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 Bal de PrintempsVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Isaac Deniel
Elève de Serpentard 2ème année
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Age : 19
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Messages : 148
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MessageSujet: Re: Bal de Printemps   Lun 12 Mai - 22:32:55

Alors qu’Emilien s’éloignait, on entendait raisonner la colère de Lucy dans toute la salle, certains se retournaient, d’autres n’y prêtaient qu’une attention discrète, habitués aux cris qui se faisaient échos d’un bout à l’autre de la salle, pour des histoires de jalousies ou à cause de quelques araignées qui passaient par là, et se suicidaient, selon les rumeurs, dans les pichets de jus de citrouille. Ce soir, les élèves faisaient montre d’une agitation assez peu habituelle. Il lui semblait qu’il ne captait que des disputes, ou peut-être était-ce parce qu’elles seules méritaient de l’attention. De leur côté, la scène était tragique. Lucy, cavalière éconduite, s’époumonait seule au milieu de la foule, Ashley s’effaçait les larmes aux yeux, et il récupérait un Emilien passablement énervé. La scène de rupture n’était-elle pas magnifique ? Des regards étaient sur eux. Tout aurait pu se finir ainsi, l’histoire aurait été pliée, on se serait contenté de rapporter le coup d’éclat ridicule de la Serdaigle et, quelques minutes plus tard, les commérages se seraient tournés vers d’autres évènements plus croustillants. C’était sans compter l’intervention d’Isaac qui, à la consternation générale, avait pris son ami par la main pour l’emporter dans la ronde des couples unis. Emilien aurait pu, de droit sans doute, le rejeter, le repousser brutalement et l’abandonner aux moqueries certaines des autres, mais il n’eut aucune réaction. Il se laissa faire, sa main dans la sienne, le dos barré par son bras, les corps rapprochés. Il ne disait rien. Il n’exprimait rien d’autre qu’une froide colère, une vague contrariété mal digérée, derrière son visage fermé. Sa docilité n’était donc guidée par rien d’autre que ses penchants vindicatifs ? Etait-il dans cette phase cruelle où, les pensées rongées par la fureur, l’on se sent capable de tout accepter, pourvu que la personne visée soit touchée ? Tout. Quitte à blesser, finalement, l’instrument qui servait à la vengeance.

Lucy ne s’était pas préparée à un tel affront, le visage décomposé, les yeux écarquillés, elle assistait stupéfaite à cette chute inattendue, et Isaac la surveillait, une arrogance imperturbable brillait dans ses yeux sombres. Il dansait, avec Emilien, avec un garçon, sous le regard choqué de sa cavalière, et rien ne semblait couvrir la victoire qu’il s’accordait. Et pourtant, la pauvre Serdaigle ne souffrait probablement pas moins que lui. Il lui semblait qu’il n’avait jamais été aussi mal. Etait-ce le prix de la jalousie ? Il ne devait cette danse qu’à Lucy, et son ami cherchait simplement à la narguer, à lui faire comprendre qu’il se fichait d’elle et de ses reproches. Dans cette mesure, n’importe qui aurait fait l’affaire, que ce fut lui n’avait aucune importance, cela appuyait juste son choix, celui de rester avec lui, ou, plus généralement, du côté de Serpentard. Mais n’était-ce pas le but de cette danse ? Ne l’avait-il pas présentée de cette façon ? Pourquoi aurait-il dansé avec Emilien, un garçon, un ami, son meilleur ami, devant tout le monde, en s’opposant à une salve de quolibets, si ce n’était pour éloigner la petite blonde ? C’était absurde. Et pourquoi fallait-il éloigner cette blonde d’ailleurs ? Qu’avait-elle fait de mal au juste ? Il ne savait plus. Non, il ne savait pas. Ses idées lui semblaient plus claires avant ce contact, dont l’ambiguïté n’échappait pas aux regards de plus en plus nombreux qui se posaient sur eux. Il sentait leur stupeur, leur dégoût à peine voilé, leurs rires moqueurs ou amusés, et ces piques, ces critiques, qui perçaient la musique de temps à autre, comme s’ils n’étaient pas là, comme si leur situation leur faisait perdre leur valeur d’individu, et qu’ils ne méritaient plus qu’on les traitât avec un minimum de considération. Emilien ne disait toujours rien, il avait l’air loin de tout, et, surtout, loin de lui tandis qu’une sensibilité nouvelle s’éveillait en lui. Partagé entre l’envie de fuir lâchement et de se ruer sauvagement sur le Serpentard stupide qui venait d’adresser à sa copine – Gryffondor d’ailleurs si ses souvenirs étaient bons… - avec une délicatesse exemplaire un grimaçant : « c’est vraiment dégueulasse ». Dans un autre état d’esprit, il était certain que son sang n’aurait fait qu’un tour et qu’après l’évanouissement suspect et fort remarqué du préfet de Serdaigle qui avait – oh quelle horreur ! – avalé l’araignée du pichet, les élèves auraient pu s’essayer aux sorts de premier secours sur d’autres macchabées. Mais là, il était plongé dans une de ces dispositions étranges qui vous incite à tout prendre sur vous.

