse d'un nouveau sourire aux dernières paroles de Yorek ainsi qu'à sa petite expression coquine qui rendait ses traits faciaux encore plus enfantins et adorables que tout à l'heure :

" Et bien je dois te dire que c'est un plaisir partagé cher Yorek car ta compagnie m'est d'ors et déjà plaisante sais tu ? Et non, je n'ai pas encore mangé, cela dit c'est une excellente idée, avec ce devoir de Divination à rendre pour demain, j'en avais même négligé de dîner..."

Et c'est à cet instant que la brune aux yeux clairs surprit les prunelles sombres du jeune garçon se perdre derrière eux, sur ce panier d'osier dont le contenu venait ainsi de lui être révélé. Il était vrai qu'en ce moment même, les autres apprentis sorciers de Poudlard devaient être tranquillement en train de se repaître dans la grande salle du Château, de divers plats tous plus succulents les uns que les autres et d'autant de boissons aussi délicieuses que variées servies pour le souper. Pénombre appréciait agréablement la prévoyance de son camarade alors même que s'exprimait discrètement chez elle cette faim si caractéristique des débuts de soirée :

" Cette fois-ci, je ne me peux que constater que tu as plus d'un tour dans ton sac Yorek ! Une surprise ? Est ce que cela sous entendrait il que tu ignores au moins autant que moi, ce qui se cache dans ce garde manger ou bien c'est juste que tu as l'intention de me faire encore languir quelques temps ? "

Demanda t elle avec malice et intérêt en se dégageant de la balustrade de pierre blanche sur laquelle les deux Serpentards s'étaient coudés et en invitant son confrère à la suivre vers l'endroit de la terrasse où se trouvait un grand nombre de poufs et de coussins destinés aux élèves pour l'observation des constellations lors des cours nocturnes. La façon dont le vert et argent avait posé sa question avait fatalement piqué la poursuiveuse dans sa si fervente curiosité et elle ne pouvait qu'imaginer quelles requêtes culinaires spéciales il avait pu formuler aux elfes de maisons pour leur toute première rencontre. La jeune fille s'assit confortablement sur l'un des gros velours rembourrés et posa avec précautions sa besace de cuir noir devant elle, extirpant des sombres tissus quelconques qu'elle avait posé dessus, une fine bouteille transparente dans lequel s'agitait avec grâce des entrelacs gracieux de ce qui semblait être les esquisses au fusain de la Nature même :

" C'est de l'écarlate noire et bien que ce liquide soit complètement dépourvu d'alcool, son goût n'en est pas moins exceptionnel et de la même manière que les eaux naturelles de sources s'imprègnent des minéraux des roches qu'elles traversent, on raconte que l'écarlate noire a été obtenue par filtration de nappes souterraines à l'aide des pierres sombres des grandes montagnes charbonneuses de l'est. Une infime partie de l'énergie mystique de cet endroit béni s'est distillée dans chacune des molécules d'eau de cet élixir et c'est ce qui fait que bien que nous allons nous abreuver de la même chose, nous n'y décèlerons que des goûts et sensations différentes selon la manière avec laquelle cette énergie réagira avec l'essence vitale qui nous compose... Il est très rare d'en trouver ici, en Angleterre. "

A mesure que la Serpentarde lui révélait ce que contenait le long réceptacle transparent dont l'arqué des courbes n'étaient que subtilités et agréments, un léger sourire se dessina sur son visage tandis que la demoiselle lui tendit un des deux verres de cristal qu'elle avait libéré de leur écrin foncé et emplit d'un fond de breuvage. Puis, croisant le regard de son camarade de maison, Pénombre ajouta sur un ton mutin :

" La tradition voudrait que lorsque tu goûtes pour la première fois cette boisson, tu n'acceptes de prendre ton initiale gorgée dans le récipient de celui ou celle qui désire t'offrir la découverte de cette sensation et qui l'en soit de même pour elle ou lui afin que l'un et l'autre rende hommages à la présence du second et aux dons de Dame Nature. Voudrais tu y faire honneur ? "

L'interrogea t elle en remplissant soigneusement son propre verre du liquide sombre dans lequel se formaient de petits tourbillons de couleurs plus prononcées en son sein.

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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Dim 12 Nov - 13:28:57

La nuit avait à présent presque pris les plein pouvoirs sur Poudlard et les environs, couvrant l'ensemble d'un voile sombre aux allures mystiques et attirantes. La forêt n'était à présent qu'une étendue noire et menaçante, probablement inindentifiable pour quelq'un qui ne connaissait pas la nature de cette étendue dont l'ombre dévorait le parc de Poudlard. C'était beau. Tout simplement. La vraie beauté, la pure, qui ne se retrouvait que dans les choses simples, les choses que l'on prenait le temps d'observer, et d'apprécier, comme de vrais trésors. C'était cela que Yorek ressentait en se laissant happer par le décor. Un trésor... La lune brillait tel un diamant inestimable et les étoiles commençaient doucement à scintiller telles de fins cristaux de quartz. Ou alors, comme il l'avait entendu dans son enfance, telles de petits yeux qui s'ouvraient au crépuscule pour veiller sur les terriens endormis. Certes, l'héritier Wolgan n'était plus en âge de croire à ce genres de choses infantines, mais il trouvait la comparaison mignonne et amusante et il se plaisait à se la remémorer de temps en temps. C'était sa mère qui lui racontait ce genre de choses il y avait déjà quelques années, en cachette de son père qui détestait qu'on abrutisse sa digne lignée. Ses parents avaient des visions très différentes de l'éducation à donner à leur fils. Finalement, Yorek avait un peu tiré son caractère de chacun d'eux dans un subtil mélange.

Le Serpentard se décida à détacher son attention des dernières secondes d'agonie de l'astre lumineux et posa son regard vert sur Pénombre. Chaque soir il pouvait admirer le même spectacle, si il le souhaitait, alors qu'il n'aurait peut-être pas tant d'occasions de faire connaissance avec sa camarade. Il était content que le lieu qu'il avait choisi pour leur entrevue lui plaise, content de voir qu'elle aussi aimait les choses simples. Il ne manqua d'ailleurs pas de remarquer le fin sourire qu'elle lui adressa. Un sourire naturelle, non forcé comme ceux que l'on fait pour faire plaisir. Il la sentait à l'aise et Yorek ne pouvait qu'apprécier ce moment qu'ils partageaient, à mi chemin entre ciel et terre. ( ^^).

