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Drago Malefoy Elève de Serpentard 6ème année


Age : 17 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 162 Localisation : En haut de vous.
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Ven 23 Nov - 17:26:36 | |
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Ce second chapitre s'intitule :
La Deuxième Claque
...ou plutôt :
L'Autre Révélation Qui lui fit l'effet d'une deuxième claque...
~~~ Drago, excédé par l’attitude pesante de sa petite amie, crispa la mâchoire, déglutit difficilement, tentant de trouver des termes traduisant sa pensée dans un langage pas trop crus – échoua – et s’exclama :
« Bon sang Ery’ ! Tu viens de me frapper ! Comment veux-tu que je réagisse !? Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis désolé, je l’ai dit, je suis désolé ! Ça ne te suffit pas !? Madame voudrait peut-être que je me repentisse et que je m’étende pendant des heures en plates excuses !?… Alors ça …! Alors ça, non ! J’ai fait ce que j’avais à faire, maintenant c’est à toi de faire un effort de ton côté… C’est à toi de t’excuser !, finit-il en pointant d’un geste théâtral sa joue bafouée. »
À son tour sa respiration était haletante, à moitié pour ce qu’il avait laissé échapper, à moitié pour ce qu’il gardait pour lui. Même s’il avait su la doser – enfin, il avait fait ce qu’il avait pu – sa rage s’était exprimé. Il passa machinalement sa main dans ses cheveux, les ébouriffant, puis les replaçant, puis les désorganisant à nouveau, pour les remettre en place aussitôt d’un geste pressant. Son corps souffrait d’un trop plein d’énergie qu’il n’arrivait pas à canaliser dans aucune émotion. Plus de rage, plus d’effarement, plus de consternation, plus rien. Seulement cette vitalité déroutante qui l’incitait à marcher bêtement de long en large devant sa douce.
Puis, après longue réflexion, Drago aboutit à une question. Il n’y avait plus d’émotion pour l’animer, seulement ses interrogations. Il s’arrêta brusquement dans ses déplacements sans buts et pivota vers Erylis. Précautionneusement, il se rapprocha d’elle, fit mine de vouloir effleurer son bras, le caressant sans le toucher réellement, et mit un temps infini avant de finalement lever les yeux vers elle. Il était honnêtement intéressé, mais poser la question après tous ses éclats lui était malaisé. Quand il parla enfin, l’atmosphère avait beaucoup changé, sa voix s’étant résumée à un murmure. La tension dans l’air restait palpable, mais semblait se dissoudre tranquillement. Enfin, de son côté du moins…
Quand Erylis répondit, elle était toujours cassante. Lassé de l’inaltérable attitude intempestive de son interlocutrice, le garçon n’établit pas de lien immédiatement, se concentrant plus sur le ton employé que sur les mots prononcés, mais les paroles trouvèrent tout de même bien vite un sens. Bousculé, il fit un pas en arrière pour contempler la chose dans son ensemble. Si ses parents avaient été assassinés par des Aurors alors qu’ils étaient en mission…
« Ils étaient Mangemorts !? Tes parents étaient…!? Ils étaient…!?, commença-t-il à deux reprises sans pouvoir finir sa pensée. Mais enfin … pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt !? »
Telle fut la réaction modeste et subtile de Drago Malefoy à la seconde révélation intime de sa petite amie ce matin-là.
« D’abord ils sont morts, puis ils ont été tués alors qu’ils agissaient sous les ordres du Seigneur des Ténèbres ! Ensuite quoi ? Tu vas m’avouer que Fenrir Greyback est ton oncle !?! »
Sa voix se perdit dans la stupeur. D’abord la révélation avait été tout un choc, mais de plus il s’apercevait que crier de telles choses à l’intérieur de Poudlard n’était pas très – et c’était un point qu’il s’était juré d’améliorer après l’erreur qu’il avait commise plus tôt – délicat. Car, bien que les parents d'Erylis soient morts, le fait d’être associé aux partisans du plus grand mage noir de tous les temps n’était jamais très plaisant. D’un geste vif, le Vert et Argent pivota pour balayer du regard les alentours, et rassuré par l’absence d’oreilles indiscrètes, se retourna aussi prestement vers Erylis.
Plusieurs questions se bousculaient dans la tête du jeune Malefoy. Si les parents de la jeune fille soutenaient le Seigneur Noir, qu’en était-il pour elle ? Il serait difficile de croire qu’elle n’ait pas subi leur influence. À moins, évidemment, qu’ils aient été tué avant d’avoir pu l’élever ; le règne de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ayant pris fin plus de quatorze ans plus tôt, l’hypothèse était plausible. Mais qu'en était-il du reste de sa famille ? Et si elle avait quelque contacts, aussi moindres soient-ils, avec d’autres Mangemorts ? Était-elle au courant de la situation de sa famille à lui ? Même si la justice les avait épargné, plusieurs soupçons étaient répandus au sujet des Malefoy et de leur sombre passé. Seuls ceux qui portèrent un jour les cagoules des Mangemorts connaissaient la vérité. Était-il possible qu’Erylis l’ait appris ?
Il n’était jamais venu à l’idée du garçon que sa douce pouvait avoir une quelconque affinité avec les partisans du Seigneur des Ténèbres (omettant, bien sûr, ses affinités avec lui…) Un sourcil plus haut que l’autre, Drago jaugeait Erylis avec cette même attitude inquisitrice que les mystères de la jeune fille invoquaient habituellement. La révélation apportait une foule d’interrogations à sa bouche, mais il la tint parfaitement close, se contentant de les transmettre par son regard. Regard qui évoquait toutes les questions du monde. _________________
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|  | | Drago Malefoy Elève de Serpentard 6ème année


Age : 17 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 162 Localisation : En haut de vous.
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Ven 23 Nov - 17:26:55 | |
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Ce troisième chapitre (de la même matinée, rappelons-le) s'intitule :
Sincérité
...ou :
On ne comprend pas ce qu’on ressent l’un pour l’autre, mais on s’en moque.
~~~ « Tu as tout à fait raison. Nul besoin de mots. Sincèrement, je crois que si à chaque fois que te prenait l'envie de dire quelque chose, tu te taisais et m'embrassais, je m'en porterais bien mieux. Plutôt que, de dire je ne sais quelles âneries sur tes relations "chaleureuses et agréables" avec Harry Potter...
- Des âneries ?!, rétorqua la voix indignée d’Erylis. De toute façon, tu ne me crois jamais… »
La voix à la plaisanterie, Drago avait volontiers agréé à l’opinion de sa petite, qui soutenait la prédominance des gestes sur les paroles dans une relation. De cette manière détournée, il parvenait ainsi à échapper à la question trop signifiante qu’elle lui avait posée. Sans s’en apercevoir, il avait toutefois, par son sarcasme, ouvert une porte à Erylis pour une réplique sanglante. Sans hésiter, la jeune effrontée adopta un air bafoué, culpabilisant le garçon de ne "Jamais" croire ses dires. Le jeune Malefoy n’avait absolument pas vu venir cette réplique et, en l’entendant considéra sa belle sous un autre angle, en penchant légèrement la tête de côté, attendant qu’elle lâche prise. Mais elle ne démordait pas. Elle persistait, avec sa mine faussement boudeuse, dans ses insinuations plus qu’agaçantes.
Sensiblement irrité, Drago détourna la tête et se mordit subrepticement l’intérieur de la bouche pour contenir sa contrariété. Il savait bien qu’elle ne faisait que jouer avec ses nerfs, mais le fait l’énervait d’autant plus puisqu’elle y parvenait. Quand il la regarda à nouveau, un sourire mi-amusé, mi-agacé se peignit sur son visage. Après un instant d’hésitation, il la désigna clairement, les deux paumes ouvertes devant lui.
« Tu vois !? C’est exactement ce que je veux dire ! s’exclama-t-il. Sincèrement (il n’avait plus que ce mot en bouche ce matin), tu …! tu me…! »
Et il releva promptement le menton renfrogné de la jeune fille et l’embrassa avec avidité, pour lui démontrer la démarche à suivre la prochaine fois qu’elle aurait une réplique de ce genre en bouche. Il avait fortement pressé sa tête contre la sienne, expulsant son irritation par un baiser plus que goulu, et quand il se recula, un large sourire de satisfaction s’étalait sur son visage. Malgré ce baiser, la jeune fille ne put s’empêcher de le relancer, lui affirmant d’un air moqueur que sa sincérité le perdrait. Aussitôt, Drago leva un sourcil et la reluqua d’un air de défi. Si elle voulait jouer sur les mots, il allait lui montrer ce qu’il savait faire…
Sans perdre de temps, le blond la questionna à savoir si elle attendait de lui une plus grande sincérité, ce à quoi elle répondit par une réplique plus que provocatrice. C’était ce qu’il avait attendu. Le rustre Drago Malefoy – lorsque vient le temps d’étaler ses sentiment du moins, autrement il s’agit d’un prince ! – répondit affirmativement à son défi sous-entendu et adopta sur-le-champ de grands airs, mondains, artistes, mais aussi tragiques, mélancoliques et accablés, qui ne lui collaient absolument pas à la peau. D’une courtoisie empruntée, il guida sa dulcinée si évocatrice de belles paroles à travers le couloir en même temps qu’à travers ses déclarations languissantes, encouragé par le sourire grossissant de la demoiselle. Lui-même se tordait intérieurement d’oser dire de telles sornettes, mais ne s’interrompit pas, continuant jusqu’à ne plus avoir d’inspiration.