Regrettait-il le comportement qu’il avait eu vis-à-vis de Lucy ? Certainement pas, et il recommencerait s’il le fallait. Les choses étaient tout simplement trop calmes. La Serdaigle avait eu l’intelligence de se retirer, et sa victoire était bien amère. Une voix au fond de lui criait que ça n’aurait pas dû se passer ainsi en lui. Pourquoi ces spasmes contenus ? Pourquoi cette moiteur ? Pourquoi ces veines glacées, ce souffle brûlant sur sa peau. Les entrailles déchirées, les tendons crispés, il voulait s’éloigner, entendre les notes qui le délieraient, les heurts de son cœur étaient trop douloureux. Non. Ça n’était pas sensé se passer ainsi. Il sentait une colère poindre pour Emilien et, pourtant, que pouvait-il lui reprocher, concrètement ? Rien. Absolument rien. Entre Lucy et lui, il avait fait son choix. Il l’avait suivi, accepté les conséquences de leur danse… Et l’ultime conséquence n’était apparue qu’après. Mais de quoi parlait-on ? Il ne se sentait pas bien, et après ? Ce n’était qu’une mauvaise passe, il ne serait pas le premier à s’oublier dans la frénésie ambiante d’une fête. Au réveil, ils en riraient et si quelqu’un s’avisait de murmurer sur leur passage des commentaires et des insultes méprisants attachés à leur supposée sexualité il comprendrait pourquoi les insectes finissent pattes et ailes tordues après l’attaque d’une tapette, ou d’une folle furieuse [mais pour les jeux de mots douteux je crois que je vais m’arrêter là]. Et ce ne serait en rien une question d’honneur viril, pour ce que ça l’intéressait. Non, qu’importe ce qu’il faisait ou ce qu’il était, son attitude ne changeait pas, et si les autres s’amusaient à changer la leur vis-à-vis de lui - et pire encore d’Emilien - alors qu’il commençait à se faire une réputation au sein de sa maison, il se chargerait personnellement de les remettre à leur place. D’ailleurs en parlant de réputation, n’était-on pas sur le point de nommer le roi et la reine du bal ?

Avec tout ce chamboulement intérieur, il avait oublié cette histoire. On en avait beaucoup parlé dans la salle commune pourtant, des directives de vote avaient même été donnée et à Serpentard par exemple il était impensable de ne pas élire un représentant de sa maison. Les trois quarts des élèves enlevés, il fallait ensuite faire une bonne sélection… Les critères étant la beauté, l’argent, la réputation, mais surtout la beauté. Regardez Joey Smith. Famille des plus commune, présence relativement discrète mais physique d’apollon, sur ce point, les filles et Isaac étaient d’accord. On ne pouvait décemment pas l’ôter de la liste à l’instar de Goyle qui avait été rayé d’office à la suite d’une série de gloussements dégoûtés. Et finalement, il avait oublié de voter. Pour qui de toute façon ? Il était facile de se moquer des filles les plus disgracieuses mais, au-delà d’un certain seuil, c’était quand même du pareil au même non ? Et pour les garçons… Lui ça l’aurait justement amusé de voir Goyle roi du bal, surtout pour la fille qui se serait trouvée obligée de danser avec lui ! Et donc la reine était… Précieuse MacLane, une Serpentard de son année, et de son équipe, qui commençait à faire parler d’elle, notamment depuis son entrée dans cette stupide, mais néanmoins pratique, Brigade Inquisitoriale. Isaac n’avait pas eu beaucoup d’occasions de lui parler… Sans doute avait-elle rit un jour de ses critiques sur la nouvelle coiffure d’une Gryffondor honnie avec un groupe de Serpentard, et il avait dû lui adresser pendant les entraînements au moins un « Eh mais fait gaffe quand tu frappes dans les cognards ! » mais ça s’arrêtait là. Bon elle était pas mal, elle était à Serpentard et elle avait des côtés Marie-Charlotte mais en moins stupide. Car rappelons que sa cousine était un monstre de bêtise et de superficialité. Il était quand même étrange que la majorité soit allée à une fille de la BI… Les Serpentards s’étaient-ils concertés efficacement à l’inverse des autres qui avaient votés n’importe comment ou avait-elle de réels admirateurs malgré ses forfaits ?