Il l'écouta ainsi parler de Poudlard, de la magie qui y règnait, de la beauté du lieu, de la chance qu'ils avaient de pouvoir avoir accès à cette formation. Et il ne put que remarquer la passion qui la prenait au fur et à mesure que ses paroles s'envolaient jusqu'au oreilles de l'héritier Wolgan. Pénombre était quelqu'un de passioné, cela s'entendait plus que ça ne se voyait. Et elle avait le don magique de faire partager cette passion à son interlocuteur. Elle avait raison Poudlard était vraiment un lieu unique et exceptionnel. Yorek s'y sentait excessivement bien. Il ingurgitait des tas de connaissances, nourissant ainsi ses grandes ambitions, il y faisait des rencontres intéressantes et commençait à se faire une place au sein de l'école. Un deuxième chez lui rempli de mystères, de secrets, et bien d'autres choses inimaginables comme l'avait si bien dit Pénombre. Ainsi, le Vert et Argent ne rajouta rien. La Rusée avait tout dit et elle ne manquerait surement pas de comprendre que le jeune garçon était tout à fait d'accord avec elle...

Répondant à son invitation d'aller s'installer plus confortablement sur les poufs colorés, il suivit la Vert et Argent en ajoutant:
" Je te pris de croire que ta compagnie m'est tout aussi plaisante..."
Il s'assit en face de la brune et tira délicatement le panier en osier vers eux.

Citation:
" Cette fois-ci, je ne me peux que constater que tu as plus d'un tour dans ton sac Yorek ! Une surprise ? Est ce que cela sous entendrait il que tu ignores au moins autant que moi, ce qui se cache dans ce garde manger ou bien c'est juste que tu as l'intention de me faire encore languir quelques temps ? "


" Et bien oui, j'ignore également ce qui se trouve dans ce panier... J'ai simplement demandé aux elfes quelque chose de spécial, pas de simples sandwichs. Je n'en suis pas vraiment fan à vrai dire. Et puis les sandwichs ne collaient pas vraiment avec le thème de la soirée, tu en conviendras. Les elfes m'ont juste précisé de le tenir bien droit! " rajouta Yorek en croisant le regard de Pénombre.

Il regarda alors la jeune fille sortir de sa besace deux ravissants verres en cristal et une fiole dans laquelle reposait un liquide sombre et étrange. Ses gestes étaient délicats. Yorek plissa les yeux pour essayer de distinguer quelle était la nature du liquide mais il ne réussit à l'identifier. La Rusée ne fit pas durer le suspense plus longtemps. Elle lui expliqua alors la nature, l'origine, les propriétés de l'écarlate noire, mixture inconnue du jeune Serpentard. Pénombre avait le don de transformer une quelconque explication en une fable merveilleuse, créatrice d'une certaine magie mystique telle que Yorek ne pouvait que boire ses paroles, tel un enfant avide d'aventures fictives. Sa surprise à elle était emplie de mystère et l'héritier Wolgan ne put alors que l'apprécier à sa juste valeur. Cette mixture était unique d'après Pénombre et il était très flatté qu'elle lui fasse partager ce don venu d'ailleurs. De plus la descrpition qu'elle en avait fait avait piqué au vif la curiosité du Vert et Argent qui se demandait bien quelles sensations allaient pouvoir faire naitre en lui ce mystérieux mélange.

Le garçon prit entre ses doigts le verre que lui tendait Pénombre, aussi délicatement que si il s'agissait d'un trésor inestimable, effleurant furtivement au passage les doigts de la jolie brune. Il observa alors le liquide sombre s'agiter doucement au fond du récipient en cristal et quelque chose de finement attirant sembla se dégager de l'Ecarlate, venant ainsi chatouiller agréablement les sens olfactifs de Yorek.

" Bien entendu que je vais faire honneur à cette tradition." affirma t-il en suivant chacun des gestes de la Serpentarde. Un sourire se dessina paisiblement sur ses lèvres. " Prenons d'abord un petit apéritif avant de découvrir ce que nous cache cet énigmatique panier en osier." ajouta Yorek, prolongeant ainsi le mystère. Il se releva quelque peu et tendit alors son propre verre à Pénombre tandis que de son autre main vide il libèrait tout aussi délicatement que la première fois le verre de Pénombre des doigts de la jeune fille.

L'échange effectué, le garçon se rassit confortablement et il ne put s'empêcher d'aller déjà faire vagabonder ses narines au dessus du fin verre de cristal. Un léger courant, lent et doux, sembla remonter le long de ses narines et quelque chose d'ennivrant s'empara de son esprit l'espace de deux ou trois secondes. Le jeune Irlandais ferma les yeux. L'odeur que dégageait le liquide était brute, témoin de son origine naturelle. Rien que cette odeur semblait gorgée d'histoire et de merveilleux. Peut-être n'était-ce que les contre-coups subjectifs du discours de Pénombre mais Yorek était persuadé à cet instant là qu'une force étrangère avait parcouru son corps tout entier.

Le garçon se dégagea doucement de l'emprise du liquide et rouvrit doucement les yeux pour les plonger dans ceux de Pénombre tandis qu'un nouveau sourire qui trahissait son bien être naissait sur ses lèvres.

" J'aimerais, si tu le veux bien, qu'on boive simultanément notre verre..." proposa Yorek. " Mais avant, j'aimerais connaitre... la façon dont tu as obtenu cette si étrange mixture aux propriétés étonnantes. Et si... si tu en as déjà fait l'expérience avant cette nuit."

Intimement Yorek espèrait que pour elle aussi, c'était la première fois, qu'ils partageraient ensemble cet instant qui lui apparaissait déjà comme unique...
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Jeu 14 Déc - 15:24:25

[ Désolée du retard ^^" et comme cela faisait quelques temps que je n'avais pas écrit, j'ai peur que ce ne soit pas terrible terrible...]

Yorek répondit évasivement à ses questions concernant ce que contenait le panier d'osier qu’il avait apporté et l’une des trois poursuiveuses de Serpentard se surprit à lister mentalement ce qui pouvait bien nécessiter d'être ainsi tenu droit. C'était donc sans doute fragile ou liquide pour nécessiter de telles précautions et la jeune fille penchait plutôt pour la première hypothèse étant donné que peu de choses constituant ordinairement un dîner pouvaient vérifier sa seconde supposition. Mais l'incohérence était précisément là, car rien jusque là n'avait été banal ou ordinaire, rien durant les premières prémices de cette soirée, ni son compagnon au captivant regard clair, ni ce précieux élixir de jais dont le doux arôme s'élevait doucement au dessus de son verre cristallin ne pouvait entrer dans une routine quelconque. Peut être une partie de pièce montée comme les elfes de Poudlard aimaient tant en constituer pour les desserts de fête ou pour les bals ? Peut être était ce cela qu'ils avaient choisi en particulier pour cette soirée spéciale, des mets similaires en originalité et en recherche à ceux servis lors des festivités de rentrée ? Cela pouvait tout à fait entrer dans d'éventuels possibilités de repas mais ne garantissait nullement de certitudes au plus désarroi de la descendante des Craft.