Suite à la longue tirade qu’il avait débité, le poète en devenir avait eu l’agréable surprise d’entendre sa petite amie s’esclaffer, plutôt fier de la réaction suscitée. Pourtant, en la regardant se laisser aller à un rire aussi franc, Drago se sentit un peu perdu. Lorsque lui riait, c’était toujours d’un rire malsain ou moqueur, sarcastique. Mais tranquillement, son sourire heureux se propagea sur les lèvres du garçon. Il l’examinait avec presque de l’admiration, pour le rire qu’elle avait. Un rire qui lui était inconnu. Frais et revigorant. Puis, elle évoqua l’image la plus farfelue qu’il puisse imaginer ; Crabbe et Goyle essuyant ses larmes, dans leur dortoir respectif, trois garçons unis dans le sanglots… À cette allusion, le serpentard recula à nouveau la tête pour la jauger d’un peu plus loin, les sourcils haussés signifiants explicitement l’impossibilité qu’un tel scénario se produise jamais. Il eut un faible sourire timide puis continua à la dévisager. C’était la seule réaction qu’il avait pu produire, étant étranger aux éclats de rire franc tel qu’avait démontré sa petite amie et à son humour baroque. ( Moi par contre, je me suis esclaffer ! )
Rapidement, il revint à sa tirade, la qualifiant de "Tout ce que les femmes attendent des hommes", et s’appropriant ainsi le titre "d’Homme Parfait". Lui qui s'attendait à entendre ses propos vivement démentis haussa de plus belle les sourcils alors qu'Erylis lui accordait, d'une sincérité feinte, la justesse de son affirmation. Elle allait même jusqu'à ajouter qu'elle le préférait largement ainsi. "Romantique, sincère… Le vrai Prince Charmant quoi !" Sans perdre de temps, endossant le rôle qu’on lui soumettait, Drago envoya valser dans les airs sa crinière blonde d’un geste toujours aussi théâtrale et posta ses deux mains sur ses hanches, dans une attitude de jeune premier absolument grotesque.
« Oui, c’est bien moi. Ton prince charmant, fit-il en simulant toute la prétention du monde (car Drago Malefoy était loin d’être un garçon prétentieux ). Et toi, tu es la chaste princesse qui, chaque nuit de pleine lune, se cloître dans la Cabane Hurlante, à la merci d’un monstre sanguinaire, attendant que ton prince vienne te délivrer de ta malédiction par un véritable baiser d’amour… Comme c’est… émouvant… pittoresque… Pathétique. »
Sur ce dernier mot, il abandonna ses grands airs et la regarda d’un air entendu, qui l’avisait bien que ce scénario ne leur collait pas du tout à la peau ; bien qu’elle n’ait sûrement pas eu besoin de lui pour s’en apercevoir. Amusée, la jeune fille persista dans la plaisanterie, lui intimant l’idée d’agir ainsi devant Malefoy père et mère, lors de leur prochain dîner au manoir.
« …Je suis certaine que tes parents seront ravis de voir en toi cette sensibilité nouvelle ! »
Et étonnamment, ce fut cette réplique qui le fit céder. Devant cette impossible éventualité, Drago ne put retenir l’éclat de rire franc qui retentit sans même qu’il l’ait vu venir. Autant se suicider que de montrer ses sentiments à Lucius Malefoy. Habituellement, l’allusion n’aurait pas pu lui tirer autre chose que cet arrière goût amer qu’il éprouvait quand il pensait à son père. Mais, ce matin, avec Elle, dans le contexte, Drago riait de bon cœur. Le rire mit un moment à s’estomper et ses derniers vestiges haletaient encore lorsqu’il prononça les premiers mots.
« Non, ça jamais… Qu’a… qu’avec toi… ( Ooohh !... ) D’ailleurs, reprit-il un peu plus sérieusement, si tu t’avises un jour d’ébruiter l’affaire, soit consciente que je vais devoir te tuer. »
Sur cette délicate déclaration, il lui adressa un sourire complice et replaça avec attention une mèche rebelle dans la chevelure ébène de sa petite amie. Puis, celle-ci enchaîna avec malice, décrétant que, finalement, il savait plutôt bien s’en sortir avec les mots lorsqu’il étalait ses sentiments dans de longues tirades dramatiques et émouvantes. Ce à quoi il répondit en haussant les épaules, comme pour dire : "Qu’est-ce que tu veux, c’est inné !" avec un sourire rayonnant. Décidément, Erylis était parfaite pour lui. La divine conclut sa phrase en s’excusant de ne pouvoir en dire autant et Drago hochait déjà la tête avant qu’elle ne finisse sa phrase.
« Je ne t’en veux pas…, assura-t-il. »
La petite mine déconfite qu’elle arborait était à craquer et lui avait arraché d’elle-même ses mots qu’il avait prononcé. Mais le serpentard eut tôt fait de retrouver son authenticité, son contrôle, et, rusé qu’il était, convenu qu’il pouvait facilement profiter de la situation.
« Ma joue, par contre, te garde une certaine rancune, je dois l’avouer, ajouta-t-il avec un sourire espiègle. »
Son amertume quant à la claque qu’elle lui avait décochée était tout à fait feinte, tout comme la majorité des déclarations qu’il venait d’émettre, et il ne le cacha pas. Le jeune homme espérait seulement faire naître un léger sentiment de culpabilité chez elle, afin qu’elle acquiesce plus aisément à son insinuation à venir. Car, rassasié par leur conversation, il aspirait maintenant à autre chose que leurs petits jeux de blabla…
« Si tu ne peux en faire autant avec les mots, peut-être peux-tu te soumettre aux gestes ? Je ne me rappelle plus exactement ce que tu ressens pour moi… Tu peux me rafraîchir la mémoire ? Nous avions dit "Simplement amis", ou…? »
Et il affichait un air parfaitement innocent, même si dans ses yeux brûlait un désir criant.
[Voilà ce que je propose : concluons la deuxième partie, ainsi nous pourrons élaborer davantage la première qui, à mon sens, risque de s’épaissir indéfiniment encore beaucoup. La deuxième est très amusante, mais tenir les deux en un topic devient ardu et je crois qu’on a beaucoup de choses à se dire dans la première, on tient un bon sujet. La deuxième est plus volage et innocente, on peut reprendre des conversations du genre beaucoup plus aisément. C’était seulement une très forte  suggestion, je te laisse le choix.
J’espère que ça t’a plu, À bientôt ! ] _________________
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|  | | Erylis Sayan Elève de Serpentard 5ème année


Age : 18 Inscrit le : 25 Mar 2006 Messages : 342
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Mer 28 Nov - 17:40:09 | |
| A l’annonce du décès ancien de ses parents, Erylis n’avait désiré ni pitié, ni compassion. Elle n’en avait pas pour autant souhaité l’indifférence dont son interlocuteur faisait preuve. Mais plus que de l’indifférence, il y avait en dessous de cette réaction due à son orgueil une sorte de sadisme qui, s’il n’avait pas été voulut, avait profondément blessé la Verte et Argent. Ses yeux d’abords agrandis de stupeur, puis d’effroi, s’étaient renfermés sur une lueur polaire qui laissait présager la suite. Ne comprenant pas immédiatement que c’était la nouvelle qu’il n’arrivait pas à assimiler, Erylis avait prit cette réplique plus que déplacée comme une attaque personnelle, et s’était repliée sur elle-même, ne laissant plus apparaitre que cette froide détermination qui émanait d’elle comme un aura d’avertissement. Avertissement que Drago ne comprit pas puisqu’il insista sans comprendre, répétant ses dires comme s’il ne voulait pas y croire.
Furieuse et désespérée par l’attitude bornée du garçon, elle lui avait balancé touts les synonymes qui lui étaient passés par la tête, comme si cela pouvait l’aider à comprendre. Erylis pensait bien qu’il n’ignorait pas le sens ou même l’existence du mot « mort », mais marteler ces syllabes, les débitant avec dureté et rapidité, lui avait fait du bien, comme si elle avait put cracher dans ses paroles la colère qui l’avait animé. Très légèrement calmée, la jeune fille attendait alors la réaction suivante de Drago. Allait-il enfin comprendre ou devrait-elle lui montrer le certificat de décès de ses parents pour qu’il assimile l’information ?! A peine consciente que l’orgueil blessé de Drago jouait contre sa faveur, elle attendait des excuses, les exigerait s’il le fallait. Si ce n’était pour elle, elle le les lui ferait dire pour ces parents…
Il y eut un instant de silence, calme avant la tempête, et la jeune fille se laissa alors aller à d’autres pensées que celles qui tournaient autour de l’indélicatesse du Blond. Ce décès dont elle s’était pensée affranchie résonnait encore en elle comme une douleur lointaine, certes, mais toujours présente. Ravivée par la réaction de Drago, la Verte et Argent prenait conscience que, du fait qu’elle ne se souvenait que très peu de ses parents, elle ne pouvait supporter une seule insulte envers eux, aucune réflexion déplacée qui ternirait trop facilement leur image. Elle qui avait eut l’orgueil de penser un instant qu’elle était suffisamment forte pour parler de cette épisode de sa vie sans aucune limite s’était trompée elle-même. S’était mentie.
Erylis était ensuite sortie de ses pensées, Drago reprenant la parole. Mais ce qu’il dit ne la rasséréna pas le moins du monde. Au contraire. Une colère sourde se répandait en elle comme un poison dans tout son corps. Avant qu’elle n’ait décidée de ce qu’elle allait faire, sa main s’était déjà aplatie sur la joue pâle du garçon, attirée par cette peau irrésistiblement blanche et tentante comme un aimant. Le claquement revigorant résonna un instant dans le couloir vide et silencieux, et la Verte et Argent laissa échapper un soupir comme soulagée d’avoir pu extérioriser sa colère autrement que par des mots. Les gestes étaient décidément un moyen de communication bien plus pratique… D’autant plus lorsque son interlocuteur semblait avoir autant de mal à assimiler des mots aussi simples… La fureur bouillante qui l’avait transie s’apaisait doucement, rassasiée par ce geste, et la jeune fille la laissa s’estomper complètement, l’extériorisant par des mots où le ton glacial avait laissé place à une colère à peine retenue.
