Pénombre Craft Elève de Serpentard 7ème année


Age : 23 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 1818 Localisation : L'endroit physique ou mental ?
 | Sujet: Poursuivre ses rêves ( Pv ) Sam 30 Déc - 16:38:41 | |
| [ J'ai vraiment modéré la longueur rien que pour toi ^^]
Captivant spectacle que d’observer une flamme brûlant, dévorant la cire qui la porte et l’entoure, qui lui accorde de sa présence, une éphémère vie d’intensité. Fascinant spectacle que de contempler une ardeur lumineuse se diriger inexorablement vers sa propre fin. Vacillante, hésitante et tremblotante, une aura d’existence étouffée par cette étreinte ténébreuse emplie de promesse de mort qui ne cessait de se resserrer inexorablement autour de son frêle halos doré, de sa faible petite lueur solaire épuisée dans sa lutte, son trop long combat qui amenuisait progressivement et de manière irréversible, ses dernières forces et ses ultimes ressources. Mais elle continuait cependant de s’embraser, vaillante et ardente, fière dans son destin tout tracé, sans pourtant que Pénombre ne parvienne à se défaire de cette curieuse impression qu’un simple souffle de vent pourrait avoir raison d’elle. Cette vision était soudainement d’autant plus insupportable à admirer que la poursuiveuse se sentait, en cette éternelle seconde d'attente qui ne semblait plus vouloir s’achever, particulièrement similaire à cette minuscule chose fragile et exposée aux hasards d’un courant d'air. Car depuis trop longtemps, la brune aux yeux clairs vivait dans un douloureux mutisme obsessionnel, dans le secret bien gardé de son passif et l’ardente ambition qui l'habitait tandis qu’une telle détermination à progresser, à aller de l’avant, l’animait, qu’elle s’était inconsciemment entêtée à dénigrer l'insouciant présent de la jeunesse rêveuse, qui ne demandait pourtant qu’à être pleinement vécu. Mais la demoiselle ne pouvait plus rêver, ni même réellement espérer car ces fruits désormais défendus avaient déjà bien trop coûté en souffrances, en déception et en douleurs à cette toute jeune adolescente pour qu’elle ne décide raisonnablement de s’en approcher de nouveau. Pourtant ce soir, ce soir là tout était différent car la Serpentarde s’apprêtait à tendre pour la première fois depuis des années, la main vers le foyer d’un feu incandescent, prête à s’y brûler s’il le fallait, juste pour y croire. Pour y croire encore. A ses côtés...
Là, assise face à cette fugace chandelle insignifiante dans les ténèbres de la grande salle désertée, la jeune fille observait avec lassitude cette petite âme s’agiter dans son étroite prison qui serait également son triste tombeau. Un nouveau soupir troubla les ombres que la bougie faisait naitre de part sa gracieuse danse et la Serpentarde se repoussa sur son banc, quittant des yeux la flamme ambrée pour enlacer de ses prunelles de jais les noirceurs de la nuit au travers des hautes fenêtres de la pièce. Il faisait si sombre dans l’immense pièce silencieuse et abandonnée, si obscur que la jeune fille en avait pratiquement l’illusion de s’être perdue dans une froide dimension parallèle totalement dépourvue de vie, semblable à celle qu’elle avait déjà traversée en compagnie de son amie, la Gryffondor Lellia Windfall. Et dans cette absence de bruit inhérent à la pulsion d’un cœur dans un corps, d’une âme au sein d’une conscience, la poursuiveuse se souvenait. Elle se remémorait pourquoi elle avait décidé si irrévocablement de l’attendre ici, seule et glacée.