Par son attitude singulière, par ses mots énigmatiques, le Serpentard avait su très habilement tisser et entretenir le mystère autour de ce simple détail, autour de cet infime qui dormait au creux de l'osier finement tressé du réceptacle. Ce ne devait être qu'une annexe mineure au sein de cette rencontre, qu'une insignifiance superficielle à côté de la personnalité de son compagnon et pourtant, pourtant il avait su faire du simple menu d'un repas, un pilier, susciter questionnements et interrogations dans l'esprit de Pénombre et tendre à équilibrer l'échange en détenant lui aussi des réponses aux questions de la demoiselle. La brune appréciait sa manière de faire, de distiller avec parcimonie les informations qu’il détenait, pour cette raison que c’était exactement ce qu’elle était en train de faire. Le pensant taquin, la quatrième année soupçonnait, sans rien n’y laisser paraître, le jeune Yorek d'avoir volontairement manqué de convictions en tentant de détourner son attention du contenu de panier d’osier vers l'Ecarlate Noire, sans doute dans le but secret d’accentuer encore davantage sa fervente envie de savoir de quoi il retournait… La quatrième année fut lentement tirée de ses pensées sur la question par la voix masculine de son confrère de maison qui venait de lui signifier son affirmation à honorer les traditions anciennes entourant le liquide que les ténèbres elles mêmes semblaient avoir investies. L’assurance perceptible qui teintait de ses tonalités calmes les paroles du vert et argent et sa réponse encourageante incita un léger sourire sincère à se dessiner sur le visage pâle de Pénombre tandis qu'elle détournait sans hâte ses prunelles obscures de la coupe cristalline que ses doigts enlaçaient. La Rusée plongea ensuite profondément son regard dans celui d'un vert limpide de son compagnon et, après un long moment de silence durant lequel la jeune fille ne cillait pas, ils échangèrent leur coupe. Et avec étonnement, sa peau rencontra à peine celle du seconde année dans un frôlement étrange, non dénué de quelques vibrations inhabituelles. Silencieusement, l'anglaise observa un instant le jeune garçon lorsqu’il ferma les yeux, absorbé par les douces vapeurs exaltantes et parfumées qui entouraient l' Ecarlate noire. A le regarder ainsi, livré, abandonné à ce délice enchanteur, Pénombre ne put s'empêcher de se remémorer ce qu'elle même avait ressenti la toute première fois où ses lèvres étaient entrées en contact avec la noirceur nébuleuse de cette eau aux simulacres de nuit.

Forgé dans le feu le plus ardent et le plus sauvage, des entrelacs rouillés de fer torturés enlaçaient avec exiguïté une longue silhouette immobile, sombre et souillée par le temps, dont le corps féminin fier et fort avait été cruellement martyrisé par son sculpteur, gardienne de l’entrée de ce lieu nauséeux, elle était plongée dans des ténèbres si opaques et profonds que les ardeurs de la torche de la brune, si éclatants soient ils, ne parvenaient pas à les dissiper, les tenir en respect, à distance comme si chacune des ombres de la crypte avait été emprunte d'une vie propre, d'une existence inaltérable et insaisissable comme autant d'âmes damnés. Là, seule et glacée, Pénombre s'était retrouvée à errer dans ce long corridor sans fin, que de noires statues de pierre morte jonchaient à perte de vue, effigies sculptées de douleurs et de lassitudes fixant d'un regard aveugle et éteint les ténèbres éternelles. Ses pas hésitants avaient résonné si durement sur les dalles poussiéreuses et accablées par les siècles qui s’étendaient à ses pieds dans une pâleur morbide, troublant le macabre silence et éveillant dans la nécropole de longs échos qui, joints aux jeux d'ombres et de lumières, semblaient tour à tour rendre attentifs aux vivants qui passaient par là chacun des défunts de ce lieu maudit. Par delà le temps, les interminables heures à le parcourir sous la contrainte, le fétide tombeau souterrain étendait encore ses infinies racines dans les innombrables sinuosités rocheuses du cimetière, se perdant dans l’obscurité, bien au-delà la vue. Et c’était à cet unique endroit, à cette croisée particulière entre la vie et la mort, le sang et la cendre que les caveaux y étaient vides, creux et béants, attendant leurs prochaines proies, leurs prochaines victimes, l'attendant, elle. A chaque fois, la brune aux yeux clairs reprenait conscience de la réalité à cette découverte, s’arrachait brutalement du songe provoqué par une seule gorgée de l'Ecarlate Noire à cet instant précis. Car elle n’avait pas tout dévoilé à son confrère de Serpentard, pas encore. Ni le délire qui les prendrait à boire ensemble, ni l'étrange réalité qui se dégagerait des impressions ressenties durant celui-ci, et encore moins parlé de la connexion des sensations qui existait entre les deux mondes dont Yorek allait bientôt prendre conscience. Ce qu’ils vivraient là bas, leur corps respectif le vivraient également et les deux adolescents pourraient très bien ne pas en revenir. Ils erreraient tout deux dans un mirage chimérique commun crée par leur deux esprits, fusionné par le pouvoir de l’Ecarlate Noire et transmit l’un à l’autre par l’énergie de leur aura. Une fois de plus, ce furent les paroles du garçon qui dissipèrent les derniers souvenirs de l'esprit de la jeune fille comme la brise fraîche hivernale souffle les premières brumes légères du petit matin. La fine hésitation en fin de phrase du Serpentard incita Pénombre à agir plus dangereusement.

Le regard d’un vert clair et agressif de la jeune sorcière pénétra profondément les prunelles sombres de son compagnon avec la même fougueuse intensité que si la poursuiveuse de Serpentard avait souhaité, su lire jusque dans les méandres de son âme et se nourrir des plus obscures ténèbres tapis en son cœur. Puis, brisant le silence de la même manière que l’étrange convivialité qui avait pris place entre les deux serpents, l’héritière des Craft s’adressa au Rusé d’une voix suave, presque tendre quoiqu’un peu sombre comme si un quelconque sens caché avait été dissimulé dans l’apparente banalité de ses dires :

« Il te faudra bien plus que quelques paroles si tu veux connaître certains de mes secrets sans ne m’en révéler aucun des tiens, Yorek Wolgan.»

