Clarisse s'absorbait dans l'observation ô combien délicieuse du veracrasse mort, un air de grande concentration sur le visage, et William, en proie à l'ennui, reprit sa plume pour orner son parchemin de quelques dessins. Il était en train de mettre la dernière main à une petite potence du plus bel effet, lorsque Trelawney surgit de nulle part pour venir commenter leur pseudo-travail. À force de ne plus la voir déambuler dans la classe, le roux avait fini par oublier sa présence, et il sursauta légèrement en entendant le bruissement de ses bracelets à breloques tout près de lui. Bon, par chance, elle n'était pas difficile et trouva que leur lecture des messages surnaturels était bonne... Il fallut à William toute sa capacité de concentration pour ne pas s'esclaffer. Voir un message des astres, dans cette bouillie nauséabonde de veracrasse... et une interprétation dans les quelques mots qu'il avait jetés au hasard sur le parchemin... Il fallait être soit très optimiste, soit complètement con, et par respect pour une enseignante, l'adolescent refusait de se prononcer. Il adressa un sourire à Clarisse à l'énoncé du verdict – douze points sans rien faire, ou presque, ça mettait tout de même de bonne humeur...
Tandis que le professeur Trelawney s'en allait voir les autres groupes, William s'étira en bâillant longuement, avant de reprendre sa passionnante activité de dessin. Un pendu orna bientôt la potence, puis une toile d'araignée vint meubler le coin supérieur droit de la feuille, puis... Puis Trelawney coupa court à cet élan créatif en annonçant le sujet du devoir. Un moment, le rouquin avait espéré y couper, mais le baba au rhum qui leur servait d'enseignante avait décidé de suivre la mode et de leur coller du boulot. Comme s'ils n'en avaient pas assez... Le garçon nota soigneusement l'énoncé dans son agenda, en songeant par avance au paquet d'âneries qu'il pourrait écrire...
Enfin, Trelawney les libéra, en demandant au passage un volontaire pour évacuer les cadavres de veracrasses. William n'avait pas la moindre idée de s'en charger, mais le hasard et la malchance firent qu'il se retrouva le dernier à sortir, alors que personne n'avait pris les cadavres... Le professeur lança un regard de remerciement au cinquième année, qui n'eut d'autre choix que de faire le tour des tables pour recueillir les bestiaux morts sur une feuille de papier.
-Au revoir professeur, marmonna-t-il en repliant la feuille avec précaution avant de s'engager dans l'échelle d'argent.
Qu'allait-il faire de ces horreurs dégoûtantes ? L'odeur aurait suffi à couper l'appétit à une armée de trolls... Tiens, et s'il allait les jeter dans une armure, juste devant le bureau de Rogue ? D'ici quelques jours, une délicieuse odeur de rat crevé emplirait tout le couloir...
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