Son calme à peine retrouvé, la jeune fille ne prenait réellement conscience de ce qu’elle venait faire que quelques secondes après. Les larmes de frustration qui avaient menacé de jaillir de ses yeux froids l’avaient obligé à baisser les yeux, rejetant le regard et le contact de Drago. Son corps qui s’était échauffé si farouchement lors de leur discussion lui donnait l’impression de s’être subitement glacé. Cette impression fut nettement amplifiée alors que la voix du garçon résonna dans le couloir, sur un ton d’agressivité menaçante. Il lui intima l’ordre de le regarder, et Erylis releva ses yeux sombres pour les planter dans ceux du garçon dans un air de défi qui le menaçait clairement de lui reprocher quoique ce soit. Qu’il essaye seulement de lui dire quoique ce soit, et sa main serait fortement tentée de s’écraser sur son autre joue pâle….
Leurs regards se rencontrèrent alors. Elle y lut l’agressivité, l’orgueil blessé, et elle sentit l’introspection qu’il fit dans le sien. S’y pliant avec défi, elle soutenait les yeux argentés du garçon qui cherchaient elle ne savait quoi dans ses prunelles si expressives. Malgré toute cette colère et cette rancœur sourde qui grésillait encore en elle, retrouver cette lueur familière la calma, anesthésiant la brulure de leur dispute, lui faisant doucement oublier ses paroles déplacées. Drago sembla lui aussi se détendre, imperceptiblement, et si elle ne pouvait le lire sur son corps et son visage, elle le comprenait dans son regard. Il chercha à dire quelque chose, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson hors de son bocal, puis finit par prononcer les seuls mots qu’elle avait attendus, puis espérés de sa part. Pourtant, indomptablement têtue, elle ne put faire comme si rien de tout cela ne s’était passé, et s’était alors contentée d’hausser les épaules.
Sa réaction ne contenta pas le Blond qui soupira et prit la parole, sur un ton qui n’avait plus rien de cette abnégation furtive qu’elle avait pu entrevoir quelques instants plus tôt. Erylis ne pouvait se mentir, il fallait avouer qu’elle ne faisait que très peu d’effort envers le Vert et Argent, qui s’était, après tout, à demi-excusé, ce qui équivalait, pour un Malefoy, à des excuses normales. Drago s’exclama alors sur son manque de coopération, insinuant qu’elle lui devait tout autant des excuses pour la baffe qu’elle avait osé lui donner, son ton rageur résonnant dans le couloir. A cette injonction, la jeune fille poussa un soupir de colère, pinça les lèvres.
Elle ne souhaitait pas s’excuser, n’en avait aucune raison. Cette claque était, de son point de vue, tout à fait méritée. Quelles excuses lui devait-elle alors ? La jeune fille sans répondre trouva sa répartie dans un mutisme buté, regardant le Blond marcher de long en large, se décoiffant et coiffant au grès de ses allers-retours. Au bout d’un moment, il arrêta de tourner en rond pour lui faire à nouveau face et lui posa une nouvelle question concernant la mort de ses parents. Ce fut d’un ton bougon, presque boudeur qu’elle lui avoua sans réfléchir la cause du décès, sans penser un instant aux conséquences. La surprise de Drago lui fit comprendre l’ampleur de ce qu’elle venait de dire, et ne put, comme défense, que se contenter d’hausser les épaules vaguement. Décidément, c’était le matin des annonces surprenantes et parentales…. Drago semblait avoir à nouveau du mal à assimiler l’information et s’indigna du fait qu’il ne l’ait pas su avant. Fasse à cette accusation, Erylis haussa de nouveau les épaule dans un geste vague, minimisant son aveu.
« … Pas pensé… »Commença-t-elle, comme toute excuse minable. Et puis, comme elle ne trouvait aucune autre raison de lui avoir caché le passe temps de ses parents, elle chercha à se défendre. « Ce n’est, de toute façon, pas un loisir que l’on crie sous tous les toits…. Et puis, qu’est-ce que ça pouvait bien te faire qu’ils soient mangemorts ou aurors ? M’en aurais-tu aimé plus dans un cas que l’autre ? »
La meilleure défense, c’est l’attaque… Erylis n’attendait pas vraiment de réponse de la part du Blond à sa dernière question, ne s’en étant servie que pour détourner la conversation de son mutisme inexplicable. L’indignation de Drago et le choc qu’avait pu provoquer en lui cette révélation le poussa à crier ces derniers mots dans le couloir, l’accusant d’avoir comme oncle Fenrir Greyback. Ce nom la fit frémir, elle ne le connaissait que trop bien. Ses faits et crimes étaient maintenant connus de tous, lui accordant cette renommée terrifiante. Ce lycanthrope, les nuits de pleines lunes, se plaçaient délibérément près de ses cibles, moldues ou sorcières, et attendait de se transformer pour pouvoir se donner à cœur joie dans un carnage sanglant. Non content d’injecter par sa morsure une malédiction dont ses victimes ne pourraient jamais se débarrasser, c’était le plus souvent des cadavres déchiquetés que l’on retrouvait derrière son passage, telle une signature.
« Merlin merci, je n’ai jamais rencontré cet… ce personnage. Et n’ai heureusement aucun lien de parenté avec lui. »Murmura-t-elle.
Incapable de l’appeler homme ou animal, la jeune fille avait hésité avant de le nommer. Nerveusement, elle se mordillait une fois de plus la lèvre inférieure, et ses yeux rencontrèrent à nouveau celui du jeune homme, argenté. Elle dissimula la peur que ce seul nom pouvait engendrer en elle, ce dégout imprononçable. Certains ne pouvaient supporter le nom du Sorcier Noir, elle ne pouvait entendre sans frissonner celui de ce loup-garou. La peur de pouvoir lui ressembler un jour l’étreignait depuis qu’elle en avait entendu parler, quelques mois après la nuit de sa morsure. Enfant, combien de rêves avait-elle fait, s’imaginant transformée et la bouche ensanglantée du sang de ses victimes ? Un nouveau frisson lui parcourut l’échine, traversant son dos, et Erylis relégua avec peine ses sombres pensées.
Drago, penseur, n’avait rien ajouté, et la jeune fille se demanda à quoi il pensait. Etait-il choqué par ce qu’avaient fait ses parents ? Cela aurait été bien compréhensible, mais elle connaissait aussi sa haine pour les moldus. Elle étudia un instant son visage, alors que les yeux argentés du Blonds, inquisiteurs, semblaient lui poser mille et une questions dont elle ne connaissait pas le sens. Incapable de savoir ce qu’il souhaitait exactement, ignorant tout des pensées et réflexions qui l’agitaient, Erylis ne trouva comme solution que celle de lui raconter quand et comment ses parents étaient morts. Et si cela n’apaiserait sans doute en rien les interrogations du Vert et Argent, son récit l’inciterait peut-être à lui demander ce qui le tracassait.
« Mes parents sont morts lorsque j’avais 8 ans. Ils étaient partis, une fois de plus, tout un weekend pour ce qu’ils appelaient être de grandes retrouvailles. Retrouvailles qui, le temps passant, s’accentuaient de plus en plus. Je n’étais pas complètement dupe, je savais qu’il y avait quelque chose de plus qu’une réunion de grands amis derrière ces absences, sans jamais me douter de ce qu’ils y faisaient réellement. Quand bien même je l’aurais su, je ne crois pas que je leur en aurais voulu... Ils étaient mes parents, tout ce qu’ils faisaient me paraissait juste. Ce qu’ils me disaient aussi. »
Sa voix était devenue pensive et lointaine, son regard vague s’était fixé à un tableau animé sans vraiment le voir. Elle s’était tue, un court instant, avant de finir son récit.
« Ce weekend là, il s’en revinrent jamais. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Quelque chose a mal tourné, ils sont tombés sur des aurors…. Je me suis toujours demandée s’il croyait au retour possible du Mage Noir ou s’ils avaient tout simplement continué pour leur plaisir…. »Acheva-t-elle en grimaçant.
La jeune fille releva les yeux vers Drago, attendant, s’il le voulait, qu’il pose ses questions. En vérité, Erylis ignorait tout de la condition de mangemorts des parents Malefoy, et ses parents n’avaient jamais évoqué une seule identité devant elle ou sa sœur. Il ne s’agissait pas là de méfiance mais lorsqu’on à 8 ans, un nom est si vite échappé… La Verte et Argent se demandait alors si la réaction surprise du beau Blond était due à du dégout ou simplement à de la surprise. Le mordillement qu’exerçaient ses dents sur sa lèvre inférieur prouvait encore une fois que la réponse lui importait plus qu’elle n’aurait voulu le montrer.
[Concluons, concluons… ]
Réaffirmant que le Survivant et elle vivaient des relations qui déplaisaient fortement au Vert et Argent, la demoiselle avait rouvert les hostilités sur un terrain dangereusement miné. Elle vit, à son grand plaisir, que Drago mordait une fois de plus à sa plaisanterie qu’il jugeait, elle le savait, de mauvais goût. Un petit moment, leurs regards s’affrontèrent, dans un combat silencieux, puis ce fut le jeune homme qui reprit la parole, s’exclamant à nouveau avec une certaine contrariété. Le résultat de cet affrontement se termina par baiser passionné auquel la jeune fille avait répondu sans se faire prier, profitant pleinement de cet instant. Puis, alors qu’ils éloignaient leurs lèvres, la jeune fille ne put s’empêcher d’ajouter quelques mots, une fois de plus.