Dans un tintement léger, la brune posa doucement son verre de cristal au sol, faisant, par ce geste, danser le liquide charbonneux qu’il retenait tandis que son genou gauche venait embrasser silencieusement le marbre blanc d’une dalle glaciale qu’aucun coussin ne recouvrait. La jeune fille s’approchait lentement du Serpentard avec cet imperceptible sourire sur le visage, glissant vers lui comme un félin attiré par le fascinant éclat d’un feu ardent au loin. Rapidement, elle en vint à franchir les quelques misérables mètres qui la séparaient de son camarade de maison et la proximité de leur deux corps s’en trouva alors si réduite et si étroite que le souffle tiède de Pénombre se perdit sur la gorge pâle de Yorek, caressant au rythme d’une respiration calme et contenue le creux de son cou, là où les clavicules se retiraient et que la peau y était la plus fine. La brune pouvait, quant à elle, sentir avec une aisance déconcertante l’entêtant parfum du vert et argent, percevoir la chaleur qui émanait de lui et la puissance de son aura contre elle. A genoux, la main gauche de la quatrième année repoussa avec une lenteur volontaire une des mèches dorées qui s'était perdue sur le front du jeune garçon avant de la laisser ensuite effleurer du dos, les tempes du visage du jeune mage, coulant délicatement sur les courbes de son oreille jusque dans son cou qu'elle parcouru lentement avant de s'immobiliser sur son épaule. Un instant passa ainsi, sans que la sorcière ne s’autorisa nul autre mouvement que ceux qui lui permettaient de survivre, juste à mêler son regard au sien, juste à goûter à cette étrange sensation que la présence de Yorek entrelacée à la sienne lui faisait percevoir. Puis enfin au bout de quelques minutes, la poursuiveuse inclina à peine la tête sur le côté pour frôler doucement sa joue tandis qu’elle lui murmurait doucement à l’oreille, mi-intimidation, mi-invitation :

« Quel prix serais tu prêt à payer pour savoir ? Et s’il me venait l’idée insensée de te prendre moi-même ce que je jugerais équivalent à ta requête ? »

Sans attendre sa réponse et d’un geste maîtrisé et précis, la poursuiveuse plongea la première phalange de son index et son majeur joints dans le verre de cristal de son compagnon, traversant subtilement les tourbillons sombres de l’Ecarlate noire avant de les en délivrer insensiblement. Puis, sans quitter des yeux l’héritier des Wolgan, la Serpentarde prit appui sur son bras droit déjà au sol et se décala un rien du même côté avant de porter ses doigts humides jusqu’au visage du Rusé et de les laisser parcourir avec délicatesse et sensualité le plein rosé des lèvres de l’apprenti sorcier :

" Je pourrais également te montrer, te faire ressentir quelques unes des nombreuses propriétés de l'Ecarlate noire et tu saurais. Tu saurais ce qu'il en coûte de s'aventurer si loin comme ce que cela apporte. "

Dangereusement, sa progression s'accentua encore davantage, dévorant un à un les maigres centimètres d'air tiède que leur souffle emplissait, saturaient dans une éternité de seconde sourde :

« Cela ne dépend que de toi… »

Souffla t elle enfin.

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Yorek Wolgan
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Dim 24 Déc - 2:14:44

La nuit avait à présent absorbé le sommet de la tour de sa noirceur enchanteresse. Tout le parc était plongé dans une quasi obscurité, troublée par le feu qui semblait danser dans le cheminée du garde chasse, la lumière qui fusait à travers les pièces du château encore allumées, sans oublier le reflet de la Lune qui voguait sur l'eau paisible du lac. La pénombre donnait davantage d'intimité à l'entrevue des deux jeunes Serpents qui se trouvaient là haut. Cette rencontre qui n'aurait pu être qu'une rencontre banale, comme on en fait des dizaines au cours de notre vie, avait rapidement pris une tournure plus ou moins... étrange.

Non pas que Yorek croyait que cette entrevue serait dépourvue d'intérêt, mais il ne se doutait pas que la demoiselle lui réserverait tant de surprises... Les deux élèves s'entêtaient à faire durer le suspense. Lui sur le contenu du panier. Elle sur le contenu, l'origine, de ce breuvage nommée Ecarlate noire. Ce semblant de jeu qui était né entre les deux élèves donnait un charme incontestable à leur discussion. Charme attisé par l'envie de savoir, mais aussi l'envie de faire durer le mystère, l'envie de faire durer l'envie elle même... C'était un sentiment que Yorek trouvait excitant. Charme encore plus attisé par la personnalité des deux Serpents.

A ses quelques questions nées de sa forte curiosité, la Rusée relança une nouvelle fois la balle à l'Héritier Wolgan. Son regard avait été intense, profond. Yorek le soutenait. Il aurait pu le soutenir aussi longtemps qu'elle même le soutenait. Un moyen de communication muet mais à la fois riche en échanges. Les yeux de Pénombre était d'un vert sombre, agressif, brutal, qui capturait l'attention sans aucun problème, sans laisser même le choix à leur cible.

La voix de la Vert & Argent brisa alors le silence de la nuit, comme une menace s'élevant dans l'obscurité. Sa voix s'était faite suave. Yorek ne manqua pas de remarquer le plaisir qu'elle prenait à jouer avec lui. Une sorte de petit face à face semblait s'être engagé autour de la convivialité de l'échange. C'était à celui qui percerait l'autre à jour en premier. Ainsi elle voulait connaitre ses secrets. Mais lui non plus ne se montrerait pas si docile. De plus, que voulait-elle connaitre? Ses envies? Ses ambitions? Ses craintes? Il en avait... comme tout le monde, mais Yorek n'était pas non plus du genre à se dévoiler facilement.

Sans qu'il ne pu ajouter un mot, dans un geste délicat, Pénombre déposa son verre sur le sol dallé et elle s'approcha lentement de lui dans un mouvement parfaitement maitrisé. Son corps semblait onduler, se courber, à la manière d'un félin. Le Serpentard ne bougea pas, laissant la jeune fille s'approcher de lui tel un prédateur. Il ne faisait plus aucun doute que la Rusée avait un côté animal. Les spectateurs de la première tâche de la Coupe en avaient tous eut la preuve. L'ocelot dont Pénombre avait réussir à prendre la forme avait laissé sans voix tous ses camarades de maison. En tout cas, l'animal semblait vraiment faire partie d'elle à présent, côté à part entière de sa personnalité.

Elle dévorait lentement l'espace qui les séparait jusqu'à ce que Yorek puisse sentir son souffle glisser le long de sa gorge dans une sensation agréable de grande proximité. Ce que dégageait Pénombre ne pouvait se transcrire sous la forme d'un langage parlé quelconque. Son parfum vint stimuler les narines de Yorek qui laissa un esquissement de sourire se dessiner sur ses lèvres. Le clair de ses yeux croisa à nouveau le sombre des siens et Pénombre leva doucement la main pour la faire glisser le long des tempes du jeune Serpent, remettant avec agilité une de ses mèches rebelles derrière son oreille. Non pas qu'il fallait une grande agilité pour replacer un mèche de cheveux mais la manière dont ses gestes se décrivaient, se succèdaient sur le visage de l'Irlandais dénotait d'une maitrise du mouvement exceptionnelle.

