Lenaig Creac'h Etudiant Auror 1ère Année


Age : 16 Inscrit le : 07 Juil 2008 Messages : 2
 | Sujet: Lenaig Creac'h [Auror] Lun 7 Juil - 22:08:54 | |
| Nom: Creac'h
Prénom: Lenaig
Age: 18 ans
Notes aux BUSES:
- Défense contre les Forces du Mal: O - Potions: EE - Sortilèges et Enchantements: EE - Histoire de la Magie: A - Métamorphose: A - Astronomie: P - Botanique: T - Soins aux créatures magiques: A - Arithmancie: EE - Divination: P - Vol sur Balai: D - Etude des Runes: A
Notes aux ASPICS :
- Défense contre les Forces du Mal: O - Potions: EE - Sortilèges et Enchantements: EE - Histoire de la Magie: P - Métamorphose: P - Astronomie: D - Botanique: T - Soins aux créatures magiques: A - Arithmancie: EE - Etude des Runes: A
Formation souhaitée: Auror
Option(s) choisie(s): Messages codés et runes anciennes
Age en HJ: Seize depuis peu
Comment avez-vous connu le forum ? Le double-comptage prolifère :p mais sinon, tops-sites.
Lenaig porta un regard encore nuageux sur l'océan vert la séparant de son but. Malgré la température plutôt stable -même en Grande-Bretagne, le soleil peut sortir en juillet, non ?- le froid ne la lâchait pas. Le châle entourant son buste était parfois pris de sporadiques convulsions, comme si une créature aussi ésotérique qu'incontrôlable eut été dissimulée sous le tissu, guettant le moment d'infime relâchement propice à sa fuite. La jeune femme maudit sa faiblesse, sa démarche incertaine et par trop saccadée; une mamie de tout juste dix-huit ans, voilà ce qu'elle était.. Heureusement qu'une volonté sans limites contrebalançait cette santé précaire. Sans limites, oui. Elle relâcha son tronc frissonnant et ses yeux, errant toujours sur la mer infranchissable, se firent plus vagues encore. Un mois déjà et le tissu diaphane exhalait encore l'odeur d'Eloan.. un sourire pour ajouter au ridicule mélodrame de ses pensées, une dose d'ironie interne pour tout remettre en ordre et en avant marche.
" Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir"
Aux vers de Baudelaire dans la brise de fin d'après-midi, la nonchalance invétérée de Lena reprit vite le dessus et elle put s'enivrer de son propre murmure, entraînant jusqu'à l'impavide écoulement de verdure dans les fastes du silence. L'étudiante crut même apercevoir le halo doré du soleil, le céruléen du ciel, le turquoise de l'herbe. A moins que ce ne fut kaki ? Tant de mots sans sens et sans doute surfaits. Même la vision infinie du parc au quasi-crépuscule ne rivaliserait jamais avec quelques rimes.
"Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir Valse mélancolique et langoureux vertige"
Oui, les sons et les parfums tournaient dans l'air du soir et insufflaient à la rouquine tout ce qu'il fallait d'énergie pour tenir debout. L'envie lui prit de glisser la main dans son sac pour saisir une plume, se laisser rouler au sol et graver dans la terre des mots balbutiants, primesautiers, vains, en un seul accord. Ou de sortir son instrument et le faire vibrer en un chant sans notes, d'un doux cynisme. Mesurant le ridicule naïf de ces pulsions, elle promena une main distraite dans le feu -gris, uniformément gris- de ses cheveux et se contenta de travailler mentalement son accent anglais. Sept ans passés à Poudlard et toujours du français à la bouche, du français aussi naturel et spontané que ses instants d'égarement. Et du Verlaine, du Rimbaud, de l'Appollinaire, des références moldues -les sorciers étaient si peu doués en poésie- peu britanniques. Ce britannique dont elle saisissait mal la beauté des rimes et autres assonnances. Et pourtant..
"Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige"
La jeune femme se détourna et fixa le portail -franchi depuis cinq bonnes minutes- droit dans les yeux, ou du moins autant qu'il est possible d'appliquer cette expression à une large grille noire et fer. Ou brune et fer ? Métallique. Le très relatif bon sens détenu par Lenaig la pressait d'avancer avant que le soir ne tombe, pour ne pas risquer de se perdre de retour à Dublin. On disait que transplaner dans ou vers l'obscurité n'était pas toujours un exercice simple, sinon plaisant.. que cet état de fait s'avère fidèle ou non à la réalité, elle avait conscience que le cheminement sous la pâle lumière électrique, lui, ne serait certainement pas une partie de plaisir. Et la grand'mère râlerait, partagerait un soliloque entre mangemorts, parents et respect posthume. Puis elle enchaînerait sur d'autres sujets moins aisés à subir l'homélie en hochant simplement la tête, elle enverrait des éclairs factices de ses yeux délavés de pluie -heureusement que cette vieille chouette chenue n'avait jamais présenté le moindre don pour la sorcellerie, sinon..- et marmonnerait sur l'adultère, la morale.. Lenaig se mordrait les lèvres pour ne pas que sa défiance éclate, pour que jamais la vieille femme n'ait la certitude absolue que sa petite-fille n'éprouvait pas le moindre début de commencement de honte, au contraire.