« Je vais finir par croire que l’évocation de Potter a une très bonne influence sur ton comportement…. »
Un fin sourire angélique acheva sa remarque, avant qu’ils ne continuent à jouer sur la sincérité du Blond qui lui fit une déclaration plus amusante qu’émouvante dont le ton contrastait fortement avec ce qu’elle connaissait de lui. Cela l’avait fait rire et, sans chercher à le retenir, son rire avait envahi le couloir, frais et ravi. Un fin sourire s’afficha sur le visage du garçon, et ils continuèrent à deviser, le Blond affirmant être le Prince Charmant par excellence, surtout pour elle. Il lui décrit la situation d’une façon romantique, pour la finir sur un « pathétique » très à propos qui lui tira un sourire rieur. Erylis avait alors affirmé que cette sensibilité nouvelle toucherait certainement les parents Malefoy et sa réplique lança le rire du jeune homme.
Ce rire qu’elle n’avait jamais entendu lui tira un frisson qui parcourut son dos, et elle observa avec un sourire à la fois amusé et amoureux Drago qui se laissait complètement aller devant elle. C’était un plaisir nouveau, une découverte de le voir et le sentir si ouvert, si libre, sans plus aucune trace de cette couche d’orgueil et d’indifférence qu’il portait habituellement comme une carapace. Il fallut quelques instants au Vert et Argent pour se remettre de son hilarité, et il lui avoua ne pouvoir faire cela qu’avec elle, ajoutant tout de suite après qu’il serait évidement obligé de la tuer si elle avait la mauvaise idée de dévoiler un peu de cette scène à qui que ce soit. La jeune fille haussa alors un sourcil, amusée, et répliqua.
« Quel dommage… Je suis certaine que Griffondors comme Serpentard auraient été très amusés de cette facette de ta personnalité… »
Alors qu’elle s’excusait de ne pouvoir rivaliser avec sa performance romantique, il lui dit ne pas lui en vouloir, avant de parler à nouveau de sa joue meurtrie. La jeune fille haussa les yeux au ciel, soupira, sans réussir à cacher son amusement. Sa main caressa doucement la joue blanche qu’elle avait frappée peu avant, et y plaça ensuite un baiser.
« Bisous magique ! Je ne t’imaginais pas si délicat. »Se moqua-t-elle.
Le jeune homme lui demanda ensuite de lui rappeler, par gestes cette fois, ce qu’ils avaient décidé sur leur relation. Un fin sourire espiègle, pourtant étouffé par un désir flamboyant, réapparut sur son visage, et, innocemment, la jeune fille hocha la tête dans un signe de négation.
« On avait dit simplement amis non ? Tu comprends, il y a Harry… »
La jeune fille plaqua ensuite ses lèvres sur celles du Blond, l’empêchant de répliquer ou d’aller étrangler le Survivant ( qui ne le serait donc plus… ), dans un baiser tout aussi passionné que les précédants. _________________
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|  | | Drago Malefoy Elève de Serpentard 6ème année


Age : 17 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 162 Localisation : En haut de vous.
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Mar 18 Déc - 8:36:32 | |
| Défi du jour : Narreu, s’empierger, s’entrucher, être ratin, pignouf.
[Regardez le maître à l’œuvre... Il apprend, puis il applique les acquis. ]
Un court instant, il avait semblé que les deux adolescents allaient se calmer. Comme tant de fois auparavant, leurs regards avaient plongé l’un dans l’autre, à la recherche de cet apaisement unique qui, d’usage, les raccordait. Erylis venait tout juste de porter un coup brutal, pas tant à la joue qu’à l’orgueil de Drago, et celui-ci se soumettait à tous les efforts que sa bonne volonté lui exigeait pour ne pas se laisser consumer par sa rage grésillante. Pourtant, malgré ses attentions à la réconciliation, le garçon ne put contenir plus longtemps les ardeurs violentes qui s’exhaussaient dans sa poitrine lorsque son interlocutrice gratifia ses excuses d’un haussement d’épaule évasif. Partagé entre l’exaspération et la colère, le blond s’emporta et vociféra ses reproches à sa compagne en des propos... d’une affabilité déficiente. Il apparut que lui larguer un flot (qui n’a aucun lien avec de l’eau, encore une fois, ni avec un enfant …) d’accusations n’attendrit pas Erylis. Le grief désespéré du garçon se contenta de lui extirper un soupir, puis elle garda la bouche résolument close, malgré les excuses qu’il revendiquait. Drago la dévisagea un bref moment, mais, conscient que rien ne servait de persister dans cette voie avec une mule pareille ( ), il se détourna d’elle et s’appliqua à effectuer les cents pas de long en large du couloir. D’accord, il avait commis une légère erreur…, mais est-ce qu’une simple méprise méritait une telle riposte ? Une baffe pour une gaffe ? ( ) Le jeune homme délaissait donc sa petite amie pour cette raison puérile : se questionner à savoir à qui devait être attribuée la faute. Malheureusement, du à son éducation d’une optique plutôt individualiste, la faute revenait toujours invariablement à l’Autre. Ces valeurs égocentriques qu’on lui avait inculquées ne faisaient certes pas excellente figure dans une relation de couple, mais, pour n’avoir jamais envisagé être dans le tort, s’en départir lui était ardu.
Après maints et maints allé-retour, après tout autant de réflexions et après une seule, mais solide, impasse dans la conclusion, le garçon consentit à s’arrêter. Les deux jeune gens avaient dépassé les bornes, rien n’aboutirait au fait de trouver un coupable. D’autant plus que, même s’il s’entêtait à l’ignorer, il savait pertinemment que sa réaction déplacée constituait la cause de leur dispute. Et de l’acte inacceptable d’Erylis. Inacceptable, mais en quelque sorte mérité, de par les propos tout aussi inacceptables qu’il avait tenu... L’impasse se caractérisait donc par l’impossibilité qu’il avait à admettre son tort. Ainsi, le serpentard convenu qu’il était préférable de s’attarder sur la révélation macabre qu’il venait de se voir confier que sur le conflit insoluble. Car il n’en restait pas moins que cette confidence soulevait elle aussi son lot de questions.
Drago avait donc cessé ses déambulations dérisoires pour se concentrer sur ce souvenir qui semblait hanter la jeune fille. Sa première question, il la posa dans un malaise apparent. Jamais il n’avait géré une discussion d’une telle profondeur, d’une telle délicatesse dans les sentiments, mais, bien qu’il soit dépaysé, il souhaitait ardemment comprendre. Toutefois, lui qui croyait être en mesure de concevoir la chose à sa réponse, n’en fut que davantage déboussolé. À travers les dires de la lycanthrope perçait la silhouette nébuleuse d’une insinuation. Involontaire, mais qui n’échappa pas à Drago. Toujours aussi perspicace et vif d’esprit ! Des parents morts, c’était une chose. Des parents assassinés, c’en était une autre, totalement différente. Mais, des parents tués-par-des-aurors-au-cours-d’une-mission-!, c’était carrément l’apothéose de ce qu’elle aurait pu lui révéler de plus troublant !
En entendant les mots, le jeune Malefoy faillit s’entrucher ( Tadaa ! ), incapable d’avaler l’information. Il fit quelques pas en arrière, comme poussé par le poids de cette déclaration qu’elle lui avait catapulté sans considération, et la dévisagea impunément d’un air abasourdi. La fin du monde semblait s’abattre sur les épaules du jeune homme et, dans un élan de consternation infondée, il affligea sa compagne d’un blâme oiseux. Des mangemorts !! Pourquoi ne lui avait-elle pas dit plus tôt ? Ce n’était pas le genre de chose à cacher ! Des mangemorts !… En fait, en y réfléchissant, il aurait apparu de manière évidente que c’était précisément le genre de chose à cacher. Quiconque dévoilant détenir une quelconque affinité avec les partisans du sorcier qui amena tant de mal sur ce monde en subissait inéluctablement les conséquences. Le regard des autres changeait ; certains les craignaient, d’autres les dédaignaient, d’autres les haïssaient... Et considérant les persécutions auxquelles s’exposait déjà Erylis quant à sa condition de lycanthrope, il devenait tout à fait justifié qu’elle ait pu désiré garder tabou cette information. Cependant, Drago n’était pas en état de se porter ses réflexions logiques : il s’indignait, fustigeait.
Aussi, il ne l’entendit presque pas lorsqu’elle répliqua. La voix d’Erylis s’était faite très discrète alors qu’elle bredouillait l’excuse la plus sotte simple qu’on pouvait imaginer. Drago, de son côté, s’était remis en marche de plus belle, tentant d’évacuer la tension qui l’animait, et n'y prêta pas attention. Erylis parla encore, mais ce qu’elle disait le laissait indifférent ; lui voulait parler de la mort de ses parents. Ainsi il enchaîna, répétant ce qu’elle venait de lui annoncer d’un ton injustement contrarié, comme s’il croyait qu’elle essayait de se moquer de lui. Morts, puis tués par des aurors alors qu’ils étaient en mission... C’était deux choses totalement différentes... La deuxième excessivement plus dramatique et significative que la première. Éclatant, il alla même jusqu’à lui suggérer lui-même une nouvelle révélation de circonstance. Effectivement, partie sur sa lancée qu’elle était, pourquoi ne pas lui annoncer que Fenrir Greyback, le pire des tueurs en série, sanglant et cruel, ni homme ni bête, que ce monstre était son oncle ? Pour compléter le merveilleux tableau familial !...
