-Nom: Deschain
-Prénom: Seth
-Age en Hj: 16 ans
-Age du personnage: 11 ans
-Comment avez vous connus le forum: Par hasard
«Savoir, penser, rêver. Tout est là.»
[Victor Hugo]
« Le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres. »
[Aristote]
«Tout homme rêve d’être Dieu.»
[André Malraux]
Les nuages passaient dans le ciel et Seth les observaient avec une étincelle de lassitude dans le regard, à travers la vitre du taxi. Ce taxi se dirigeait vers la célèbre gare londonienne de King’s Cross, circulant avec fluidité dans la ville en cette heure matinale.
Au volant de ce taxi, un vieux barbu rabougris aux yeux ternes et fatigués, arrivant vers la fin de sa vie. Seth malgré ses onze fébriles années, parvenait à percevoir cela et en tirer des conséquences personnelles. Il ne désirait pas avoir ce regard d’outre-tombe quand il aurait cet âge, ce regard de résignation totale. Il voulait être comme ces nuages, toujours maître de ses mouvements, toujours libre simplement.
A l’avant, Roland son père, l’observait d’un air bienveillant. Seth songea qu’il aimait vraiment son père et que c’était réciproque. Il songea également que la rupture allait être douloureuse mais nécessaire. Sa mère avait quitté le cocon familial voilà des années maintenant. Plus loin que ne pouvait se remémorer Seth. Elle n’avait pas daigné donner de nouvelles à son fils depuis son départ, comme si elle avait tiré un trait sur son ancienne vie… parfois Seth se demandait pourquoi elle avait fait cela. Peut-être parce qu’elle n’avait pas de pouvoir magique et qu’elle n’avait pas réussi à assimiler la franchise de son père qui lui avait tout avoué à la naissance de Seth. Oui, peut-être.
Son père l’avait élevé seul depuis. Avec autant d’amour que possible. Il s’était remarié avec une autre femme que le petit garçon aimait bien, malgré le fait qu’elle ne soit pas sa mère biologique. Elle était sorcière elle aussi, et elle avait su lui donner l’amour qu’il lui manquait et comblé peut-être, le fossé que ce départ avait créé…
-Messieurs, nous sommes arrivés à la gare de Kings Cross.
Le chauffeur venait d’interrompre le cours de ses pensées et Seth sourit chaleureusement au vieux bougre, tandis que Roland serra la main de l’homme tout en lui donnant l’argent qu’il lui devait pour le voyage. Seth sortit de la voiture, et observa son reflet dans la vitre crasseuse du taxi. Il était brun aux yeux noisette légèrement en amandes. Ses cheveux mi-longs semblaient flotter dans le vent d’automne et lui donnaient, songea-t-il avec ironie, un petit air mélancolique. Il n’était pas bien grand, ni bien gros, mais sans être lilliputien ou maigre. Cependant ses qualités intellectuelles et son courage valaient bien son physique fluet non ? C’était ce que lui répété sans arrêt son père.
Détournant son regard de la vitre, Seth soupira avant de sourire légèrement. Il aimait bien sa vie. Son regard se braqua alors sur son père qui était en train de sortir les deux valises du coffre. C’était le portrait craché de Seth, une barbe de quelques jours lui mangeant le visage en plus. C’était un Auror pour le compte du ministère de la magie. Il travaillait beaucoup mais il avait toujours été là pour le jeune garçon. Son sourire s’élargit quelque peu lorsque son père lui fit signe d’avancer vers l’entrée de la gare, un grand sourire aux lèvres dans son accoutrement de non-sorcier (il n’aimait pas vraiment dire Moldus, il trouvait cela péjoratif au plus haut point).
Il jeta un dernier coup d’œil aux nuages, avant de soupirer et d’emboiter le pas à son père en éclatant de rire.
***
Un brouhaha assourdissant leur parvint à son père et à lui lorsqu’ils pénétrèrent dans la gare. Brouhaha parfaitement normal si l’on considérait le fait que l’ont été le premier septembre et que le premier septembre était le jour où bon nombre de famille londonienne Moldue envoyer leur enfant dans des écoles privées aux quatre coins de l’Angleterre, tandis que lui prenait la direction de Poudlard pour maîtriser la magie. Après tout pourquoi pas ?
Son père prit un chariot avant de mettre à l’intérieur les deux valises de Seth. Le jeune garçon suivit son père qui le guida à travers la gare avant de lui demander :
-Papa… où est le quai 9¾ qui été écris sur cette lettre ?
Roland sourit, ses yeux bombardiers fixant son fils, mais ne répondit rien avant de se retourner et continuer le chemin qu’il semblait suivre. Arriver devant une barrière située entre le quai neuf et le quai dix, Roland accéléra brusquement l’allure, prit la main à son fils et dans l’élan percutèrent la barrière. Percutèrent ? Non à vrai dire ils traversèrent la barrière pour se retrouver dans une gare qui n’avait rien à voir avec King’s Cross, et qui ne comportait qu’un seul et unique quai. Sur ce seul quai, une locomotive rouge vif lâchait des panaches de fumée à rythme soutenus et sur ses flancs brillaient en lettres d’or : « Poudlard Express ».