"Valse mélancolique et langoureux vertige Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir"
Elle était partie, la brune Eloan, elle avait sombré en s'arrachant aux écueils de sa vésanie profonde. Vivante ou non, cela ne revêtait plus d'importance: d'un point de vue humain, elle n'existait plus. Elle était partie par la mer ou la brise et Lena revoyait encore son visage renfermé parsemé de taches de sons, son corps souple aigri d'abhorration et l'aigue-marine inexplicablement sauvage de son regard. Restait des réminiscences quant au grain de sa peau, quant à ses gestes brusques et ses lèvres exsangues. Elle était partie, la brune asociale, l'autiste, la muette, l'inadaptée. Et si la rousse l'évoquait, c'était pour mieux l'oublier. Pas de regrets, non. Pas de déchirement face à son absence -quelle absence pouvait la troubler ?- Juste une espèce d'ironie mélancolique qui exigeait le prix de l'encre.
"Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir"
La violente caresse d'un rayon de soleil -et dont la brûlure lui parut un instant intolérable- vint brunir sa peau et elle reprit pied avec la réalité, refrénant un ricanement sardonique: si ce n'était pas un comble, elle, remâcher le passé au son aigre-doux des vers de Baudelaire ! Que de pathétique. Elle finit mentalement la strophe, histoire de ne pas la laisser inachevée ("Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir- Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige"), sourit à nouveau en prenant conscience d'avoir écarté sciemment la dernière strophe puis, cherchant en son ombre un vêtement dépassant, un épi dans la coiffure, elle fit un premier pas puis traversa en conquérante la pelouse impeccablement taillée. Evidemment, l'océan grisâtre minait sa tranquillité, mais puisqu'aucune raison ne..
- Et bien ! J'allais partir. Dépêchez-vous un peu, je n'ai pas toute la nuit. Vous croyez que poireauter à l'entrée concrétisera votre inscription? Parce que c'est bien pour ça que vous venez, non? Ces jeunes, toujours plein d'illusio..enfin bref. Votre dossier, vite !
Etrangement, les cheveux gris -un gris véritable, cette fois; à moins qu'ils ne fussent teints?- de la mégère rappelèrent à Lenaig une mère -puis un père, c'est tout dire- qu'elle n'avait pas connus. Peut-être parce que la vieille représentait le dernier obstacle avant l'admission à la célèbre UMA, peut-être parce que, même s'ils n'avaient jamais vécu dans l'optique de leur fille, c'était par leur faute en un certain sens qu'elle deviendrait auror. Enfin.. si Cerbère daignait façonner une expression autre que le medley maussade/méfiante, ou du moins tarir un peu le flot de ses remarques rassurantes.
La secrétaire -gardienne serait un mot plus approprié- sonda son interlocutrice d'un regard plus perçant que ceux de toutes les vieilles chouettes du monde, l'examina sous toutes les coutures avec une impolitesse notoire, parut même la renifler. Apparemment, ce qu'elle voyait ne lui plaisait guère: une jeune étudiante majeure depuis sans doute un an -bien qu'en paraissant facilement deux de moins- aux cheveux mi-longs désordonnés jusqu'à la couleur, un visage taillé pour afficher sempiternellement cette expression de légère ironie pédante si agaçante chez les gamins, un sac en cuir noir servant apparemment d'écrin à un instrument quelconque et surtout, une tenue de hippie choisie sans doute pour la largeur de ses tissus qui cachaient maladroitement..
- Non mais dites-donc ! Vous tenez encore debout ? Ce n'est pas Saint-Mangouste, ici, enchérit la matrone d'un ton choqué dissimulant mal sa satisfaction d'avoir découvert une quelconque indécence propice à un aller direct pour le trottoir londonien.
La jeune femme serra les dents aussi imperceptiblement que possible à la mention de l'hôpital. Ce fut néammoins sans parvenir à feindre totalement l'humilité qu'elle répliqua:
- Saint-Mangouste se passera de moi. Je vais très bien et vais profiter de l'été pour retrouver une silhouette plus.. conséquente. Ne vous inquiétez pas de ça, cela n'entre d'ailleurs pas dans vos attributions, sauf votre respect.
Habituée à subir à longueur de journées les réparties plus ou moins agressives des nouvelles recrues, la femme ne se troubla pas et répondit à son tour:
- Il y a certaines règles de savoir-vivre dans tout lieu communautaire, à commencer par l'apparence. Votre état actuel risquerait de perturber, aussi je suis au regret de vous signifier que ce genre de remarques entre parfaitement dans le cadre de mon travail.