Le rythme cardiaque de Yorek s'accèlera quelque peu. La situation était plutot inédite pour lui et il fallait avouer que l'entreprenante demoiselle le déroutait un peu. Cependant, il ne laissa pas à Pénombre l'occasion de s'en nourrir, maitrisant lui aussi l'ensemble de ses réactions. Il ne la laisserait pas mener le jeu...

La Vert et Argent s'approcha encore davantage, ne laissant pas vraiment le temps à Yorek de réagir, à moins que ce ne fut Yorek lui même qui ne se laissa pas le temps de réagir...


Citation:
... elle lui murmurait doucement à l’oreille, mi-intimidation, mi-invitation :
« Quel prix serais tu prêt à payer pour savoir ? Et s’il me venait l’idée insensée de te prendre moi-même ce que je jugerais équivalent à ta requête ? »


Les lèvres de Yorek s'élargirent dans un sourire et ses épaules se haussèrent dans un court mouvement d'amusement. Pénombre n'avait pas froid aux yeux, réduisant à son gré l'air qui séparait encore les deux élèves. Qu'entendait-elle par là? Que devait-il comprendre? Et le ton qu'elle venait d'employer ne faisait que flouter davantage le sens de ses paroles. Les rumeurs qui courraient sur Pénombre au sein de la grande batisse semblaient prendre forme sous ses yeux et pourtant il ne la repoussait pas. Du moins pas encore... Jusqu'où irait-elle? Seule elle le savait, épaississant encore le mystère qui règnait entre les deux Serpents. Et si il lui venait à l'esprit d'anéantir les dernières et minces barrières qui les séparaient encore? Et si au contraire ce n'était qu'un jeu, qu'un test, destiné à en savoir plus sur lui?
La jeune fille coupa court à ses réflexions quand il la vit percer la surface du verre dans lequel reposait l'Ecarlate noire de ses deux doigts pour les déposer sur les lèvres de l'héritier Wolgan. Un frisson lui parcouru alors le corps tout entier tandis que la voix de Pénombre résonnait à ses oreilles:


Citation:
" Je pourrais également te montrer, te faire ressentir quelques unes des nombreuses propriétés de l'Ecarlate noire et tu saurais. Tu saurais ce qu'il en coûte de s'aventurer si loin comme ce que cela apporte. "


Que voulait-elle dire? De quelle aventure parlait-elle? Pénombre ne faisait qu'épaissir encore et encore le mystère qu'elle avait réussi non seulement à créer mais à attiser avec une finesse déconcertante. Quelles pouvaient bien être les propriétés de ce si étrange breuvage? Yorek sentit alors son estomac se manifester dans un soupçon de torsion. Il ne reculerait pas... Elle non plus d'ailleurs! Sans qu'il ne puisse savoir comment, Pénombre se rapprocha encore mêlant ainsi leur souffle. Son visage n'était plus qu'à trois ou quatre centimètres du sien. Yorek ne cilla pas. Une fois de plus il mêla son regard au sien l'espace d'une seconde. Une seconde si intense que le jeune Serpentard eut presque l'impression que le vert de leurs yeux ne faisait plus qu'un.

Cela ne dépendait que de lui...

Il ne reculerait pas. Pénombre ne l'intimidait pas.

Sans prendre le soin de porter à sa bouche les quelques gouttes d'écarlate que la demoiselle avait déposé sur ses lèvres, se laissant ainsi dans l'ignorance de la puissance du liquide, Yorek s'avança alors lentement, très lentement du visage de Pénombre. Leur peau entrèrent délicatement en contact et il fit glisser sa joue contre la sienne jusqu'à ce que sa bouche puisse lui murmurer doucement à l'oreille:


" Je vois que tu es joueuse..."

Sa main droite se posa alors doucement dans le creux que formait ses deux omoplates, et tandis qu'il la faisait remonter jusqu'à son cou, le visage du garçon entreprit le chemin inverse. Le coin de ses lèvres glissa le long de la joue de la Vert & Argent dans un contact presque charnel. Sa main continuait de remonter effleurant au passage le lobe de son oreille, suivant le même chemin que le coin de ses lèvres, quoi que dans un mouvement légèrement plus rapide. Ses lèvres se rapprochaient dangereuseument des siennes jusqu'au moment de l'inévitable contact... Jusqu'à la dernière seconde, où l'index de Yorek qui continuait sa progression sur le visage de Pénombre, vint empêcher de justesse la rencontre de leurs lèvres en s'interposant entre elles.

" Moi aussi." murmura alors le garçon en se dégageant à peine de la proximité qui les unissait.

Un sourire amusé se dessina sur son visage. Il avait eut l'audace d'entrer dans son jeu. Les barrières avaient été brisé. A présent, il se sentait totalement à l'aise. Prêt à affronter la demoiselle qui se trouvait face à lui. Il recula encore un peu plus, redonnant forme à la vingtaine de centimètres qui les séparaient quelques secondes plus tôt.


" Que veux tu savoir de moi? Que désires tu en échange de ce mystérieux breuvage? Je dois avouer que tu as réussi à mettre en éveil la totatité de mes sens. L'odorat, la vue, l'ouie, le gout... le toucher. Dis moi. Je suis prêt à saisir n'importe quelle occasion de vivre quelque chose d'exceptionnel. Je suis prêt à m'aventurer là où m'enmèneront tes gestes. "

Le comportement, les propos de la jeune fille, avaient vraiment fait prendre conscience à Yorek que les propriétés de l'Ecarlate devaient être exceptionnelles, quoi qu'il était encore loin de se douter de leur vraie nature. Il aimait les défis. Il aimait repousser ses propres limites.