Alors qu’il en était à ces grandes réflexions, et qu’il se détachait – presque à contrecoeur maintenant – d’Emilien, Macgonagall prononça son nom. Lui ? Hein ? Pardon ? Non sans blague… C’était pas possible. Les regards se tournaient vers lui, à commencer par celui assez perplexe de son ami. Si ? Mais comment ? Qui avait voté pour lui ? Etait-il plus célèbre qu’il ne le pensait ? On murmurait qu’un certain nombre de filles entre la première et la troisième année avaient des vues sur lui mais, il n’y avait jamais prêté grande attention. Avait-on aimé sa petite provocation ? Ou des Serpentard avaient-ils essayé de sauver in extremis la réputation de sa maison en votant en masse pour lui afin de le mettre dans les bras d’une fille ? Vu l’ouverture d’esprit de tous ces enfants de haute lignée qui répondaient de la pureté de leur sang, Isaac était certain que cette dernière éventualité était loin d’être grotesque. Et on applaudissait en se tournant vers lui. Son esprit s’allégeait enfin. Il avait été élu roi du bal sans rien faire – ou presque. Peu importait les raisons, il était impensable que les votes aient été dirigés pour le tourner en dérision. En quoi en faire le roi du bal était-il ridicule ? Il était loin d’être laid, il savait se tenir (bon… mieux que certains déjà !), sa coiffure était parfaitement adaptée à la forme de son visage, et il s’habillait bien ! De plus, la Reine remplissait à peu près les mêmes critères version féminine. Il n’y avait pas de quoi rire. Si en plus les votes reflétaient l’attrait qu’elle exerçait autour d’elle on lui donnait un beau privilège. On se souviendrait de son titre au moins jusqu’à l’année prochaine, les gens auront encore plus envie d’être proches de lui, et on pourra dire qu’il accédait au panthéon convoité des garçons qui pouvaient se montrer au bras des plus jolies filles même s’il visait l’autre. Et ça mes chers, voyez vous, c’est du marketing. Peut important sa pensée et ses inclinations profonde, il fallait fonder son image sur les goûts de la plèbe pour entretenir la convoitise.

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Isaac Deniel
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MessageSujet: Re: Bal de Printemps   Lun 12 Mai - 22:33:25

[Décidément... Je l'aime ce sujet...]

Macgonagall fendit la foule pour le couronner. Ça lui allait bien ? Si ça se trouve elle l’avait mal positionnée. Pourquoi n’avait-il pas emporté de miroir de poche sur lui ? Et à présent… Il devait danser. Aie… Précieuse connaissait sans doute bien mieux que lui cette pratique. S’il avait déjà assisté à des fêtes où l’on dansait la valse, il avait toujours refusé de s’y prêter, et préférait inventer un ne savait quelle bêtise avec d’autres enfants dissipés, caché sous les longues tables, en attendant des musiques plus amusantes. Quoi de plus normal ? Ces danses codifiées avaient l’air d’un ennui à côté de son plus rock et électroniques sur lesquels ont pouvait se déchaîner de tout son saoul ! Il pouvait encore y échapper, dire qu’il s’en fichait et quitter la salle… Mais ce serait mal profiter de l’instant de gloire qu’on lui offrait… Emilien le laissa tomber en lui adressant avec ironie quelques paroles peu encourageantes. Il était vrai qu’il avait dansé avec Précieuse l’année dernière à cause d’une sombre histoire. Ah merci ! Il ne lui avait pas dit un mot de la soirée, et il le plantait là, comme ça. Quel rustre alors ! Goujat ! Et pourtant, il lui envoya un dernier sourire, un peu pincé, certes, mais un sourire quand même. Il est des instants où on ne pouvait s’empêcher d’avoir des réactions veules et stupides. Si son moral chutait à nouveau, il n’en laissa rien paraître lorsqu’il seconda le discours de Précieuse qui avait l’air de jouer très sérieusement à Miss Monde… C’était peut-être une Marie-Charlotte numéro deux en fait…