Un déclic d’une rare puissance, un ressenti d’une étonnante violence qui avait toujours existé en elle sans que la Rusée n’en n’accorde auparavant la moindre inquiétude ni même importance mais qui prit finalement toute la réalité de son ampleur durant l’heure du déjeuner d’il y a quelques jours. Lorsque pratiquement toute l’école s’était réunie, une fois de plus, autour des copieux repas soigneusement préparé par les elfes de maisons de la Citadelle, des différents mets et plats aux allures exquises, aux odeurs délicieuses. Un instant où personne ne se souciait réellement du regard des autres tant et tant l’exposition à une infinité de prunelles curieuses était impressionnante et omniprésente, et ces moments particuliers étaient devenus une prédilection pour la championne des serpents qui avait ainsi eu tout le loisir de l’observer, guettant avec patience et discrétion une attitude, un geste, une parole qui lui en apprendrait peut être plus sur le passé torturé et mystérieux de ce jeune mage. Et à chaque repas depuis que la brune aux yeux clairs l’avait enfin retrouvé et qu’il avait réintégré, par acharnement et détermination plus que par miracle, la plus grande institution de sorcellerie d’Angleterre, la scène restait toujours la même. Identique à elle-même comme si celle ci ne faisait que se repasser éternellement, boucle après boucle sans qu’un détail ne se façonne différemment de ce qu’il ne se figeait d’être. Assit seul au coin de la longue table des élus de Salazar Serpentard, le jeune descendant, qu’elle avait apprit déshérité, jouait insensiblement avec sa nourriture comme s’il n’était pas véritablement en mesure de la voir, semblant espérer que personne ne remarquerait qu’il ne mangeait rien, jamais rien et ne se repaissait que de la pureté de l’eau qui emplissait toujours davantage son verre. Lui qui l’avait tant intrigué, offert sa précieuse confiance et son temps, sa fraternelle amitié sans jamais, ne serait ce qu’espérer obtenir d’elle quoique soit en retour. Elle qui l’avait tant apprécié, tant recherché à sa disparition, qui avait enduré dans le silence et la souffrance l’accablement par l’effort et la pénitence de l’échec. Elle qui l’avait… Tant aimé. Tout simplement, aussi indéniable qu'inavouable.
* Tu n’as pas grand appétit, ces derniers temps… *
Et la quatrième année se souvenait encore, elle revoyait une nouvelle fois s’assembler dans son esprit jusqu’aux infimes détails de cette situation passée, l’immense grande salle sous ses yeux disparaître, avalée par l’apparition d’une autre pièce étonnement familière. Et alors que sous les appels de son esprit à sa mémoire, les blancs murs de pierres mortes se teintaient des fières couleurs du blason de sa maison, se recouvrant de teintures de velours luxueuses bien qu’usées par le temps, les meubles de chêne massif finement décoré de bas relief évoquant quelques batailles éteintes reprenaient la place qu’ils avaient toujours eu par delà les siècles depuis la création du Château de Poudlard. Et ainsi, les lointaines conversations d’un petit groupe de Serpentard dans la salle commune des verts et argents reprenaient lentement vie, consistance et devenaient plus audibles et plus claires sous sa concentration, ranimées par les évocations du souvenir de son mental. Lui, si attendrissant avec son chaleureux regard d’un vert lumineux où brillait une force surprenante et folle, plongé dans une conversation à laquelle il ne paraissait pas pourvoir y mettre grand cœur, semblant y participer d’un air absent et détaché. Alors qu'elle le voyait esquisser un sourire timide, murmurer une réponse. Et bien que son doux visage se détendait progressivement, devenait rieur et heureux, que ses poings se décrispaient inconsciemment, bien qu’il plaisantait, réagissant aux hâbleries des autres reptiles de son éclatant rire, Pénombre ne parvenait à s’interdire de concevoir qu’il cachait le reste de ses ressentis sous un masque. Ses fines lèvres s’étiraient, prononçaient des mots qu’elle n’entendait plus, mais ses beaux yeux en restaient absents, perdus dans un univers qui n’appartenait plus qu’à lui. La demoiselle n’avait encore jamais pu lire en lui lassitude ou résignation mais elle craignait que les terribles affres de son existence ne l’entrainent bientôt dans cette sombre direction. Toute de noir vêtue, seule la petite chandelle en face d'elle qui dissipait péniblement l'encre de la nuit environnante dévoilait la présence de la sang froid aux regards d'éventuels somnambules ou insomniaques. Resserrant son épaisse écharpe noire élégament brodée de fins fils d'argent autour de la peau pâle de sa gorge, Pénombre soupira de nouveau dans l’attente de son camarade de maison car son instinct lui avait intimement commandé de quitter la quiétude de la salle commune des siens pour se rendre à cet endroit précis qu’elle occupait depuis déjà bien quarante bonnes minutes dans le fol espoir de se retrouver enfin sur sa route... _________________
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