Pour attester ses propos, le jeune Serpentard, passa doucement sa langue sur sa lèvre inférieure, happant au passage la dernière goutte d'écarlate. L'espace d'un seconde, il se sentit alors lui même comme happé par l'infini du ciel, l'infinie bouche de l'univers, comme si l'espace d'une seconde, son corps et son esprit avait été totalement déconnecté l'un de l'autre. Un sursaut agita alors son corps et une lumière vive naquit dans la prunelle de ses yeux. La torsion qu'il avait ressentit au creux de l'estomac tout à l'heure se fit sentir à nouveau, un peu plus forte. Ses yeux se posèrent sur le visage de Pénombre et partagé entre l'inquiètude de l'issue de cette soirée et la curiosité que suscitait en lui cette dernière il articula distinctement:


" Je constate que tes armes ne sont pas négligeables Pénombre. Je ne vois pas pourquoi j'aurais à révéler un peu de moi en premier mais soit... Faisons preuve de galanterie. Dis moi ce que tu veux... je te dirais ce que je veux. "
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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Sam 12 Mai - 13:32:37

[Mes infinies excuses pour ce terrible retard y_y. J'espère que tu aimeras quand même :) ]

Cette situation particulière et unique entre les deux élèves de Serpentard était pourtant étrangement familière à la jeune poursuiveuse de Quidditch. Car tout semblait toujours plus ou moins se dérouler ainsi, dans de grandes lignes, comme à cet instant précis entre Yorek et Pénombre... Une personnalité complexe ou intéressante, intrigante, curieuse ou mystérieuse et la brune aux yeux clairs ne pouvait s'empêcher d'éprouver le désir et la nécessité de rôder autour d'elle, de l'étudier, de la mettre à l'épreuve, de la tester pour en découvrir les principaux et moindres mécanismes, les puissants dynamismes et forces qui l'inspiraient, l'élevaient comme les manques et les faiblesses qui la torturaient et la condamnaient mais surtout le fonctionnement propre et libre, affranchi et autonome de celle ci... Et il y avait bien des jours précédents cette petite fête dans la salle commune des Sang Froid que Pénombre avait personnellement organisé afin que puissent se rencontrer les plus anciens de la maison de la Ruse et les tout nouveaux venus, que la quatrième année avait plus ou moins déjà perçu et compris l'importance qu'une rencontre avec Yorek Wolgan représentait à ses yeux. Un intérêt, une curiosité principalement relayée par les quelques récits et histoires certainement anamorphosés d'aventures, dont la majorité s'étaient déroulées au cours des différents bals donnés par l'école, qui le dépeignaient comme quelqu'un d'inhabituel et les diverses anecdotes, rumeurs et autres bruits de couloirs qui portaient de temps en temps son nom jusqu'aux oreilles de la descendante des Craft. Pénombre s'était finalement mise à se questionner sur l'identité et la nature précise du caractère de cet anonyme dont on conversait tant aux intercours.

L'apprenti sorcier avait cela pour lui que les dires l'ayant pour sujet avaient restitué des actions qui laissaient plutôt à penser que Yorek n'appréciait guère le pourtant populaire, Lee Jordan, ce fourbe, cet ignoble et incapable commentateur de Quidditch, gratifié de cette sainte fonction que par le favoritisme injuste et injustifié de sa Directrice de maison, pourtant réputée impartiale, mais également par le vice et le soudoiement de quelques arrangements secrets entre le Directeur de Poudlard lui même et la riche famille des Jordan. Rien d'autre ne pouvait justifier et ne justifierait jamais la présence d'un tel incapable, inculte personnage de l'autre côté d'un micro ouvrant ses in-répétables stupidités atterrantes, ses hors sujets purement indignes d'intérêt détaillant entre autres ses ennuyantes et insipides aventures amoureuses avec celle ci ou celle là de pauvres jeunes filles qui ne réalisaient pas vraiment à qui elles avaient à faire, sur un auditoire si vaste et si complet... La demoiselle se souvenait encore de la dernière fois où les deux sorciers s'étaient affrontés sur le terrain de Quidditch... Et avaient fini, tout deux, à l'infirmerie.

Mais à présent que l'animagus se retrouvait et ce pour la première fois, en présence si exclusive et intime avec Yorek Wolgan, à présent qu'elle tentait d'imaginer ce visage, ce corps qui se tenait devant elle, accomplir les quelques actions dont elle avait eu la sagesse de vérifier la véracité, il lui sembla que le jeune garçon avait dû savoir habilement profiter de la douceur de ses traits pour dissimuler la réalité de son âme et surtout, celle de ses projets. Et il vint à l'esprit de la demoiselle de nouvelles interrogations concernant le tempérament de son camarade de maison, car il apparaissait en ces instants partagés de complicité, sincère et ouvert et si elle n'avait reçu de ses sens que perceptions visuels, privée de messages sensoriels, l'héritière des Craft aurait peut être même cru à une pureté, à de l'innocence de la part du jeune mage. Loin, si loin de la ruse dont il semblait avoir usée durant ces soirées dansantes ou costumées pour nuire et ennuyer les Lions Rouges de Gryffondor ou les Bourreaux de travail de Pouffsoufles. Alors, avait il réellement et entièrement été honnête, tel qu'il le paraissait dans son attitude et ses paroles, durant les prémices de cette soirée en la compagnie de la poursuiveuse ? Ou bien simulait il quelque comédie dans l'intention de lui jouer un tour, quelques farces de son cru ? Et c'était la sensation étrange et contradictoire inhérente à ce genre de dualité qui envahissait les pensées de la brune au regard agressif de limpidité, le doute mental, le mitigé de la raison contre la sérénité indiscutable d'un corps. Car oui, son instinct était bien loin de la juger en danger ou en proie à la moindre possibilité d'être abusée, ni même menacée ou dupée. La quatrième année ressentait plutôt un bien être vrai et entier à partager quelques mystères et un futur repas avec Yorek Wolgan.

A vrai dire, l'adolescent à la chevelure châtain clair voletant légèrement dans le vent tiède de la nuit ne manquait pas de charme ni de politesse et Pénombre avait l'impression d'être sur la même longueur d'onde, concernant ce crucial détail de civilité, avec le sorcier, ce qui était bien loin de lui déplaire étant donné qu'un bon pourcentage des jeunes gens de la Citadelle manquaient parfois cruellement de manières verbales. Lui, non et elle devinait bien la forte probabilité qu'il ait été élevé suivant une certaine tradition, dans le sillage profond et acquis au fil de longues années, générations après générations, d'une grande lignée fière et respectueuse des valeurs ancestrales et nobles de la haute société. La jeune fille se sentait d'égal à égal avec lui et d'un certain point de vue, la discussion que les deux élus de Salazar Serpentard pourraient ensuite avoir aiguisait de plus en plus sa curiosité et son appétit. Mais avant cela, avant que leur esprit ne s'entretienne l'un avec l'autre plus en détails, l'adolescente avait très envie de braver, comme à son habitude, le carcan bien aimé des bonnes manières et des douces politesses pour toucher son visage du sien, apprécier et tester ses réactions à ce contact inopiné, soudain et imprévisible dans le fil non charnel que paraissait suivre cette rencontre.