- Et ainsi le peuple mit au pouvoir un despote éclairé, commenta-t-il d’une voix posée. Et, s’inspirant du discours de sa camarade, il se laissa prendre au jeu du double discours politique et de la caricature. Pas question de remercier les gens comme un niais et de se borner aux lieux communs. La liberté que vous venez de me donner va grandement servir mes intérêts… Hum hum… - Se reprit-il en mimant Ombrage et en imitant à merveille sur sourire hypocrite et ses battements de cils ridicules - La confiance que vous m’accordez me touche également, et je suis certain que mes… hum hum… vos attentes seront satisfaites. Sachez que je vous aime presque autant que moi ! – Il esquissa une vague révérence et s’écria joyeusement en se redressant : -Tournée générale !

Il avait toujours rêvé de lancer cette phrase devant une assemblée à la façon d’un cowboy qui fait son entrée remarquable dans un saloon ! Et comme toujours, il n’avait pu s’empêcher de faire son petit spectacle pour gagner son public par le rire… Un Serpentard n’avait théoriquement pas à se moquer d’Ombrage – qui était peut-être encore là à veiller mais de toute façon, comme il n’avait pas poussé le vice jusqu’à prendre sa voix, elle n’aura probablement vu en lui qu’un élève faisant le pitre – puisqu’il risquait de s’attirer les foudres de ses pairs, mais figurez-vous qu’Isaac s’en fichait complètement. Il aimait trop la provocation. Et Précieuse, l’avait-elle mal pris ? Apparemment non puisqu’elle venait provoquer son invitation, avec une mondanité espiègle, à laquelle il répondit amusé en lui prenant délicatement le bout des doigts, comme la bienséance le voulait.

- Mais à l’instant même chère amie. Comment pourrais-je négliger une reine que le peuple a si bien choisi ?


La musique reprit pour eux. Il leva leurs mains enlacées et posa son autre main sur la taille de la Serpentard. Il était étrange comme d’une danse à l’autre, comme d’une personne à l’autre, les sensations pouvaient être différentes. Son petit discours avait démêlé le nœud qui lui serrait le ventre, son malaise était dissipé, il se sentait à nouveau bien, fier, glorieux, maître de ses moyens, et le contact avec Précieuse avait quelque chose de réconfortant. Il se sentait à nouveau dans son élément, insolent et assuré, fort et capable de toutes les audaces. Il pouvait adresser à sa cavalière des sourires rusés ou rayonnant, capter son regard sans se laisser démonter par un trouble quelconque. S’il n’était pas le meilleur des danseurs, son attitude ne laissait rien paraître, il calquait l’air de rien son pas sur celui de la jeune fille et cela marchait plutôt bien. Avec un bon partenaire, la valse n’était finalement pas une danse aussi désagréable qu’il le pensait.

- Ce fut un plaisir de danser avec vous McLane, dit-il lorsque les notes se turent en se baissant pour lui faire un baise main. Puis, le regard pétillant et le sourire en coin : Les douze coups de minuits viennent de sonner, et je crois qu’il est temps de se retirer. Oserais-je me proposer pour vous raccompagner ma reine ?