Sa remarque relevait bien sûr de l’ironie, mais Erylis sembla interpréter l’évocation du loup-garou comme quelque chose de beaucoup plus sérieux. Ce genre de chose dont on sent qu’il faut tenir sous silence avec une personne. Un peu comme plaisanter à propos de Potter en présence de Drago… ( ) Toutefois, comme il fallait s’en douter, le garçon ne réalisa pas la réaction qu’avait provoqué son impertinence, trop exhorté par l’aveu encore cuisant. Il attendait, dans un silence criant, une réponses aux instances de son regard. Faiblement, Erylis parla. Mais elle n’exposait pas les mots qu’il sollicitait. Elle s’attardait sur cette banalité qu’il avait énoncé à propos du meurtrier. Le garçon soupira et s’apprêtait à insister sur ce qui l’intéressait lorsqu’il perçut enfin l’émoi dans le timbre de voix troublé de sa compagne. Il prolongea donc son mutisme en fronçant les sourcils, prenant compte que le sujet était de nature très délicate et que, peut-être, il la brusquait.
Drago abaissa la tête, finalement conscient de son attitude quelque peu indiscrète. Il ne voulait pas rebuter Erylis. Cependant, il aspirait tout de même vivement à savoir à quel point elle était affiliée au sombre passé de ses parents. Sûrement s’était-il montré trop direct... Il avait attaqué la question sans prendre la peine d’enfiler ses gants blancs ; manque de finesse. Mieux valait aborder le point tranquillement, voir ce qu’elle était prête à lui dévoiler, sans la bousculer, sans la blesser… Blessée, elle avait paru l’être, lorsqu’il avait ironisé un lien de parenté avec Greyback…
* D’accord, d’accord… J’avoue que ce n’était pas très adroit.*
Non, pignouf ( ). Effectivement, cela s’était révélé être ni subtil, ni adroit, ni approprié. Tout comme le fait d’être associé à des mangemorts, être relié à un être d’une telle répugnance sanguinolente, d’une telle cruauté meurtrière, ne constituait certainement pas un compliment. Drago se rappelait l’avoir croisé à une seule reprise. Dans son enfance innocente, alors que le tueur avait quêté refuge à Lucius. Mr. Malefoy avait évidemment refusé d’héberger le hors-la-loi et avait même du recourir à un maléfice pour expulser l’intrus du manoir, et encore un autre pour lui en bloquer solidement l’accès. L’affaire avait prit une telle tournure qu’elle s’était gravé au fer dans la mémoire du petit garçon, malgré son âge précoce.
*** C’était à une époque où seuls quelques partisans dépatriés persistaient à commettre les forfaits de leur ancien maître, par pur plaisir sadique. Le ministère travaillait depuis plusieurs années à arrêter et à incarcérer ces derniers nuisibles et la famille Malefoy tentait de se réhabiliter ; elle démentait tant bien que mal toute relation avec le Seigneur des Ténèbres. Un soir, très tard, le jeune Drago s’était réveillé à cause de bruits inconvenants qui lui parvenait du hall d’entrée. Sur la pointe des pieds, le gamin étriqué s’était glissé hors du lit et s’était faufilé à tâtons jusqu’au rez-de-chaussée, l’oreille aux aguets, cherchant la source de la dissonance. Bien vite, il avait pu distinguer les voix de deux hommes ; l’une d’entre elle provenait de son père qui parlait d’un ton pressé et catégorique. L’autre était rauque, gutturale, et son propriétaire paraissait essoufflé. Il parlait avec autant sinon plus d’empressement que Lucius, mais sa voix se mêlait de désespoir et de rage, tandis qu’il entrecoupait ses paroles de martèlement sourd sur le cadre de la porte d’entrée.
« Lucius, laisse-moi entrer bon sang ! s’époumonait-il. Ils sont après moi, le ministère me cherche !
- Raison de plus. Pars d’ici sur-le-champ Greyback, je ne le répèterai pas ! »
Le petit espiègle en pyjama une pièce, déjà trop curieux, s’était approché et, dissimulé par une colonne ornementale, s’était précautionneusement assis pour écouter, entourant anxieusement ses genoux de ses bras chétifs. Le jeune marmot ne mit pourtant pas longtemps à céder à sa curiosité, reléguant sa crainte, et ne put s’empêcher de se montrer le bout du nez. Il sortit tranquillement la tête de sa cachette improvisée pour tenter d’apercevoir l’inconnu. Ses yeux métalliques et juvéniles balayèrent la scène : Narcissa Malefoy se tenait en retrait et n’osait pas regarder l’intrus, pas plus qu’elle n’osait parler. Son mari était bien droit, dos à son fils, baguette en main devant le cadre de porte, et dérobait ainsi à Drago la vue de son interlocuteur, qui lui demeurait sur le palier à l’extérieur. Têtu, le gamin se trémoussa encore un peu sur le carrelage, pour se glisser davantage vers l’action. Mais il n’arrivait toujours pas à entrevoir l’inconnu. Il se remit furtivement sur pieds et s’aventura à marcher à pas de félin en direction des deux hommes, prenant garde de rester camouflé dans l’ombre de la nuit.
« Je ne te laisserai pas mêler ma famille à tes histoires sordides. Fais-toi une raison, tout est terminé.
- Non ! Lucius… ! »
Et le pire s’était produit. Il s’avéra que Drago n’était pas le seul petit être au manoir à s’être intéresser à la visite nocturne. Dobby, leur elfe de maison, avait lui aussi espionné ses maîtres et s’était placé juste au mauvais endroit ( sale bon à rien ! ), alors que, tout comme son jeune maître, il se risquait à approcher les grandes personnes. Le minuscule blondinet s’était empiergé ( et de trois ! ) sur la créature et les deux fureteurs s’étalaient sur le sol, Drago tombant à plat ventre aux côtés de son père. Les autres se turent aussitôt, stupéfaits. Tandis que le petit homme relevait péniblement le menton, une expression de dédain s'imposa sur ses traits juvéniles, rapidement supplantée toutefois par l’horreur que lui inspirait l’horrible spectacle. L’homme qui lui faisait face avait les mains ensanglantées et dégoulinantes. Ce même sang souillait la majorité de ses vêtements rapiécés et un filet rendu pourpre par la nuit s’était desséché au coin de sa bouche, comme s’il avait essayé d’essuyer son menton, en ne parvenant qu’à étendre le fiel qui s’était incrusté dans sa peau revêche. Son corps était extrêmement poilu, hygiène négligée, et une odeur âcre, à la limite du supportable, émanait de sa personne. À la vision de l’enfant étendu à ses pieds, il ne put réprimer un sourire friand, découvrant ses dents acérées, tandis qu’une lueur avide traversait ses yeux jaunes.
Et c’en fut trop pour le rejeton. Succombant à l’excès de frayeur, il lâcha un hurlement terrifié qui résonna à travers le hall. Cri auquel se mêlèrent ceux de maman Malefoy et d’un Dobby apeuré, ainsi que l’exclamation de surprise de papa Malefoy. Le chaos quoi. Qui bien vite arracha ses larmes au jeune héritier, couronnant la scène de pathétisme. Alerté par tout ce bruit, Fenrir Greyback se retourna vivement pour scruter avec nervosité les alentours. Puis, sa tête pivota prestement vers le jouvenceau et il se précipita pour lui plaquer une main contre la bouche. Mais, évidemment, le même maléfice qui l’empêchait d’entrer le contraignit alors que ses mains atteignait le seuil de la porte et il ne put porter son geste à exécution. Affolé, le garçonnet s’agrippa à la jambe de son père, alors que l‘elfe s’accrochait à la sienne. Narreu ( déjà un quatrième !! ), le jeune garçon tenta de se défaire de son étreinte crasseuse, tandis que Lucius s’évertuait à se dérober à la sienne.
« Fais-le taire Lucius !! Et laisse-moi entrer ! gronda l’intrus. »
Narcissa Malefoy, qui s’était précipitée en apercevant l’élan agressif de Greyback, envoya un bon coup de pied à Dobby pour l’expédier contre le mur et rompre son étreinte, puis s’empara de Drago pour l’amener loin de l’action. Quelques autres vifs échanges entre Lucius et Fenrir, un éclair de lumière ; le colosse volait dans les airs et la porte claquait… Le lycanthrope fût intercepté par le ministère dans les jours qui suivirent. Mais ces jours parurent comme des semaines à l’enfant, du à la tension qui régna au manoir pendant l’attente. Lucius jetait incessamment des regards anxieux à la fenêtre ; Dobby, sévèrement puni, se traînait d’une pièce à l’autre avec misère et appréhension ; Narcissa restait plus silencieuse que jamais et Drago n’osait plus croiser le regard de son père. La première fois dont il pouvait se souvenir avoir ressentit une telle tension familiale. Par la suite, la chose était tranquillement devenue coutume, puis mode de vie…
Quatre ans qu’il avait a l’époque. Un jeune esprit qui avait été profondément marqué. Ces yeux jaunes l’avaient hanté pendant des mois après, lui revenant même parfois des années plus tard, dans ses pires cauchemars, toujours accompagnés de cette odeur âcre, arôme astringente de sang séché, de décrépitude, de meurtre. _________________
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|  | | Drago Malefoy Elève de Serpentard 6ème année


Age : 17 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 162 Localisation : En haut de vous.