En retour, la Rusée ne fut pas déçue de la témérité des gestes du Serpent, l'indéniable confiance en lui qu'elle décelait dans la fermeté, la précision de ses mouvements et encore cette aura de fierté autour de lui que la sorcière avait simplement entrevu lorsqu'il avait soigneusement autant qu'habilement évité de se faire piéger de mystère par les extraordinaires propriétés de l'Ecarlate Noire. La douceur de sa joue contre la sienne, enchaînement, conséquence d'un acte dont l'animagus n'était qu'indirectement responsable, laissait flotter dans son esprit une sensation de complicité de jeu, d'entente en phase. Ses premières pensées spontanées furent ainsi faites d'un éclat de rire mental :

* Je crois que l'on va s'entendre...*

Oh oui, Pénombre était joueuse et pas qu'un peu, cela faisait exactement partie des choses intenses de la vie qu'elle préférait et adorait vivre, parmi le danger, le combat ou la découverte de secrets enfouis autant que précieux, cette folle l'adrénaline qui en découlait logiquement et qui faisait battre si fort son cœur, exaltait si délicieusement sa conscience. Sa vie prenait toujours une démente consistance durant ces moments trop courts, trop brefs où l'animagus se mesurait à l'immense puissance du Destin, se confrontait à la grande Faucheuse sans jamais la heurter. Pénombre avait toujours su que cela finirait fatalement par lui causer d'irrémédiables torts, sinon sa propre perte mais elle n'y pouvait rien, l'existence quotidienne l'ennuyait profondément et la tuait à petit feu, la routine était la pire et la plus blessante de ses prisons et la Championne des Sang froid ne respirait que pour conquérir, aux risques et périls de ce qu'elle avait et était, de nouveaux horizons. Aussi, se laissa t elle réceptive et immobile aux caresses du jeune garçon, appréciant à en clore brièvement les yeux la confiance mélangée de témérité qui teintait son approche physique, la réponse de sa chair. C'était loin d'être désagréable, au contraire et elle se demandait quelles pouvaient bien être les limites de l'acte de l'héritier des Wolgan. A présent, il était certain pour la poursuiveuse que le vert et argent ne se laisserait pas facilement déstabiliser par une démarche tactile mais de là à prendre une initiative dangereuse... La question restait encore sans réponse et Pénombre restait sceptique à ce propos, ne doutant pas que le dénouement était très proche alors même que les lèvres rosées de l'adolescent se rapprochaient plus intimement des siennes. Oserait il ... ?

Comme cela il était joueur ? Tant mieux ! Qu'il lui donne du fil à retordre, qu'il résiste à sa progression, à ses études, elle ne désirait que cela. Du défi, de l'égalité, de la difficulté et du danger. La brunette lui rendit dans la sincérité son sourire amusé, à la fois assez surprise de la tournure que prenait les choses et satisfaite de la fierté et force qu'il matérialisait ainsi, son entrée fracassante et assumée dans son jeu, avant de répondre, mutine, à ses dires :

" Et quelle joie que tu possèdes ce trait de caractère Yorek ! Il aurait été éminemment moins intéressant que tu ne sois pas joueur, je n'y peux rien les personnalités intrépides et aventurières m'intriguent et m'attirent... "

L'adolescent brisa ensuite la proximité de leur deux corps avant de retrouver sa place sur les épais coussins de velours tendres qui avaient été disposés ici pour le cours d'astronomie de l'année passée et qui servaient assez souvent à présent de coin pique-nique au déjeuner. Pénombre ne quitta pas des yeux son compagnon de veillée, cherchant l'infime trace sur son visage, dans son regard clair qui indiquerait ce qu'il avait pu ressentir à se comporter ainsi avec elle mais les ténèbres nocturnes qui enlaçaient déjà leur silhouette ne lui permit pas d'observations fiables ni précises aussi l'écouta t elle silencieusement reprendre la parole. Ce qu'il lui avoua lui fit assez plaisir, la pousuiveuse le prit tel un compliment et lui adressa un sourire qui le lui exprimait franchement. Ce que le Serpentard ajouta la combla d'audace ! Décidément, elle alla avec lui de surprise en surprise et il se révélait être d'un intérêt plus exacerbé que ce que la descendante des Craft avait pu penser initialement. Cette fois ci sa curiosité ne connu plus de limites et elle regretta amèrement que la nuit fut comptée en heures alors que tant de mystères à mettre à jour dormaient encore dans le regard émeraude du jeune mage lui faisant face. Sa voix douce troubla la quiétude retombée :

" Yorek... Je m'échauffais seulement. Mais je dois dire que tes défenses sont déjà remarquables et je suis très satisfaite de me retrouver en présence d'un tel caractère... Ce que je désires apprendre de toi ? Et bien, de quoi tu es capable et qui tu es réellement pour commencer... Savais tu que l'on ne révèle notre vraie nature que lorsque l'ombre d'un danger nous enserre de son long manteau glacial , lorsque nous nous mettons à craindre pour nos vies ? "

Elle saisit plus étroitement sa fine coupe cristalline par le fin coulis translucide qui joignait délicatement le pied à la demi sphère dans laquelle dansait le sombre liquide opaque et la tendit devant elle, un peu en hauteur, l'exposant de la sorte aux premières lueurs d'acier d'une lune timide cachée derrière de filamenteux nuages rendus argentés par sa lueur :

" Tu n'ignores sans doute pas qu'autour de nous oeuvrent sans cesse des puissances qui nous sont profondément invisibles mais que nous pouvons néanmoins presque percevoir à condition de parvenir à faire silence totale dans nos esprits. Les cinq sens que nous utilisons naturellement et de manière quasi automatique ne peuvent en frôler l'existence, mais les autres tel que ton instinct, parfois même ton inconscient sont eux, capables d'en capter d'infimes brides. Tout dépend de ta réceptivité innée et de ton entraînement... "

Son regard d'un vert presque transparent de limpidité se détacha finalement du fascinant liquide demeuré ténébreux, totalement insensible à l'éclairement lunaire, qui en absorbait, au contraire, très avidement la douce lumière leur parvenant entre ciel et terre (^^) pour plonger ses prunelles sombres dans celles de son camarade de maison. L'aînée des Craft reprit, lentement comme si ce qu'elle disait était sacré ou devait demeurer secret :

" Ceci est une sorte de catalyseur aux propriétés de fusion assez comparables à celles d'un symbiote. Lorsque tu boiras l'Ecarlate Noire, une partie de toi, de ton corps et de ton esprit, passeras dans la réalité suivante, tu auras conscience d'un autre monde. Dès lors, tu pourras percevoir notre environnement de manière totalement différente que n'ont été jusque là en mesure de te la faire concevoir tes cinq sens. Les objets magiques auront une aura d'une vivacité relative à leur pouvoir et une personnalité propre que tu décèleras d'un seul regard et de même, ceux qui sont maudits ou de nature néfaste auront faculté de se mouvoir librement et de te blesser bien plus profondément qu'ils n'auraient pu le faire dans notre réalité..."