-Nous sommes arrivés mon fils.
Seth observa la scène qu’il avait sous les yeux : une multitude d’adultes, habillés en « non-sorcier » mais de façon très (très) spéciale arpentaient le quai, accompagnés d’enfants de son âge eux-mêmes accoutrés en Moldus. Beaucoup de visages juvéniles, beaucoup d’excitation. Seth malgré son stoïcisme habituel sentait poindre en lui l’excitation du départ. L’excitation de l’aventure et du rocambolesque. Détournant le regard de ce spectacle, il vit que son père ne perdait pas une miette de la délectation de son fils et éclata de rire lorsqu’il vit que celui-ci avait perçus son regard :
-Tu me rappelles moi à ton âge petit Seth.
Le jeune garçon ouvrit grand ses oreilles, car son père était assez avare en souvenir et en général il aimait bien ses anecdotes :
-L’excitation de la première année, tes premiers sorts… tes premiers amours !
Devenus rouge comme une pivoine, Seth ne sut plus quoi dire jusqu’à que son père reprennent la parole d’un ton badin, tout en lui posant une main sur les cheveux :
-Lorsque j’étais à ta place, il y a de cela pas mal d’années, je n’avais jamais autant appréhendé quelque chose. Ma répartition, mes premiers cours, mes premières retenues…
Seth éclata de rire en cœur avec son père tandis que celui-ci s’accroupit pour être à la taille approximative de son fils et de lui dire droit dans les yeux :
-Petit Seth, je n’attends rien de toi dans cette école. Je veux que tu fasses de ton mieux, même si je sais que ton mieux sera digne de figurer dans les annales de Poudlard. Regarde-moi, jamais sérieux dans mon ancienne maison de Gryffondor et je suis devenu un Auror qui passe sa vie à traquer des mages noirs…
C’était l’une des premières fois que son père lui parlait sérieusement. Il était certes un petit garçon rêveur et fainéant, mais il savait quand redevenir sérieux lorsqu’il le fallait. Il ne répliqua pas à la phrase de son père, et se contenta d’attendre une suite qui tardait à venir…
-… Seth ne passes pas ta vie à regarder le ciel et les nuages, implique toi dans celle-ci. Ne commets pas les mêmes erreurs que moi…
Roland observa lui-même à cet instant les nuages qui passaient, poussaient par le vent d’automne.
Un léger soupir. Un léger sourire. Seth observa son père avant de lui dire :
-Papa arrêtes de t’inquiéter pour moi. Je mène ma vie comme je l’entends.
Roland observa son fils avec étonnement, puis éclata de rire en lui caressant les cheveux.
-Allez-va mon fils, profites comme il se doit de cette année de cours et penses à m’écrire entre deux embrassades !
Faisant mine de le rattraper en courant sa baguette magique en l’air, Seth sourit intérieurement : avoir un père comme cela, ce n’était pas donné à tout le monde pour sur et pour dire la vérité il était assez fier de lui.
Roland revint prendre les valises de son fils, avant de les placer dans un des compartiments encore vide de la locomotive rouge. Lorsqu’il ressortit, un long sifflet suivi d’un nouveau panache de fumée signala le départ imminent du « Poudlard express ».
Le père et le fils se regardèrent une dernière fois avant de se séparer sans un mot.
Il n’y en avait pas besoin parfois pour se comprendre.
***
- Deschain Seth !
La vielle femme sèche comme un coup de pied au derrière venait de l’appeler. Comme les quelques autres avant lui. Seth ne tremblait pas. Il se devait d’être courageux pour son père qui comptait sur lui. Il était vêtus d’une robe noire tout à fait classique qu’il s’était fait taillé chez Madame Guipure, tandis que dans une poche intérieure étant rangé sa baguette [bois d’if, vingt-neuf centimètres crin de licorne, rigide et parfaite pour les sortilèges qu’il avait dit Monsieur Ollivander] qu’il serra dans sa main droite en signe de pression quelconque.
Il fallait qu’il s’approche de ce petit tabouret fait dans un bois quelconque, qu’il prenne le chapeau parlant et qu’il le pose sur sa tête en attendant qu’il détermine la maison dans laquelle il allait être envoyé pour les sept prochaines années. Tout en avançant d’un pas déterminé vers ce minuscule tabouret qui déterminerait son avenir, il jeta un rapide coup d’œil à travers le plafond de la grande salle à la recherche d’un nuage quelconque qui lui insufflerait une dose de courage. Le ciel était limpide en cette soirée d’automne. Un léger sourire aux lèvres, Seth se dit que le courage devait venir de lui et de personne d’autres ce soir. Une image de son père prit place dans son esprit, tandis que la vielle sèche posait le choixpeau sur sa tête le renfermant dans le noir total, le laissant seul avec son courage, sa détermination mais également son désarroi.