Il s’était pris au jeu du galant homme, et ce personnage là n’aurait pas laissé tomber sa douce comme une vulgaire soubrette. Précieuse méritait bien de tels égards. Ce n’était pas comme si on l’avait mis dans les bras d’une Poufsouffle dotée d’un nez de phacochère et de foin en guise de cheveux, comme celle qui le regardait d’un air suspect derrière… « Ma parole elle sort d’un élevage celle là ! » n’avait-il pu s’empêcher de murmurer à l’adresse de sa reine en se redressant, avant de tourner vers elle un regard faussement navré qui signifiait « oh quel dommage, ça m’a échappé ! ». Quand on s’appelait Isaac Deniel, on ne chassait pas le naturel longtemps.
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Précieuse McLane
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MessageSujet: Re: Bal de Printemps   Jeu 29 Mai - 11:38:50

Notre Cendrillon était aux anges. La soirée était vraiment parfaite pour notre petite princesse de Serpentard. Comment avait-elle pu douter un instant qu’Isaac l’invite à danser. Elle aurait du se taire et le laisser lui demander la danse en premier, comme tout prince digne de ce nom. Mais non sa grande impatience l’avait rattrapée au galop et elle lui avait fortement suggéré de l’inviter dès maintenant sur la piste. Tout en gardant ses allures mondaines, Précieuse le regarda lui prendre le bout des doigts et l’emmener sur la piste avec une grande délicatesse.

Quand les premières notes se firent entendre, Précieuse garda une de ses mains entrelacée dans celle de son partenaire et posa l’autre sur son épaule. Le contact avec le vêtement était des plus agréables. On voyait immédiatement à quelle classe d’individu appartenait ce cher Isaac. Tout en gardant son regard dans celui de son partenaire, Précieuse enchaina les pas de danse avec toute l’élégance dont elle savait faire preuve dans ce genre de situation. Tout comme Isaac, elle essaya de ne pas paraître troublée et ne fit aucun gloussement ni sourire niais caractéristiques des petites pimbêches puériles qu’on trouvait souvent à Pousouffle. Elle valait beaucoup mieux qu’elles de toute façon.

Quand les dernières notes se firent entendre, Précieuse ne pu laisser échapper un sourire de déception. Ce moment était si doux, si agréable. Elle aurait pu rester ici à danser pendant encore des heures. Elle eu du mal à détacher sa main de celle d’Isaac mais se résigna afin de ne pas passer pour une fille collante. Et voilà que les premiers coups de minuits résonnaient dans ses oreilles. Son quart d’heure de gloire était terminé. Cendrillon allait devoir retourner dans son carrosse qui se transformerait en citrouille. La magie de l’instant s’estompait pour laisser place à la monotonie du quotidien ?

Elle releva les yeux vers lui pour lui dire adieu quand celui-ci lui proposa de la raccompagner. Vu son regard pétillant, Précieuse se laissa imaginer qu’il l’emmènerait dans son palais et qu’il discuterait et danserait toute la nuit jusqu’à en perdre la raison. Elle lui répondit d’un air mystérieux tout en lui tendant à nouveau sa main :


« J’accepte avec plaisir cette audacieuse proposition. »

Puis jetant un dernier regard de victoire vers ceux qui les regardaient depuis qu’ils avaient été nominés roi et reine, Précieuse sortit de la salle de bal accompagnée d’Isaac. Elle fut amusée par sa petite réflexion sur la poufsouffle qui semblait tombée amoureuse de lui. En temps normal, elle aurait trouvée cette remarque des plus vulgaires. Mais depuis qu’il lui avait proposé de la raccompagnée tout était différent, elle pouvait sans problème accepter ces petites négligences.

Quand ils atteignirent la porte d’entrée, Précieuse s’arrêta et se mit face à lui. Il était temps qu’elle retourne toute seule à ses appartements. Une reine du bal devait savoir se montrer décente et inaccessible
.

« Cette soirée était exceptionnelle mon Roi. Je vous remercie pour cette danse. Bonne soirée. » déclara-t-elle en continuant leur petit jeu d’échanges galants.

Elle tourna les talons pour partir mais fut soudain prise d’une folle envie que les Reine dignes de ce nom se doivent de refouler. Au diable toutes ses vieilles pratiques, parfois il faut savoir agir avant qu’une autre le fasse avant vous. Précieuse se tourna à nouveau vers lui et déposa un léger baiser parfumé à la rose sur les lèvres de son partenaire de la soirée. Quelques secondes plus tard, elle avait déjà emprunté les escaliers pour retourner à son dortoir. Il était temps qu’elle fasse le point sur cette folle soirée et sur les conséquences de l’audace dont elle venait de faire preuve.

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