La demoiselle marqua soudain un instant de silence, comme si elle paraissait hésiter à poursuivre ses explications :

" Nos âmes seront là bas à nue et il nous sera littéralement impossible de mentir de l'autre côté... Nos auras changeraient brutalement de teinte et de forme... Saches également que, de la même manière que nous pourrons les déceler, les entités énergiques auront également conscience de notre présence et elles seront tout à fait capable d'agir, de réagir à nous. Pour ou contre nous, tout dépend de ce que nous rencontrerons...

Je te propose donc de m'accompagner de l'autre côté... Je voudrais savoir qui tu es... "


Achevant, la Championne reposa son verre à terre et après quelques longues minutes muettes, ajouta d'une voix enjouée :

" Et toi ? Que désires tu savoir Yorek ? "

Il était sûr que ce Serpentard là n'était pas n'importe qui et Pénombre ne s'était encore jamais autant sentie face à quelqu'un de semblable à elle qu'à présent... Quelle plaisir ! La nuit promettait, promettait tant que la poursuiveuse avait à la fois envie de l'avoir déjà entièrement consumée et tant envie de l'entamer plus intensément...

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MessageSujet: Re: A mi-chemin entre Ciel & Terre [ Pv Pépé ]   Dim 15 Juil - 16:27:42

Alors que certains élèves allaient se coucher au sein du chateau, gagnés par le sommeil et la fatigue de la journée, la soirée ne faisait que commencer au sommet de le Tour d'Astronomie, une soirée qui promettait d'être riche. Riche en émotions, riche en découvertes... C'était dans ce cadre rendu intimiste par l'obscurité qui l'enveloppait, que les deux Rusés commençaient à s'appréhender l'un l'autre, à se découvrir, essayer de déceler les grands traits de caractère qui faisaient leur identité mais aussi les plus infimes parties cachées de leur âme, difficilement détectables mais ô combien intéressantes.

Yorek avait repris sa place sur le confortable coussin, à son aise, heureux de la tournure que prenait cette soirée. Derrière son visage impassible se cachait une irrépressible envie que cette soirée marque à jamais sa vie, l'irrépéssible envie d'en savoir plus sur la vipère qui se tenait face à lui, de percer ses mystères, l'envie de nouvelles expériences, de repousser encore les limites, mais aussi pourquoi pas l'envie de percer ses propres mystères, de percevoir les derniers méandres de sa propre âme afin de n'avoir plus aucun secret pour lui même.

Jusqu'à présent, Pénombre Craft s'était comporté comme il s'y attendait: aventureuse, curieuse, mystérieuse... Toutes ces facettes qu'il connaissait déjà d'elle sans même la connaitre, sans même lui avoir parler, hormis à cette petite soirée que la Verte & Argent avait elle même organiser afin de tisser des liens entre les héritiers de Salazar Serpentard. Il fallait dire que Pénombre Craft était le genre de personne dont le nom circulait beaucoup à travers les couloirs de l'école... Autant que celui de l'héritier Malefoy ou de Potter. C'était un nom qui alimentait fréquemment des rumeurs plus ou moins vraies, plus ou moins enjolivées au fil des conversations. Et même si celles ci parvenaient inévitablement aux oreilles du Serpentard, le jeune garçon avait l'intelligence d'esprit de n'y apporter que très peu de crédit. Certes, il y avait surement du vrai dans ce qui était dit - il n'y a pas de fumée sans feu - mais Yorek prenait très vite du recul sur ce que pouvait raconter telle ou telle pimbèche de l'école, à l'image de Lavande Brown.

C'est ainsi, en écoutant distraitement les uns et les autres, en l'observant quelques fois à table, dans les couloirs, ou dans l'antre des Serpents, quand des concours de cirsconstances faisaient que leur chemin se croisaient, que Yorek avait pu cerner les prémices d'une personnalité qui renfermait bien des secrets, bien davantage que ce que pouvait bien penser les gens.

A en croire les dires de Pénombre, il avait apparement réussi à éveiller sa curiosité, à la convaincre que lui aussi renfermait bien des choses derrière l'innocence de ses traits. Que lui aussi avait une forte personnalité, difficilement impressionable, même par une des plus attirantes filles de l'école. Bien évidemment, l'héritier Wolgan n'était pas que ce sournois Serpentard qu'il s'amusait à jouer auprès de Gryffondors comme Tiphanny E. Sheney ou Lellia Windfall. Ces personnes là ne voyaient en lui qu'un stupide Serpentard, dénué de toute intelligence et de finesse d'esprit, pas plus différent que les autres. Yorek ne s'en plaignait pas. Bien au contraire, il prenait un malin plaisir à jouer avec. L'effet de surprise ne serait que plus qu'effectif au final.

Yorek posa ses coudes sur ses genoux, permettant ainsi à ses yeux de capter plus facilement le regard de Pénombre, un regard vif et pénétrant.

" Ce dont je suis capable? " répéta Yorek dans un léger sourire avant d'ajouter en baissant la voix mais en gardant toute son assurance: " De beaucoup. Beaucoup de choses." Il avait baissé la voix comme pour faire comprendre à Pénombre que ce qu'il sous entendait par là ne devait se faire comprendre que sous l'intonation du secret.

Pénombre continua par un captivant discours sur les forces de la nature, les puissances que nos simples sens ne pouvaient déceler et que seuls les plus attentifs d'entre nous ne pouvait sentir que subrepticement. Une fois de plus, Yorek l'écouta avec attention. Elle avait indéniablement l'art de raconter les choses. Telle une conteuse, elle agrémentait toutes ses paroles d'un mystère saisissant.
Ses yeux verts se posèrent alors sur le liquide nacré qui reposait dans le récipient translucide tenu à bout de bras par la jeune fille. Les reflets de la Lune s'y dissimulèrent un instant, vite rattrapés par un épais nuage. La simple observation de ce que Pénombre lui décrivait comme un véritable trésor aux pouvoirs insoupçonnés suffisait à Yorek pour donner toute véracité à ce que disait sa camarade. Le liquide cependant immobile se voulait presque menaçant dans son écrin de cristal, presque doué d'un charisme affolant.
Yorek le dévorait des yeux, se rendant compte de la chance que Pénombre lui offrait. Peu d'élèves avaient surement eut la chance de pénétrer un autre monde. Un monde où tout pouvait s'affronter et où rien ne pouvait être dissimulé.

C'est le coeur battant la chamade mais le visage toujours impassible que l'héritier Wolgan détacha son regard du précieux pour les reposer calmement sur la Rusée. Les liens qui se tissaient où allaient se tisser plus ou moins imperceptiblement entre eux, sans même qu'ils aient la peine de parler, promettaient à Yorek que ses liens étaient à présent indestructibles. Peut-être que leur relation allait être de courte durée mais ce qu'ils allaient vivre tout deux ce soir ferait que cette soirée resterait inoubliable, quoi qu'il advienn