Souriant sans joie en songeant aux réactions qu'Eloan aurait pu avoir au seul mot "savoir-vivre", Lenaig haussa doucement les épaules et lui tendit une liasse de papiers, trop lentement cependant aux yeux de la chienne de garde pressée qui les lui arracha des mains avec une moue mauvaise. Elle parcourut le dossier avec la célérité d'une habituée, marqua à peine un ralentissement sur les notes de buses et d'aspics et brandit soudainement un index triomphant sur des caractères trop petits pour que l'aspirante étudiante les vît.
- Vous avez un sacré toupet, tout de même ! Débarquer ici avec votre aspect de squelette, ça passait déjà juste mais qu'est-ce que je vois, maintenant ? "Atteinte de cécité"? Mais ma pauvre, ce n'est pas St Mangouste qu'il vous faut, c'est un recyclement en inferi.
La rouquine se sentit pénétrée d'une colère aussi désagréable qu'inattendue, pas contre les mesquineries de l'intendante -qui ne faisaient qu'exprimer la vérité, après tout- mais contre son vieil harfang des neiges personnel appelé plus communément Stennen Creac'h, à savoir sa chère grand'môman. Cette vieille cracmol avait osé mettre son sale nez pointu dans ses fiches d'inscription ! Ah, elle reconnaissait bien ici la détestable pugnacité de sa tutrice. Décidée à ne pas aller dans le sens de l'insipide ancêtre en perdant le contrôle, Lena contra tout refus possible à coups d'arguments efficients:
- Cécité est un bien grand mot, et il englobe plusieurs extrêmes. Je ne vois pas les couleurs et un noir et blanc sans précision. Mais le sortilège d'Avriantin -vous devez connaître, le sortilège dit "de loupe"- me permet de travailler normalement à l'écrit. Et puis, vous voyez bien que mon cursus scolaire ne mentionne aucun problèmes.. j'ai réussi mes aspics avec succès, vérifiez vous même.
Constatant le scepticisme déçu de la femme, la bretonne se pencha sur le bureau et marmonna un machinal "Lupios". Dans le halo bleuâtre -grisâtre- dispensé par la baguette de bois sombre, les mots apparaissaient agrandis et l'irascible Cerbère interrompit la postulante avec humeur lorsque celle-ci commença à lui lire du ton le plus ennuyeux possible une note de service.
- C'est bon, c'est bon, vous êtes prise. Mais gagnez du poids avant la rentrée ou je ferai pression sur le directeur s'il le faut pour qu'on vous refuse. Il y a des limites, tout de même..
Se cachant son propre soulagement, Lenaig eut une inclinaison du chef faussement joyeuse et, mûe par une soudaine inspiration, déclama:
- "J'ai embrassé l'aube d'été. Rien ne bougeait encore au front des palais.. "
La gardienne de l'université coupa son élan lyrique en claquant la porte puis, alors que la nouvelle étudiante s'éloignait, encadra sa large silhouette sur le seuil et cria:
- Et votre orientation, petite impudente ?
L'ancienne serdaigle se retourna, laissa tomber son châle par pure provocation et, les mains en porte-voix, hurla de toute la force de ses poumons:
- Auror !
Et de partir d'un rire dérangeant, secrètement ravie du caractère irréversible de l'inscription et de la lassitude de la pauvre femme. La pauvre femme en question baissa le volet d'un geste aussi brutal que son caractère, soupira et se pencha pour ajouter les cinq petites lettres au bulletin. Ces jeunes, tous fous. Et ils croyaient pouvoir encore l'étonner.. oh, elle en avait vu et était toujours là.
Dublin. Lenaig traînait sa silhouette étique dans le crépuscule, se demandait si, de profil, elle disparaîtrait. Peut-être trouverait-elle alors un ailleurs d'éther ou croiser une dernière fois le regard insane d'Eloan ? Elle sourit sans joie, parce qu'elle aimait ce plissement ironique qui éclairait jusqu'à ses joues d'une vague lueur fallacieuse. Effleura inconsciemment ses lèvres pour tenter de recréer la sensation de l'autre bouche serrée qui les avait pressées. Puis la pensée du succès de son inscription à l'université de magie avancée oblitéra le reste, et elle glissa le long d'un mur tavelé, dans une rue vide d'âmes et emplie de pluie. Auror.. sans qu'elle sut comment, la flûte se retrouva entre ses doigts et elle en caressa le pavillon sans oser en sortit un son. Inutile. Et comme "le soleil en son sang semblait s'être figé", elle se releva brusquement et regagna son appartemment à tâtons. Elle était étudiante, elle serait auror ou mangemort. Ou pas. Lors, même une vieille chouette variqueuse et ses hululements ne pourraient la sortir de sa félicité toujours cynique.
[Je m'excuse du peu d'originalité.. ça viendra au fur et à mesure >< Ah, et puis j'aimerais savoir si l'histoire du "sortilège d'Avriantin" pose un problème. C'est venu comme ça parce que je ne connaissais pas d'équivalent ] |
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