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Mar 18 Déc - 8:37:59 | |
| Le serpentard secoua vivement la tête, faisant virevolter sa chevelure dorée en tout sens, pour évacuer. Pour se débarrasser des images, mais, surtout, de ce trouble qui assaillait inexplicablement ses tripes, malgré les années qui s’étaient écoulées. Ce souvenir mortifiant, le jeune homme qu’était devenu Drago Malefoy l’avait profondément enfoui sous d’épaisses couches d’orgueil, effaçant la terreur qu’il lui avait inspiré pendant des lunes. Aujourd’hui, le loup-garou n’évoquait plus chez lui qu’un putride dégoût viscéral. Pourtant, en apercevant la détresse dans le sombre regard de sa petite amie ce matin, un frisson de répulsion l’avait traversé, ce souvenir précis avait resurgi en un éclair dans sa tête et cette désagréable odeur saumâtre lui était revenue, avec une précision désarmante. Décidément, établir une relation entre Erylis et ce monstre infect ne consistait pas en un compliment. Et c’était très loin de la vérité. Il aurait voulu lui dire, la rassurer. Elle n’avait absolument rien à voir avec Greyback. Rien. Il aurait voulu pouvoir la rassurer, mais telle attitude ne lui était pas familière et sa charité bienfaisante se résuma donc à cette pensée altruiste, qu’il n’approfondit pas au point de l’appliquer. Après tout, Erylis était forte, se convainquait-il lâchement, elle n’avait pas besoin de son soutien.
Un silence gêné l’étreignait, pour ce qu’il avait dit sans réfléchir. C’était à son tour de s’attarder sur ce qu’il avait qualifié plus tôt de futilité, alors qu’Erylis passait à ce qui l’avait intéressé. À ses premiers mots pourtant, l’intérêt lui revint à la hâte, reléguant à l’oubli Le Sanguinaire, et ses pupilles s’éclaircirent, complètement réceptives. La jeune fille avait attaqué le sujet directement, avec cette combativité toujours surprenante et imprévisible, suffisante pour le dissuader d’émettre le moindre son. Ainsi, il se complut dans un silence restreint alors qu’elle lui relatait, à son rythme, les sombres indices de la vie obscure qu’avaient menée les parents Sayan. Doucement, Drago se laissa emporter par ces souvenirs qu’elle exposait, et auxquels il se sentait inexorablement lié ; à un point tel qu’il en vint à un moment à les croire siens. Il fut néanmoins rappeler à la réalité par une phrase qu’elle glissa fortuitement dans son discours et qui accrocha l’attention du fils de mangemorts.
« Quand bien même je l’aurais su, avait-elle dit, je ne crois pas que je leur en aurais voulu... Ils étaient mes parents, tout ce qu’ils faisaient me paraissait juste. Ce qu’ils me disaient aussi. »
Derrière ces paroles, prononcées avec insouciance, se dissimulait peut-être un aveu. Subtil, involontaire, mais que le cœur d’espoir du garçon avait entrevu et qui suffisait à enflammer son imagination. À vrai dire, lui-même ne savait pas exactement s’il voulait qu’Erylis soutienne la cause du Seigneur des Ténèbres. Ce qu’il désirait, c’était qu’elle ne nourrisse pas de préjugé envers ses partisans. Non, ce qu’il désirait, c’était seulement qu’elle ne se soucie pas de ses inclinaisons à lui. Sans disserter plus longtemps sur sa position quant au conflit mangemorts/ministère, l’orpheline enchaîna, concluant son récit en mentionnant la mort obscure de ses parents, puis ce fut le silence. Erylis avait plongé un regard pénétrant dans les prunelles acier de l’adolescent et attendait qu’il parle. Effectivement, la parole semblait lui revenir d’office, mais lui n’arrivait pas à trouver quoi que ce soit de pertinent à dire. Il déglutit silencieusement, se donnant le temps de trouver des mots, puis ouvrit la bouche, mais, bien qu’il attendit, elle ne parla pas. Sa bouche restait muette. La jeune fille devant lui l’interrogeait poliment du regard, mais il ne savait pas ce qu’elle espérait de lui. Que pouvait-il lui dire ?
Rien. Il ne pouvait rien lui dévoiler. Il aurait voulu, sincèrement, pouvoir parler avec elle, partager ses propres tourments, ses angoisses à l’égard de son avenir, tracé d’avance, à l’égard de ce qu’il devrait accomplir ; il aurait voulu lui avouer son penchant, cette attirance inexorable pour la magie noire, pour le Seigneur des Ténèbres et sa doctrine ségrégationniste ; il aurait voulu tout lui confier, mais sa raison l’en empêchait. Les parents d’Erylis étaient morts. Leur serment envers les forces du Mal n’étaient pas un secret : ils avaient été démasqués et assassinés. Les parents Malefoy, de leur côté, vivaient toujours et leur sécurité serait en péril si jamais leur ancienne appartenance était mise à jour. Et, bien que son cœur fougueux le priait de se confier à celle qu’il avait choisi, sa tête qualifiait cet acte d’irréfléchi, et de potentiellement très fâcheux. En vérité, cette voix qui s’attribuait le titre de Raison désapprouvait absolument cet attachement qu’il éprouvait envers la louve et duquel, soutenait-elle, rien de bon ne pourrait aboutir. Le futur de l’héritier Malefoy était déjà déterminée avant sa naissance, par la loyauté obligée de sa famille envers Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et cette liaison immorale, indigne, n’était susceptible qu’à le faire déroger de cette voie toute tracée. Pourtant, cette autre voix, qui pourrait être considérée comme Les-Sentiments-Sincères-De-Drago, soutenait que si, quelque chose de bon pouvait ressortir de cette relation. Cette chose étrange, peut-être superflue, mais enivrante ; cette sensation qui s’apparentait de très près au Bonheur. Restait à déterminer si l’important dans la vie de Drago se situait dans un avenir sombre, mais digne et exaltant, ou dans cette quête incertaine du Bonheur à deux.
Toutefois, ces réflexions existentielles pesaient lourdement sur la conscience inexpérimentée du garçon et il préférait s’en détourner. Le fait restait et demeurait inébranlable : il ne pouvait se résoudre à saboter la couverture de sa famille en révélant leur ancienne allégeance. Car une chose était connue de tous : quiconque recevrait un jour la Marque des Ténèbres, la porterait jusqu’à sa mort. De plus, le blondinet était ratin ( 5/5 Ouaip, c'était du gâteau... ) de toutes ces révélations insolites : celle-ci pouvait attendre. Drago se tenait donc bêtement devant Erylis qui le jaugeait de son regard expectatif, avec toutes ces pensées qu’il se refusait à émettre, contraint par son instinct préservateur protectionniste. Le récit qu’elle venait de lui offrir s’était révélé être d’un intérêt particulièrement captivant et il regrettait de ne pouvoir lui répondre avec autant de franchise, mais mieux valait replier ses pensées sur ce qu’elle avait dit, et non sur ce qu’il s’empêchait de proférer. Il se pencha donc avec précaution sur la dernière question qu'elle avait soulever.
« …Les aurais-tu aimé davantage dans un cas que dans l’autre ? avança-t-il avec une consciencieuse lenteur. »
L’esprit du serpent avait beau être légèrement indiscipliné, se perdant facilement dans des réflexions parfois hors contexte, n’empêche qu’il était vif, alerte et habile à faire des liens. Ainsi, il rattrapait les mots qu’elle avait laissés s’envoler plus tôt, lorsqu’elle lui demandait s’il l’aimait spécialement dépendamment des hobbys de ses parents, et les lui relançait avec autant d’à propos, mais avec la ferme intention de lui soutirer une réponse.
« Qu’ils aient continué en honneur à leur maître disparu ou simplement pour leur bon plaisir… Est-ce que ça change vraiment ce qu’ils sont ? Ce qu’ils étaient pour toi ? »
Bien sûr, cette question n’était pas totalement désintéressée ; le jeune homme tâtait le terrain. Car, un jour, inévitablement, lui aussi devrait en venir aux révélations. Et la pensée qu’elle le rejette en apprenant son ascendance, et sa propre disposition, lui procurait le terrible effet de la présence d’un Détraqueur. Une lourde menace qui rôdait dans les courants glacés, une crainte paralysante, porteuse d’une froideur éternelle… Bref, une perspective pas très réjouissante. Alors, pour la énième fois ce matin (normal, ce matin s’étire depuis des mois…) Drago soupira. Un stress bouillonnait dans tout son corps, qu’il ne parvenait pas à apaiser. La réponse d’Erylis compterait beaucoup plus qu’il ne le laissait entendre, la conversation devenait lourde, intenable. Combien de temps cela faisait-il qu’ils étaient debout, ainsi, face à face, immobiles ? Faire les cents pas dans le couloirs était lassant. Rester immobile était lassant. L’atmosphère était pesante et le serpentard commençait à trouver que ces conversations étaient un peu trop rudes pour une matinée. Néanmoins, il soutint encore un peu la tension ambiante, trop avide de connaître l’avis d’Erylis, même si son esprit manifestait l’envie de se libérer du poids de leurs mots, par un récital de poésie par exemple…
[Et voilà !!! Moi, simple québécois, ai réussi à user d’expressions typiquement françaises et à les introduire avec une aisance près du naturel dans mon RP. Comme ça tu ne peux te sentir dépaysée en me lisant  J’aime bien, ça rajoute une touche d’exotisme à mon écriture ] _________________
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|  | | Erylis Sayan Elève de Serpentard 5ème année


Age : 18 Inscrit le : 25 Mar 2006 Messages : 342
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Jeu 3 Jan - 17:27:14 | |
| Après tant de tension, d’aveux et de nouvelles, Erylis se calmait enfin, doucement. Elle venait de débiter un peu de son histoire, une partie de son enfance, et se remémorait avec une certaine distance les évènements qui avaient pu marquer sa vie. Ses pensées la conduisirent tout naturellement à cette nuit où s’était implantée cette malédiction des nuits claires, et la pensée terrifiante de Greyback lui revenait sans cesse alors en mémoire. Oh, elle ne l’avait vu qu’une seule fois, une petite seconde imperceptible où son regard avait croisé le visage de l’homme qui venait chercher son père pour une de ces réunions dont elle ignorait tout. Son visage inhumain et cruel l’avait fait frissonner, un bref instant, alors que l’obscurité de la nuit tombante lui dérobait une vision plus nette. Elle ne savait qui il était, à ce moment, et savait que poser la moindre question à ses parents à ce sujet aurait déclenché toute une polémique et elle se serait bien vite retrouvée au sein d’une mer de reproches et d’injonctions. Elle s’était tue alors, tout simplement, se cachant consciemment du secret de ses parents, se protégeant sans doute sans le savoir. En peu de temps, elle l’oublia.
Elle avait néanmoins réentendu parlé de ce sinistre personnage alors que, à peine quelques heures après cette morsure qui devait la marquer à vie d’une cicatrice tout autre que celle qui striait son épaule, ses parents s’admonestaient violement sur l’identité de son agresseur. Sa mère affirmait que seul Greyback pouvait être l’auteur de sa malédiction, elle n’admettait pas qu’un loup-garou inconnu en pleine liberté puisse se promener si près de sa progéniture, tandis que son père essayait calmement de lui faire comprendre que si celui-ci avait bel et bien été la créature qui l’avait mordue, il manquerait à Erylis bien plus qu’un lambeau de chair sur l’épaule. Cet argument, bien plus que l’étreinte réconfortante de son mari, parut calmer Madame Sayan, et ce fut cela qui, plus encore que l’annonce de sa malédiction qu’Erylis ne pouvait admettre, choqua la jeune fille. Comment, au nom de quoi, sa mère, tendre et douce mère qui la rassurait sans cesse, acceptait avec cette sérénité presque malsaine qu’un individu tel que le décrivait son père puisse exister ? Quelle importance que ce soit Lui ou un autre qui lui avait transmis un peu de son anathème, puisque le résultat restait le même. Que devait-elle conclure des relations de ses parents avec des individus tels que ce monstre ?
Erylis n’apprit ensuite que peu de temps après qu’elle avait rencontré ce terrifiant personnage, et que son visage, malgré ce qu’elle pensait, ne lui était pas inconnu. Il n’était pas celui qu’elle avait pu imaginer avant de s’endormir, et n’avait pas ce visage lointainement étranger, ce rassurant mystère. Non, elle le connaissait, et c’était trop près de chez elle qu’Erylis l’avait rencontré. Trop près de ses parents, de son univers rassurant qui prenait soudainement une position branlante, bancale. A partir de ce moment là, la demoiselle prit conscience que les diner amicaux de ses parents cachaient bien autre chose que de simple soupé agréable, sans savoir encore pourtant la vérité. Erylis n’avait apprit celle-ci que bien plus tard, bien trop tôt, alors que leur secret se dissipait en même temps que la vie de ses parents. La jeune émergea doucement de ses pensées, comme on sort du sommeil, alors qu’il lui restait un gout d’amertume sur la langue.
En face d’elle, le Blond semblait tout aussi pensif, et la demoiselle se demanda ce qu’il avait bien put vivre, ce que ses parents cautionnaient, envers quel parti ils s’étaient engagés. Le choc de la révélation qu’elle avait pu lire sur le visage du jeune homme était-il dû à un dégout imprononçable ou au simple étonnement de ce qu’il n’avait pas envisagé ? La jeune fille ne pouvait encore se résoudre à lui poser ces questions. Pourtant… Pourtant, il ne s’agissait plus seulement d’une curiosité naïve, de ce besoin distrayant de se vouloir au courant mais bien de connaitre un avis qui lui importait plus qu’elle ne voudrait l’avouer. Parce qu’il venait de Drago, et concernait sa famille, Erylis ne pouvait s’en passer, et pourtant n’osait le presser.
Il y eut tout d’abord un long moment de silence, salvateur après toutes ces révélations. Puis ce fut Drago qui reprit la parole, soulevant une question sur laquelle la Verte et Argent n’était pas sure de vouloir réfléchir. Les aurait-elle aimés plus dans un cas que dans l’autre ? Etait-ce un reproche dissimulé qu’il lui adressait ? La jeune fille plongea un instant son regard sombre dans celui argenté du garçon, avec presque défi, cherchant un hypothétique blâme. Un silence discret ne pourrait certainement pas convenir au jeune homme, elle le devinait à son air déterminé, et Drago accentua sa demande en la précisant ensuite.
Erylis ne savait si ses parents avaient continué par fidélité pour un maitre qu’ils pensaient morts, ou par simple habitude, par simple jeu. Et en vérité, elle ne voulait pas le savoir. Est-ce que cela changerait quelque chose ? Evidemment, oui. Qu’ils continuent par fierté, parce qu’ils croyaient en ce qu’ils faisaient, c’était quelque chose qu’elle pouvait concevoir. Mais si tout cela n’avait été qu’une simple et vaste distraction d’orgueilleux, comment pourrait-elle l’accepter ? Mais ces questions agaçantes, elle les connaissait déjà pour se les être posées de nombreuses fois, parce qu’elles avaient hantées ses nuits trop longtemps. Il y avait cependant quelque chose qui, dans ces questions, lui échappait. En quoi cela pouvait être intéressant pour le jeune Malefoy ? Quelle place jouait le Mage Noir dans son passé, son présent et peut-être son futur ? Ou bien peut-être n’était-ce que par indignation, et pour mieux savoir où elle se situait dans ce qu’il devait considérer comme la plus pure des abominations…
Déstabilisée, elle se tut d’abord, comme si elle prenait le temps de réfléchir à ses questions, alors qu’en vérité, elle cherchait simplement le moyen de dévier le sujet afin de comprendre ce que recherchait le Vert et Argent. Car sans cela, Erylis ne savait si devait être franche ou non. C’était un sujet devenu trop dangereux et trop présent dans l’esprit de tous, élèves et professeurs, pour qu’elle se permette de répondre, sinon sincèrement, sans y réfléchir et sans connaitre les intentions du garçon.
« Je connais ces raisons et ces questions depuis longtemps, et l’image de mes parents s’en est accommodée. J’ignore pour pourtant si ce fut fidélité ou divertissement qui les poussa à continuer. »
Erylis n’insista pas sur le fait qu’elle avait toujours préféré ne pas réfléchir à ces questions, qu’elle ne savait pas comment elle réagirait si elle venait à apprendre que ce n’avait été qu’un jeu. La Verte et Argent avait bien conscience qu'elle n'avait presque rien révélé dans sa réponse, et doutait cruellement que Drago s'en satisfasse. Elle devait savoir avant les idées de Drago, se refusant de dévoiler immédiatement ses pensées.
« Mais toi, tu ne me dis rien à propos de ce sujet… Qu’est-il pour toi, ce Sorcier ? Un Seigneur des Ténèbres ou une Abomination ? »
Question subtilité, on avait sans doute vu mieux. L’avantage était qu’il était plus difficile de changer discrètement de sujet. Elle n’avait cependant pas osé lui demander s’il comptait s’allier aux mangemorts jusqu’à en devenir un aussi, pour la simple et bonne raison qu’elle ne souhaitait pas qu’il lui retourne la question. Elle aurait été en effet bien incapable de répondre… Ses parents l’avaient été, son frère l’était. Mais elle ? Elle avait eut une conversation édifiante avec une mangemorte, dans un bar, qui lui avait dit connaitre son frère, sans vouloir lui en révéler plus… Après cet entretient, la jeune fille, qui n’avait jusque là qu’à peine envisagé cela, s’était interrogée sur sa future condition et son prochain rôle, sans savoir aujourd’hui si elle se contenterait d’être passive à cette guerre qui ne manquerait pas de recommencer ouvertement.
La jeune fille releva les yeux, cherchant celui de son interlocuteur, comme pour le défier de lui mentir ou simplement trouver un appui. C’était dans un sujet houleux qu’ils s’étaient embarqués, elle en prenait véritablement conscience, et pensa avec une certaine ironie qu’enfin de compte la matinée n’avait été qu’une suite de sujets difficiles… _________________
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|  | | Drago Malefoy Elève de Serpentard 6ème année


Age : 17 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 162 Localisation : En haut de vous.
| Sujet: Re: Le niveau supérieur Lun 14 Jan - 2:14:20 | |
| La belle Erylis étudiait son visage avec une certaine insistance qui, bien que discrète, le laissait inconfortable. Elle cherchait assurément à dépister dans ses traits quelques traces révélatrices de ses intentions, mais Drago parvenait plus ou moins à n’en rien laisser paraître. Sa réaction première avait trahi explicitement son étonnement, mais il avait su cacher ses intérêts. À présent, elle devait se questionner à savoir ce qu’il pensait de ces aveux... Et, bien qu’il eut été tout à fait approprié de partager ses réflexions, il ne pouvait s’y soumettre. Il ne pouvait laisser connaître les penchants douteux de sa familles ; ce que des questions trop ésotériques révéleraient à coup sûr. Le prépondérant serpentard espérait qu’elle s’abandonne à lui, qu’elle lui dévoile l’orientation de ses propres obédiences, sans que lui-même soit contraint à effectuer le sacrifice. Espoir vain, supputant les deux orgueils des deux adolescents. Ni l’un ni l’autre ne semblait prêt à flancher et la conversation ne pourrait que tourner en rond sans cesse.
Malencontreusement, cette fatalité n’était pas parvenue à s’établir comme éventualité dans l’esprit effervescent du jeune homme, ni donc, à endiguer ses investigations. Drago s’accrochait à cette interrogation qu’avait soulevé la révélation de la jeune fille ; il revendiquait une réponse. Par contre, le problème restait : comment lui soutirer cette information sans devoir lui-même mettre cartes sur table ? « Dis Ery’, qu’est-ce que tu penses franchement du Seigneur des Ténèbres et de ses partisans ? Tu serais partante pour sortir avec l’un d’entre eux ? Hypothétiquement bien sûr… » Très peu convaincu, Drago hocha la tête et prit une grande inspiration, comme s’il cherchait à y puiser des mots, du courage, ou une quelconque inspiration ( Dans ce contexte, les deux homophones « inspiration » utilisés dans cette phrase ont une signification absolument divergente, il va de soit !) Lorsqu’il parla, il opta pour une percée plus subtile dans les intentions de la jeune fille. Il voulait connaître sa position, sa potentielle capacité à accepter qu’un de ses proches ait pu ou puisse prévoir apporter son soutien au plus grand Mage Noir de tous les temps.
Il souleva donc une question, à savoir l’influence que prodiguait les actions passées des parents Sayan sur l’image qu’elle conservait d’eux. Erylis… ne comprenait pas. Enfin, si, elle comprenait la question, mais pas les intentions qu’il dissimulait. Il le devina au regard suspicieux qu’elle lui jeta et en fut légèrement déstabilisé. Le serpentard renchérit, décidé à obtenir une réponse, mais négligeait un détail : si elle ne comprenait effectivement pas où il voulait en venir, elle chercherait à le découvrir. Durant le court silence qui suivit, Drago crut qu’elle tentait de dénicher les termes adéquats pour exposer ses sentiments et s’abstint de le briser. Il se contenta de la dévisager, tentative maladroite pour essayer de pénétrer ses pensées. La dureté impénétrable de son visage était-elle due à l’hardiesse de la réflexion ou à l’antipathie qu’inspirait probablement l’allégeance litigieuse de sa famille ? Cette deuxième hypothèse s’imposait malgré lui à son esprit et l’impatientait à l’égard du silence qu’Erylis alimentait.
Toutefois, lorsque la louve répondit à la question, il lui apparut qu’elle avait seulement cherché à détourner la conversation. La tournure à laquelle elle avait adapté à sa phrase rendait impossible l’interprétation de la réponse qu’il s’était attendue à percevoir, dissimulée sous les mots. Sous ses mots, il n‘y avait rien, ou juste assez pour le faire se questionner davantage. L’image de mes parents s’en est accommodée… !? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Est-ce qu’elle l’acceptait ou non !? Drago ouvrit la bouche, comme s’il allait réellement lui lancer ces questions, mais sur contenir ses impulsions. Restait que sa réponse l’exaspérait et qu’il ne se gênait pas pour l’afficher ouvertement. Alors que son esprit diligent s’évertuait à concevoir un autre moyen de soutirer des confessions, le jeune homme fut pris de court par la vitesse à laquelle Erylis inversait les rôles, le propulsant lui sous les projecteurs de l’investigation.
« Mais toi, tu ne me dis rien à propos de ce sujet… Qu’est-il pour toi, ce Sorcier ? Un Seigneur des Ténèbres ou une Abomination ?
- Moi !? Qu’est-ce que… tu… ? Pourquoi tu… !? Je…, bredouilla-t-il intelligemment. Hé ! Calme-toi Erylis ! De quoi tu m’accuses exactement !? C’est de Toi qu’on parle ! »
Question subtilité, on avait sans doute vu mieux [ Comme tu l’as si bien dit ]. Pour la question, tout comme pour la réaction qui avait suivit. Drago n’avait pas envisager ce revirement de situation et, de ce fait, n’avait pu préparer une défense. Sous le coup de la surprise, ces quelques balbutiements lui avaient échappés, dévoilant sans ambiguïté son embarras face à un sujet plus que douteux. De plus, la question était si directe qu’il voyait mal comment la tourner à son avantage. Pourquoi refusait-elle de s’ouvrir à lui ? Sûrement pour la même raison qui l’empêchait lui aussi de s’exposer à elle. Pour se protéger…
Prenant compte que sa réaction était plutôt déplacée, Drago ferma la bouche et ravala ses ardeurs. Il sentit le regard de l’adolescente chercher le sien et ne chercha pas à s’y dérober ; elle ne l’avait pas attaqué, bien que, dans son état d’alarme, il avait cru le contraire. C’était un de ces regards pénétrants qui le figeait sur place par sa simplicité et sa paradoxale immense valeur. Elle revendiquait simplement de la sincérité. Drago soutint donc son regard appuyé, d’abord d’un air obligé, puis, inexplicablement, avec une once de chagrin. Il pencha légèrement la tête sur le côté et un faible sourire, symétrique à son regard accablé, se dessina tristement sur ses lèvres. Il ne voulait pas lui mentir et, d’ailleurs, ne l’aurait pu sous le joug de ces yeux perçants. S’il affichait maintenant cet air mélancolique, c’était en raison de l’influence certaine qu’elle avait sur lui, et qu’il ne pouvait plus nier, et qui l’astreignait, et, surtout, à cause de cette impuissance qu’il avait à lui donner ce qu’elle attendait de lui.
« Le Seigneur des Ténèbres est… n’est pas un sujet dont on doit parler. »
En prononçant ces mots, il ne l’avait pas quitté des yeux et avait dans le regard, malgré son ton impératif, cette étrange supplication, mêlée d’injonction ou d’avertissement. Un peu comme s’il lui signifiait : « Je suis sérieux, n’insiste pas », mais concluant sa sommation d’un chétif « s’il te plaît. » D’abord une surprise et une anxiété mal contenue, puis ce sérieux troublant et impénétrable… Drago était peut-être difficile à suivre, mais lui-même ne savait pas comment il se devait d’agir. Mais pourquoi diable se bornait-elle à ne rien lui dévoiler ? Et pourquoi voulait-elle connaître ses croyances à lui ? Se doutait-elle de quelque chose ? Le fait la dérangerait-il ? Qu’il soutienne le sorcier le plus craint de la communauté des sorciers la dérangerait-il ? Sans aucun doute… Il n’y avait qu’à voir le regard qu’elle lui avait jeté lorsqu’il avait mentionné Greyback plus tôt. Greyback, c’était une peluche inoffensive à côté de Lord Voldemort. N’empêche que…
« N’empêche, je me demande comment tu as pu vivre toutes ces années en sachant cela… Beaucoup n’auraient pas supporté que leurs proches soient affiliés au plus grand mage noir de tous les temps… »
Il s’agissait d’une simple remarque. Une dernière tentative pour essayer d’entrevoir son ouverture d’esprit sur le sujet. Un jour prochain, si tout continuait à bien aller entre eux, s’il elle arrêtait enfin avec ses insinuations sur Potter, Drago en viendrait inéluctablement à lui en parler. De ses parents, du rôle que jouait le Mage Noir dans leurs vies, de ses propres aspirations,… Ces révélations ne constituaient pas quelques conversations légères et frivoles que partageaient habituellement les adolescents de Poudlard entre deux rigolades, elles étaient taboues et lourdes à porter. Crabbe, Goyle, Pansy… Trois c’était déjà bien suffisant pour l’instant. Les seules autres personnes de l’école à connaître le secret de la famille Malefoy. Drago leur en avait un jour fait part avec fierté, dans leurs premières années à Poudlard, et jamais aucun d’entre eux n’avait trahi la confidentialité de l’information. Enfin pas à sa connaissance…
Si Drago hésitait à ajouter Erylis à l’arcane, ce n’était pas par peur qu’elle ne tienne pas sa langue. En lui révélant ses projets, il craignait de voir changer son regard. Il craignait qu’en apprenant ce qu’il était, ce qu’il cachait, qu’elle le rejète, qu’elle le dédaigne ou qu’elle prenne peur. En fait, Drago redoutait que ses aveux engendrent la fin de leur relation, pour une raison ou pour une autre. À l’époque, il n’avait pas réfléchi plus qu’il le fallait avant de se dévoiler à ses amis. À l’époque, il savait qu’ils partageaient tous les mêmes idéaux, qu’ils voulaient tous suivre la même voie et que les autres seraient impressionnés d’apprendre la véritable allégeance de monsieur et madame Malefoy. À l’époque, il avait recherché connivence, prestige, il avait provoquer une forte réaction et en avait été plus que satisfait. Aujourd’hui, il voulait tout sauf provoquer une trop forte réaction et, pour l’éviter, il devait d’abord connaître la position d’Erylis sur le sujet.
Suite à sa remarque qu’il avait prononcé avec une nonchalance étudiée, Drago se racla la gorge et détourna la tête, pour soi-disant contempler un pan de mur pas plus intéressant que les autres. Toutefois, après un court instant, il se rendit compte qu’il était lassé de cette conversation qui ne menait apparemment à rien. Il se retourna vers Erylis et l’observa. Le jeune homme cherchait le meilleur moyen de détourner la conversation et il parla de la première chose qui lui vint en tête en la voyant.
« Il me semble que… je n'ai pas de compte à te rendre. Mais si tu te sens vraiment concerné par mes actes, saches que je passais, tout simplement, dit-il. Et tu m’as demandé qui j’étais. C’est ce que tu m’as dit. La première fois qu’on s’est rencontré. Tu n’avais pas été très chaleureuse... »
Ils reprendraient cette conversation, pour sûr, mais plus tard…
[ Alors voilà, j’ai relié notre conversation à l’autre bout où c’était sensé finir, je crois… Si ça ne te convient pas, j’éditerai. ] _________________
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